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Fernando Alonso Michael Schumacher 2006 Formule 1 GP Espagne
© Glenn Dunbar/LAT Photographic

10 informations futiles sur le Grand Prix d’Espagne

Nouveauté pour 2014 sur ChequeredFlags.fr, nous vous proposons désormais avant les Grand Prix une preview composée de dix informations futiles. Histoire de briller en société, ou de vous changer des communiqués formatés des équipes, toutes concentrées à vous expliquer le fonctionnement des nouveaux Power Unit V6 1.6 T/H.

1 – Toute première fois

Le premier Grand Prix d’Espagne de l’histoire s’est déroulé en 1913. A l’époque réservé aux voitures de tourisme, il se disputait sur une route d’environ 300 kilomètres entre Guadarrama, une ville aux abords de Madrid, et Valladolid. L’Espagnol Carlos de Salamanca s’y était imposé au volant de sa Rolls-Royce.

2 – Prémices

D’autres événements en Espagne avaient eu lieu avant ce premier Grand Prix en 1913, notamment les Coupes Catalanes en 1908 et 1909 à Sitges, près de Barcelone. Les deux manches furent remportées par Jules Goux, qui deviendra le premier vainqueur français des 500 miles d’Indianapolis. Coïncidence, cette victoire dans l’Indiana est remonte à 1913. Goux pilotait alors une Peugeot.

3 – Plusieurs destinations touristiques

Le deuxième Grand Prix d’Espagne de l’histoire n’a eu lieu qu’en 1923. Si la saison 1923 des Grands Prix n’accueillait que trois épreuves rapportant des points, l’Indy 500, le Grand Prix de France, et le Grand Prix d’Italie-Europe, d’autres épreuves avaient lieu avec une importance moindre. Le 25 juillet à Lasarte, le Grand Prix de San Sebastián a lieu en terres espagnoles, mais c’est toutefois le Circuit de Sitges-Terramar qui accueillera le Grand Prix national, remporté par la Sunbeam d’Albert Divo. Celui-ci deviendra membre fondateur du Club International des Anciens Pilotes de Grand Prix F1 en 1962.

4 – Difficile de se faire une place au calendrier

L’édition 1923 du Grand Prix d’Espagne sera la seule à se tenir à Sitges. L’Autódromo de Sitges-Terramar et son banking à 60 degrés est toujours en excellent état de conservation malgré sa dernière course tenue dans les années 1950. En 2012, Carlos Sainz y a d’ailleurs battu le record du tour avec une Audi R8 LMS.

A l’époque, les organisateurs lui ont préféré le circuit de Lasarte. De 1926 à 1935, le Grand Prix s’y tiendra malgré deux éditions annulées en 1931 et 1932 suite au crash de Wall Street. Dernière manche du Championnat d’Europe des Grand Prix en 1935, la course est remportée par Rudolf Caracciola et sa Mercedes-Benz W25B avant de disparaître suite à la guerre civile.

Pour briller en société, le Championnat d’Europe 1935 ne comprenait pas le Grand Prix de Pau, de Monaco, de France ou même de Donington en son calendrier. Si Monaco et Montlhéry étaient considérés comme des Grandes Epreuves, les autres lieux n’avaient que leur prestige pour se distinguer des Grand Prix de Tunis, de Norvège, de Finlande, de Picardie ou même de Rio ! Le calendrier officiel se composait de Spa, du Nürburgring, de Bremgarten, de Monza et, donc, de Lasarte.

5 – Circuit urbain sacrifié

Il fallait attendre la fin de la guerre et la deuxième saison de l’histoire du Championnat du Monde de Formule 1 pour revoir le Grand Prix d’Espagne. Tenues à Pedralbes, les éditions 1951 et 1954 revenaient respectivement à Juan Manuel Fangio et Mike Hawthorn. Hélas pour Pedralbes, le drame des 24 Heures du Mans en 1955 allait imposer des règles de sécurité plus sûres, rendant obsolète un tracé urbain ouvert seulement neuf ans plus tôt !

6 – Entre sécurité et concurrence des tracés

Après 13 ans d’absence, la Formule 1 revient en Espagne hors-championnat en 1967 à Jarama. De 1968 à 1975, les éditions sont alternées entre Montjuïc et Jarama, avant de s’installer à Jarama jusqu’en 1981. Sous la tutelle de Franco, dont l’aversion pour les indépendantistes n’est plus à expliquer, le Royal Automobile Club d’Espagne avait commandé un circuit permanent près de Madrid, d’où Jarama, tandis que la Catalogne mettait son circuit urbain au Montjuïc Parc à disposition.

