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De battre son Hart s’est arrêté

A l’origine du motoriste éponyme, Brian Hart s’est éteint à l’âge de 77 ans. Né en 1936, il se révélait être un pilote assez décent, évoluant jusqu’en Formule 2. Sa meilleure saison avait lieu en 1967 grâce à un moteur Cosworth FVA préparé par ses soins dans le cadre du Championnat d’Europe de Formule 2. Deux ans plus tard, il formait sa propre entité à Harlow, dans l’Essex.

Hart_logo
Après un apprentissage chez De Havilland, Hart rejoignait Cosworth. Spécialisé dans la mise au point du bloc FVA, il participait au développement du BDA, destiné au rallye. Adapté à la F2, ce dernier aidait Ronnie Peterson puis Mike Hailwood à remporter les titres européens en 1971 et 1972. Manquant de moyens pour lutter face aux arrivées de BMW et Renault, combiné au retrait de Ford, Hart retrouvait tout de même le succès en 1977 et 1978 avec Keke Rosberg et Derek Daly et son premier moteur, le 420R.

En 1979, Toleman l’approchait pour obtenir ses moteurs en F2. Si Brian Henton manquait de peu le titre, il s’imposait l’année suivante devant son équipier, assurant à l’équipe le doublé avant son passage en Formule 1 dès 1981. Hart construisait le 415T, un quatre cylindres 1,5l turbo. Loin d’être prêt à temps, le moteur ne permettait aux pilotes que de se qualifier une fois chacun. Malgré des budgets serrés, Hart s’améliorait rapidement.

Toleman Hart TG184 Ayrton Senna

© Tony Hisgett

Qualifications plus régulières en 1982, puis premiers points en 1983, permettaient au motoriste de signer RAM et Spirit en clients. Trois podiums arrivaient également grâce aux performances d’Ayrton Senna au volant de la Toleman. Le Brésilien parti, l’année 1985 voyait les performances rentrer dans le rang malgré une première pole position grâce à Teo Fabi. Toleman devenant Benetton et se fournissant désormais chez BMW, le motoriste perdait son client historique dans la catégorie reine. L’équipe Haas était la dernière équipe cliente en 1986, celle-ci attendant que le moteur Ford soit prêt.

Jordan Hart 1993
Entretenant des blocs Cosworth clients pour Arrows, Tyrrell, Larrousse et AGS par la suite, il fallait attendre 1993 pour voir le nom de Hart revenir en F1 avec le 1035, un V10 atmosphérique de 3,5 litres de cylindrée. Fournissant Jordan, le motoriste connaissait une première année difficile avant de s’illustrer en 1994, notamment grâce à un podium et une pole position d’un autre brésilien, Rubens Barrichello. Jordan signait toutefois un contrat gratuit avec Peugeot pour la saison suivante, forçant Hart à se rabattre sur un accord avec Footwork/Arrows avec un nouveau V8 3L, le 830. Gianni Morbidelli offrait le dernier podium à l’équipe au Grand Prix d’Australie 1995.

Ukyo Katayama Minardi Hart M197 1997
La dernière saison en F1 de Hart sous son propre nom arrivait en 1997 avec l’équipe Minardi tandis que Arrows bénéficiait d’un moteur V10 Hart badgé Yamaha. La société était ensuite rachetée par Tom Walkinshaw qui badgait les moteurs TWR pour motoriser son équipe Arrows en 1998 et 1999. Lassé du manque de développement, notamment l’abandon d’un nouveau V10 en raison d’un manque de finances, Brian Hart rejoignait Minardi en 1998, puis travaillait finalement sur le projet V10 Arrows, avant de quitter le sport en 1999 avant de s’éteindre des suites d’une longue maladie. Sa société périclitait avec la faillite de TWR en 2002, faisant de Hart l’un des derniers motoristes artisans de la F1.

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l’affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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