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Episode #359402154 de votre feuilleton estival préféré : Consignes d’équipe

Les plus grandes décisions sont prises via le téléphone rouge, et plus couramment la radio.

Le téléphone rouge a encore sonné…

C’est toujours la même chose. Une équipe au passé controversé en remplace une autre, et ceux qui nous semblaient immondes il y a peu deviennent des anges. Donc, le retour de Ferrari aurait dû être une bonne chose. Des gens ont parié sur Fernando Alonso pour le titre cette année, et peut-être que voir l’espagnol défendre ses chances comme les autres était attendu de certains.

Mais… Ce n’est pas comme ça que ça marche. Felipe Massa a récemment été confirmé pour 2011 et 2012 et un mois plus tard, et surtout un an plus tard jour pour jour après son accident de ressort, on lui indique de façon très claire qu’il a intérêt à faire passer son coéquipier « plus rapide ».

C’est à Rob Smedley d’informer son pilote et ami Felipe : “Fernando is faster than you – can you confirm you understood that message?”. Suivi d’un très maladroit “sorry”.

Et voilà, le tour est joué : une consigne d’équipe implicite. Ce qui est interdit depuis les événements d’Autriche 2002. Les sanctions sont en train d’être examinées, pour le moment Ferrari s’en tire avec une amende de 100000$ mais le dossier sera traité au conseil mondial de la FIA, ce qui signifie que des sanctions sportives pourraient tomber. Mais rien n’est sûr pour plusieurs facteurs :

  1. Ferrari n’a pas été la seule à jouer à ce petit jeu de consignes. McLaren, Renault et Red Bull entre autres en ont fait de même et cela est pourtant passé inaperçu.
  2. Il est difficile de désigner un réel coupable dans l’équipe : il faudra faire preuve d’une objectivité folle – ou bien d’obtenir des aveux de la part de l’équipe, aveux qui ne seront pas mensonges – pour juger de l’honnêteté des propos d’Alonso. Alonso pouvait ne pas être au courant, mais Alonso n’est ni idiot, ni naïf. Cependant, comme ce n’est pas la première fois qu’on le laisse passer (Fisichella pourra vous expliquer cela plus en détail), on a déjà assisté à cette scène et on a déjà vu la réaction habituelle de l’espagnol. Il célébrait sa victoire comme si de rien n’était. Hier, il a tiré une tête d’enterrement. L’ambiguité est donc là, sa différence de comportement pourrait l’innocenter. En outre, l’écurie a, semble-t-il, communiqué l’information seulement à Alonso. Ici, ce sont les transcriptions entières de la course qui permettraient d’y voir plus clair – même si les meetings d’avant course peuvent avoir une incidence certaine.
  3. Felipe Massa était-il obligé de le laisser passer, ou lui a-t-il fait un cadeau par manque d’audace ? Que risquait-il ? En Autriche 2002, les menaces entendues par Barrichello étaient très claires. Il était explicite que s’il ne laissait pas passer Schumacher, il perdrait son volant. Là encore, l’accès aux communications radio permettrait d’y voir plus clair.

Mais ne soyons pas l’avocat du diable pour autant. Les consignes d’équipe, qu’elles soient appliquées ou non, sont très frustrantes pour le spectateur qui regarde la course pour le sport et non pas pour la polémique. Il est sûr que la F1 ne perdra pas en crédibilité, mais sur le coup, on a tous accusé le coup en regardant le Grand Prix, devant ces résultats pipés. Que l’on aime Massa ou non, il méritait cette victoire, peu importe le jour de celle-ci. Que l’on haïsse Ferrari ou non, on ne peut que huer les propos du gentilhomme Christian Horner qui, après avoir mis toute la communication de son équipe en alerte rouge en favorisant Baby Schumi avec l’aileron de Webber, s’est offusqué de l’attitude de Ferrari. C’est sûr, cela tombait à pic pour Red Bull, on va oublier leurs histoires d’aileron pour se concentrer sur une énième gaffe de Ferrari, ces grands tricheurs, les seuls et uniques escrocs du F1 Circus.

L’ironie ne s’arrête pas là : c’est McLaren Mercedes qui continue de caracoler en tête des classements. Une équipe en soi fort sympathique, avec ce duo britannique incarnant le respect et le fair play… C’est sûr, tout le monde a oublié 2007 et le scandale qui les avait exclus du championnat constructeurs, cette histoire de photocopieuse, de Coughlan et Stepney… Eh bien toujours est-il qu’aujourd’hui, McLaren est l’écurie la plus cool. Il y a peu, c’était Red Bull. Et aujourd’hui, il faut bien se dire que c’est comme le loto : à qui le tour… d’enfreindre le règlement et de choquer l’opinion publique si facilement choquée ces temps-ci. Mais nous verrons tout cela dans le prochain épisode de Consignes d’Equipe, une série sponsorisée par Bernie E. et la FOM !

À propos Juliette Follin

Juliette vous apporte les actualités, interviews et résumés de meetings de course sur un plateau, quelle que soit la discipline. En parallèle, elle supervise l’aspect technique et graphique sur le site et les réseaux sociaux.

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