En 1975, le drame de Montjuïc allait causer sa perte. Dès les essais, les pilotes confient que les rails ne semblent pas correctement fixés. Face à la menace d’une grève des pilotes, les organisateurs contre-attaquent en menaçant de bloquer les voitures des protestataires. Les équipes finissent par plier et disputent la course. Si Emerson Fittipaldi se retire après un tour en signe de protestation, Rolf Stommelen perdra son aileron arrière pour finir la course dans le public, tuant cinq personnes. Une histoire évoquée dans le très bon documentaire 1.

7 – Affaires et controverses

Toujours dans la série cinéma, F1 et Espagne, le Grand Prix 1976 est aussi évoqué dans Rush, quoique grandement simplifié. Si la McLaren trop large de James Hunt, son exclusion et sa réintégration plus tard dans la saison est évoquée, on ne parle pas des côtes cassées de Lauda dans un accident de tracteur. Toujours se méfier des tracteurs. Toujours.

Dans les éditions controversées à Jarama, on peut également évoquer la naissance de l’effet de sol avec la Lotus 78 victorieuse en 1977 et 1978, ou encore le début de la guerre FISA-FOCA avec les manœuvres politiques de Jean-Marie Balestre en 1980.

8 – Jerez prend la main

Les organisateurs de Jarama étant plus intéressés par le golf que le circuit, étroit et peu attractif, le Grand Prix d’Espagne allait disparaître jusqu’en 1986. Jerez faisait alors son entrée au calendrier de la Formule 1. Sur ce tracé, on a pu y voir l’une des arrivées les plus serrées de la F1, 14 millièmes de seconde entre Ayrton Senna et Nigel Mansell en 1986, ou encore le terrible accident de Martin Donnelly. Bien que populaire, la F1 a alors quitté Jerez, hormis deux retours comme Grand Prix d’Europe en 1994 et 1997, et de fréquentes séances d’essais.

9 – Barcelone s’impose comme destination de choix

Une fois n’est pas coutume, l’abandon d’une destination n’est pas synonyme d’interruption du Grand Prix d’Espagne. A Montmelò, près de Barcelone – où la tradition du sport auto n’a jamais quitté la région malgré des années d’absence – le Circuit de Barcelona-Catalunya est fin prêt pour l’édition 1991, un an avant les Jeux Olympiques. Comme Montréal précédemment. Depuis, le circuit a accueilli sans interruption l’événement, malgré une supposée alternance avec le tracé urbain de Valence… Jamais concrétisée en raison de difficultés financières du côté de Valence, désormais à l’abandon.

10 – Les succès se méritent

En 101 ans de Grand Prix d’Espagne, seuls deux Espagnols se sont imposés : Carlos de Salamanca pour la première édition en 1913, Fernando Alonso en 2006 et 2013, soit la dernière édition avant ce week-end !

Parmi les autres statistiques futiles, Mika Häkkinen aurait pu être le premier à remporter quatre Grand Prix d’Espagne (et ce, consécutivement) en 2001, mais sa panne hydraulique en toute fin de course l’en a empêché, permettant à Michael Schumacher de s’imposer. Ironie du sort, l’Allemand allait remporter les quatre éditions suivantes, devenant au passage le premier à s’imposer quatre fois et plus en Espagne (1995, 1996, 2001, 2002, 2003 et 2004).

L’équipe Mercedes n’a pas gagné en Espagne depuis 1935. L’édition 1954 avait été une des rares à échapper à la domination des flèches d’argent, laissant l’étoile attendre jusqu’en 1998 pour s’imposer… comme motoriste. Depuis l’arrivée du Grand Prix à Barcelone en 1991, seuls Ferrari, Renault et Mercedes ont d’ailleurs été les motoristes à s’imposer, ceux-ci étant les trois derniers représentés en F1.

L’édition 2014 permettra-t-elle à un pilote Mercedes de rajeunir les statistiques de l’équipe et du motoriste allemand, dont le dernier succès remonte à Jenson Button en 2009 ? Le début de saison semble confirmer cette hypothèse, mais pour la première fois depuis plus de quinze ans, le Grand Prix d’Espagne sera la première apparition des F1 dans l’année, puisqu’aucune séance d’essais hivernaux n’y a eu lieu !

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l'affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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