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De l’art de recevoir des pénalités sans incidence

Un crash et les commissaires vous tombent dessus !

Suzuka 2005, premier tour de la course. Juan Pablo Montoya abandonne, visiblement bousculé par Jacques Villeneuve qui terminera dernier de la course. Les commissaires lui infligèrent une pénalité de 25 secondes après la course, ce qui le fit rétrograder de la 11ème place.

Durant la conférence de presse avant le Grand Prix suivant, les pilotes eurent l’occasion de s’expliquer devant les médias. Morceaux choisis :

Jacques Villeneuve

Toute ma carrière j’ai accepté les punitions lorsque je faisais quelque chose de pas bien. Cette fois-ci, je n’accepte pas cette décision. C’est très décevant, car cela signifie que la prochaine fois que quelqu’un essaye de vous attaquer, vous n’avez plus qu’à vous mettre au milieu de la piste pour le laisser passer.

Juan Pablo Montoya

Ce qu’il dit n’est pas totalement faux. Les règles sont appliquées de manière si aléatoire qu’il est difficile de juger. Il a reçu une pénalité, mais en vérité il n’a rien reçu. Il a reçu 25 secondes de pénalité alors qu’il termine la course en 12e position. Ca sert à quoi ? Ca ne change strictement rien ! C’est un peu ridicule de punir quelqu’un qui est 12e. Vous pouvez seulement le faire reculer à la 13e position.

Comme vous pouvez le constater, le problème ne date pas d’hier. Il ressurgit aujourd’hui, avec la pénalisation de Liuzzi suite à l’incident du départ, et nul doute que ce problème continuera de se poser. Cependant, y a-t-il une solution ? Les règles sont parfois appliquées par principe, à savoir qu’elles doivent être appliquées et que cela suffit à rendre justice. Un pilote qui ruine la course d’autres devrait-il être systématiquement banni de la suivante ? L’argument de Montoya est très juste : souvenez-vous des exclusions, avec ou sans sursis, lors de plusieurs courses de différents protagonistes. BAR Honda en 2005 après Imola, Renault en 2009 après la Hongrie… Le Colombien paya également le prix fort d’un strike certes plus important que celui réalisé par Liuzzi aujourd’hui en se faisant remercier par McLaren. Certes, d’autres facteurs rentraient en ligne de compte, mais l’événement même a précipité les choses, semble-t-il. La question est la même qu’en droit : comment trouver le compromis entre l’application des règles et l’assouvissement du sentiment de vengeance des victimes ? Comment réparer les dommages d’une course ruinée par autrui ? Les points valent de l’or pour les pilotes et écuries. Ils pèsent lourd et ont un impact direct sur tout : budget alloué en fin de saison par la FIA, satisfaction ou mécontentement des sponsors, etc. Il n’est pas question ici de réécrire l’histoire, mais imaginez une seconde que Montoya ait terminé la course assez haut pour perturber le championnat du monde des constructeurs 2005 ? Voilà un exemple de course potentiellement ruinée, et comparez-le avec la sanction infligée à Jacques Villeneuve. Voilà qui donne matière à réfléchir.

À propos Juliette Follin

Juliette vous apporte les actualités, interviews et résumés de meetings de course sur un plateau, quelle que soit la discipline. En parallèle, elle supervise l'aspect technique et graphique sur le site et les réseaux sociaux.

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