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Dany Bahar veut-il trop en faire ?

Dany Bahar est partout.

Vous l’aurez probablement remarqué, depuis quelques mois, Dany Bahar fait de nombreuses déclarations. Transfuge du marketing Ferrari, celui-ci est depuis un an le PDG de Group Lotus, et a amorcé durant ce laps de temps un ambitieux virage vers la compétition automobile. Mais l’excès d’annonce peut laisser perplexe. Le plan est ambitieux, un peu trop ambitieux diront certains.

Tout s’est passé entre l’annonce début 2010 du partenariat KV Racing-Lotus Cars en IndyCar à celle avec Genii pour créer Lotus Renault GP, on aura aussi connu lors du Salon de l’Auto la présentation de programme GP2-GP3, avec ART, mais aussi LMP2, sans compter le programme routier avec six nouveaux modèles pour les cinq années à venir. Ces derniers jours, Dany Bahar a même laissé entendre qu’à terme, Lotus pourrait s’équiper de ses propres moteurs, tant en F1 qu’en série, sans compter que la marque a déjà lancé son programme Constructeur+Motoriste en IndyCar pour 2012, lorsque les nouvelles règlementations prendront effet.

Si la démarche peut paraître louable, sa mise en place demeure assez mégalomaniaque et prétentieuse. Outre les moyens dont on peut douter, la personnalité de Dany Bahar est elle même en question. Proton a d’ailleurs décidé de l’encadrer de Karl-Heinz Kalbfell, ancien cadre dirigeant de BMW. Le plan marketing de Bahar n’assure en rien les retombées industrielles, et la conversion de cette publicité en ventes sur la route. Le défi de Lotus est un jeu dangereux, à double-tranchant même.

Concernant Proton, rappelons que ce n’est qu’environ 12000 employés, pour 173000 voitures produites cette année. L’objectif fixé pour 2011 est au-delà de 200000. Les bénéfices sont en général réalisés une année sur deux, pour s’élever à quelques dizaines de millions d’euros de bénéfice. La part pour Lotus est donc encore moins élevée que cela, et l’on se doute bien que l’Etat Malaisien est derrière pour refinancer l’ensemble.

On est donc loin des reins solides que Renault pouvait apporter à Enstone. Genii n’a pas toujours rassuré sur sa capacité à financer, mais que pourrait-on dire de Proton ? Ce même Proton qui a perdu son leadership dans son marché domestique, étant devancé par Perodua, qui recule l’échéance d’une fusion souhaitée par le gouvernement.

Perodua est associé à Toyota et Daihatsu, tout comme Lotus dans ses fournitures moteurs de route, mais Proton ne pourra survivre à terme qu’avec l’aide d’un groupe plus puissant. Le jeu de Bahar ne pourrait donc être sauvé que si l’Alliance Renault-Nissan s’associe à Proton, comme Carlos Ghosn l’a laissé entendre récemment, ou si Toyota prend ce rôle. L’accord Lotus Renault GP serait une indication de réponse, mais rien n’est moins sûr.

D’ici là, le plan ambitieux de Bahar, trop ambitieux et trop beau en certains aspects pour être vrai, aura peut-être raison des moyens de Lotus, ou du groupe dans son ensemble. Ce ne serait pas là le premier échec de Proton dans sa stratégie pour revigorer Lotus.

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l’affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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