Accueil / F1 / Bons baisers de Pirelli

Bons baisers de Pirelli

Pirelli, manufacturier unique

Le manufacturier italien débuterait selon les rumeurs les essais sur ses pneus dès demain au Mugello. Bien qu’il faille commencer d’une quelconque manière et qu’importe l’endroit ces pneus, je reste assez dubitatif sur certains points de ces tests.

Tout d’abord, le modèle. Certes, la Toyota 2009 (qui serait utilisée, restons au conditionnel) est la monoplace la plus récente et la plus « neutre » que l’on puisse trouver, mais il demeure assez bizarre d’effectuer des essais sur une monoplace qui a connu un double-diffuseur, ce qui ne sera le cas d’aucune l’an prochain, et qui n’a pas connu de Kers, ce qui sera le cas de toutes ou presque l’an prochain. De même, le fait que seul Nick Heidfeld ait été contracté est assez douteux. Pour résumer globalement, on aura une seule monoplace en piste, donc on aura du mal à connaître la dégradation des pneus derrière une monoplace, avec une utilisation de Kers régulière, mais aussi sans différence « conséquente » de la baisse de carburant, vu que les ravitaillements ont depuis été bannis. Il y aura sûrement des artifices, mais ceux-ci risquent de rester assez primaires et basiques.

L’équipe qui signera Heidfeld l’an prochain, s’il signe, pourrait également avoir la chance d’engranger un bon niveau de feedback. D’où la « dangerosité » qu’un seul pilote ait été signé. On aurait pu penser que Pirelli aurait mis les moyens pour améliorer sa réputation pré-1991, mais cela ne semble pas vraiment être la direction prise à 7 mois du début de la saison prochaine (et donc cinq et demie des premiers essais).

Et en dernière chose, le choix des pistes me semble peu judicieux encore, puisque l’on entend parler du Mugello, de Jerez, de Monza et du Castellet. Alors certes, on me répondra que ce sont des pistes d’essais qui combinent bien des enchaînements repris ailleurs. Toujours est-il que Pirelli aurait pu mettre les moyens pour tourner sur plus de pistes du championnat, et non une seule, car les conditions d’essais peuvent être très difficiles. Regardez comme Bridgestone et les écuries ont galéré cet hiver sous les pluies espagnoles pour s’adapter aux pneus avant plus étroits.

Mais au final, cela pourrait paradoxalement influer dans le bon sens du spectacle l’an prochain. Avec des pneus plus difficilement maitrisable, ou d’une qualité aléatoire selon les conditions, le scénario de course ou la piste, des chutes de performances soudaines ou des reprises pourraient permettre de redistribuer certaines cartes. Comme quoi, Pirelli, à défaut d’être certain de sauver sa réputation, pourra conserver sa célèbre devise : « Sans maitrise, la puissance n’est rien ».

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l'affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

Motor Racing League plugin by Ian Haycox