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Lewis Hamilton 2011 Formule 1 Spa-Francorchamps
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Abou Dabi : Vettel chute, Hamilton l’emporte

Personne ne s’attendait encore à voir Sebastian Vettel abandonner cette saison, encore moins après un tour de course. Le pilote allemand a estimé que la chute de pression de ses pneus aurait causé la crevaison, avant qu’il ne rallie les stands et endommage irrémédiablement sa suspension. A l’heure actuelle, l’Allemand ne pouvait se prononcer davantage.

La McLaren Mercedes de Lewis Hamilton a donc remporté cette édition 2011 du Grand Prix d’Abou Dhabi, cessant ainsi le monopole dont jouissait Vettel en termes de victoires là-bas. Il aura lutté quelque peu avec Fernando Alonso, sans que ce dernier ne puisse vraiment l’inquiéter. Alonso termine second, devant Jenson Button qui aura maîtrisé la troisième place malgré un problème de KERS qui l’a empêché de rester au contact des leaders.

Cela laisse donc un podium sans Red Bull. L’issue aurait pu être tout autre si Mark Webber n’avait pas opté pour une stratégie d’un arrêt de plus. Une erreur de stratégie qui avait peut-être pour but initial d’attaquer suffisamment pour avoir Jenson Button grâce à des gommes plus tendres. Néanmoins, l’Australien rallie tout de même l’arrivée quatrième.

Derrière, on retrouve le coéquipier d’Alonso, Felipe Massa. Une course encore moyenne : le Brésilien termine bien derrière son coéquipier et s’est distingué à travers un tête-à-queue, un passage sur un débris et quelques passes d’armes limites.

Les deux Mercedes GP suivent, avec dans l’ordre Nico Rosberg et Michael Schumacher. Chacun a gagné une place durant la course, en bénéficiant de l’abandon de Vettel. Un résultat décevant pour une équipe qui semble avoir plus d’ambitions mais demeure néanmoins transparente.

Si les Force India se suivent toutes les deux, elles témoignent d’une confirmation de leur bonne progression. Adrian Sutil devance Paul di Resta, ce dernier se distinguant lors de batailles avec Sébastien Buemi. Sutil aura effectué les bons dépassements au bon moment pour assurer sa place dans les points. Une course solide et des points à l’arrivée, donc, pour les deux pilotes.

A partir de la dixième place, tout le monde a concédé au moins un tour, en commençant par les deux Sauber de Kamui Kobayashi et Sergio Pérez. Pérez a conservé sa position de départ, tandis que Kobayashi minimise l’impact de ses mauvaises qualifications en inscrivant un petit point. Sera-ce suffisant pour espérer briller au plus haut lors de la carrière du Japonais ? Il est urgent pour lui de confirmer que le potentiel que les médias et observateurs veulent bien lui conférer se soldera par la confirmation qu’il fait partie des grands. Il y a encore du travail, et ce travail passera inévitablement par l’amélioration de la Sauber.

Transparent tout le long du week-end, Rubens Barrichello fait parler l’expérience et termine à la douzième place. Il termine hors des points mais réalise une remontée conséquente : le Brésilien était en effet parti dernier suite à une série de problèmes l’ayant empêché de participer à la séance de qualifications. Malgré cette remontée, le Brésilien semble ne pas savoir (ou pouvoir) se retirer au moment opportun. Peut-être est-il à la quête d’un record de participations aux Grands Prix de plus en plus conséquent. Son coéquipier Pastor Maldonado, pas gâté par des investigations et un passage par les stands pour non-respect des drapeaux bleus, doit se contenter d’une quatorzième place. Ajoutez à cela une pénalité de dix secondes dans les stands attribuée après-course, soit 30 secondes, pour Maldonado et une pénalité de temps de vingt secondes pour Jaime Alguersuari, qui luttait pour une position face au Vénézuélien ; vous obtiendrez un cocktail de décisions plus sévères qu’à l’habitude de par leur quantité pour les drapeaux bleus. Le Vénézuélien a fini par être quasiment à l’arrêt pour laisser passer les voitures auxquelles il concédait un tour. Encore le signe d’une dérive du règlement en vigueur concernant les drapeaux bleus. Des sanctions plus ou moins sévères selon les Grands Prix, et un acharnement constaté aujourd’hui sur plusieurs pilotes.

