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Des roues qui volent et autres plans comptables

Plans comptables et autres sécurités

Sebastien Buemi a été victime ce matin d’une double rupture de suspension, causant la perte brutale de ses deux roues avant, et ce, simultanément en bout de ligne droite. Les roues ont continué leur chemin de façon linéaire en allant plus vite encore que la voiture de Buemi vers le bac à graviers. Une chance que personne n’ait été touché grièvement par cet incident. L’un des plus marquants qui me revient est celui en Formule 2 le 19 juillet 2009 qui a provoqué la mort d’Henry Surtees. Un très mauvais souvenir pour nous qui étions en train de regarder la course.

Cela relance le débat de la sécurité (si tant est que ce débat fût un jour clos ?) là où il n’y devrait pas y avoir de roues baladeuses qui sont bien trop dangereuses. Le risque zéro n’existe pas, mais on doit néanmoins s’interroger sur la fragilité des monoplaces typées Newey. Souvenez-vous de la rupture de suspension de Raikkonen en 2005 au Nurburgring. Si Raikkonen, dans son envolée vers les graviers, avait percuté le pauvre Jenson Button, Dieu sait ce qu’il se serait passé.

Le risque est également présent pour les spectateurs ? Quoi de plus cruel qu’une mort durant un week-end où l’on vit sa passion à 300 à l’heure… On dit qu’il vaut toujours mieux mourir dans son élément, mais je m’insurge face à ces clichés : il n’y a pas de façon sympa de mourir. En ce sens, la vigilance est de rigueur. On sait bien que plus on en fera, plus on trouvera des problèmes ailleurs et jamais le risque 0 ne sera atteint. Mais ne crions pas non plus à une Formule 1 aseptisée à cause de la sécurité. La sécurité est nécessaire. Tuer le spectacle, par contre, ne l’est pas. On doit se poser les bonnes questions, dans ce cas précis.

C’est là que la légitimité d’un régime de points type 2010 est ridicule. Favoriser la victoire se transforme donc en une favorisation de la régularité, alors qu’au premier abord, cela ne semblait pas le cas.

Selon les calculs de Guillaume, le championnat avant la Chine aurait été le suivant avec le barème 10-6-4-3-2-1 (the best ever!) :

ALO 13
VET 13
BUT 10
MAS 10
KUB 9
ROS 8
WEB 6
HAM 6
SUT 2
MSC 1

FER 23
RBR 19
MCL 16
REN 9
MER 9
FIN 2

Voici le championnat tel qu’il est avec le barème actuel :

MAS 39
ALO 37
VET 37
BUT 35
ROS 35
HAM 31
KUB 30
WEB 24
SUT 10
MSC 9
LIU 8
BAR 5
ALG 2
HUL 1

FER 76
MCL 66
RBR 61
MER 44
REN 30
FIN 18
WIL 6
TOR 2

Les anglais vous diront : draw your own conclusions. Un championnat plus serré valorisant la victoire. Le système des médailles aurait pu nous sauver la mise, mais le mouvement protestataire a dit non fermement. On dit non à tort et à travers, de toute façon. On ne peut comparer deux barèmes de points avant que ceux-ci aient fait ces preuves. Le système des médailles ne peut remettre en cause les résultats précédents car les pilotes se seraient adaptés avec un tel système et on aurait vu des Grand Prix bien différents. Là, pour le coup, on aurait risqué le tout pour le tout pour la victoire, vu qu’elle prévalait face au compteur de points. Ici, il est judicieux de remettre en question le barème car on affirme qu’il favorise la victoire alors qu’il n’en est rien. L’écart comptable entre les anciens barèmes (récents, j’entends) et celui-ci rend la farce bien indigeste.

À propos Juliette Follin

Juliette vous apporte les actualités, interviews et résumés de meetings de course sur un plateau, quelle que soit la discipline. En parallèle, elle supervise l'aspect technique et graphique sur le site et les réseaux sociaux.

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