Vitaly Petrov se contente de la treizième place, suite à une stratégie de Lotus Renault GP plus que douteuse et à cause d’un DRS défaillant. On voyait souvent le Russe à l’agonie avec ses pneus, sans que ce dernier ne soit rappelé aux stands. Peut-être, dans ces errances de stratégie, aura-t-il perdu l’occasion de marquer des points, si précieux dès lors qu’Eric Boullier fait rouler Romain Grosjean, pilote français dont la venue est plébiscitée par les médias et quelques observateurs francophones notamment, aux séances d’essais du vendredi matin. Quant à Bruno Senna, il a également reçu l’ordre de passer par les stands, comme son acolyte Maldonado, pour la même raison : non-respect des drapeaux bleus. Il échoue donc à la seizième place, suite au « plan B » des stratèges de Lotus Renault GP : les pneus durs chaussés au départ, puis retirés après un tour de course. S’il est difficile d’établir une stratégie lorsqu’on tâtonne avec les pneumatiques et les performances de la voiture, il est un peu plus simple de constater quelles sont les fenêtres de ravitaillement à respecter avant que la performance des pneumatiques ne chute, ou encore de savoir que le pilote qui tente le pari des durs est susceptible de plonger au classement au départ.

Chez Toro Rosso, le week-end aurait pu être bien meilleur. La monoplace avait affiché de bonnes performances ces derniers temps, et Sébastien Buemi se battait avec Paul di Resta pour les points en début de course, malgré s’être seulement qualifié en treizième position. Pour le Suisse, la panne hydraulique qui l’a touché est d’autant plus rageante que Jaime Alguersuari n’a pas effectué une course exceptionnelle non plus. L’Espagnol s’est en effet plaint de la dégradation de ses pneumatiques qui lui a coûté, selon lui, la dixième place. Au final, il se classe quinzième. Du potentiel non confirmé donc, et deux grands déçus au final : Vergne a fait bonne impression lors des essais du vendredi matin, se hissant juste derrière Alguersuari. La pression monte pour les pilotes Toro Rosso, surtout par rapport à la façon dont l’écurie n’hésite pas à limoger des pilotes pour en tester de plus jeunes.

Les Lotus de Tony Fernandes se classent en dix-septième place pour Heikki Kovalainen et dix-huitième pour Jarno Trulli. Le schéma est similaire par rapport aux précédents Grand Prix : Kovalainen effectue un bon départ, mais une fois que le DRS est activé il replonge dans les méandres du classement. L’équipe peut néanmoins toujours se vanter de figurer devant le reste des petites équipes.

Chez Virgin et HRT, c’est du 50-50. Si Timo Glock rallie l’arrivée à la dix-neuvième place et que Vitantonio Liuzzi, vingtième, constitue le dernier pilote classé, leurs coéquipiers respectifs ont dû renoncer. Jérôme D’Ambrosio a abandonné au 21ème tour sur problème de frein, tandis que Daniel Ricciardo s’est stoppé au 52ème tour après une casse de l’alternateur.

A l’issue de la course d’Abou Dhabi, paradoxalement, la victoire de Lewis Hamilton est insuffisante pour le maintenir dans la course pour la deuxième place. Au Brésil, Jenson Button devra donc lutter contre Fernando Alonso et Mark Webber pour le gain du statut de vice-champion derrière Vettel. Un titre honorifique peut-être amer, mais qui témoigne d’une saison menée de main de maître pour celui qui se hissera en seconde position au championnat. A noter que la troisième place est toujours possible pour Lewis Hamilton. Derrière, Felipe Massa, avec seulement 108 points au compteur, ne peut plus espérer gagner de place au championnat.

À propos Juliette Follin

Juliette vous apporte les actualités, interviews et résumés de meetings de course sur un plateau, quelle que soit la discipline. En parallèle, elle supervise l’aspect technique et graphique sur le site et les réseaux sociaux.

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