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Sebastian Vettel, Mark Webber et Fernando Alonso sur le podium 2013 de Monza
© Renault Sport Media

F1 – Faut-il huer Sebastian Vettel ?

La Formule 1 représente une élite. A sa tête depuis trois ans, Red Bull et Sebastian Vettel fanfaronnent. La tension est palpable chez leurs adversaires comme chez les supporters. Mark Webber tire sa révérence, il ne sera jamais champion du monde. Le jeune Sebastian Vettel a, comme d’autres champions du monde, fait de la casse dans les destins des autres pilotes.

Mais peut-on le blâmer pour autant ? Le huer comme cela a été fait lors de différentes cérémonies du podium ? Passer ses intérêts de fans avant ceux du sport, qui, quand un protagoniste est meilleur que les autres, le couronne en conséquence avec des victoires, podiums, poles et titres ?

Le problème qui se pose pour la Formule 1 ne vient pas de Sebastian Vettel. L’Allemand n’est qu’un symptôme d’un mal plus profond. Ce mal, c’est la manière dont le sport est envisagé, et comment les supporters l’apprécient !

Un amour des antihéros

La Formule 1 propose, dans la réalité de ses championnats, des scénarios si puissants que la fiction ne saurait faire mieux. C’est aussi pour cela que le film Rush sur la confrontation entre Niki Lauda et James Hunt se base sur des faits réels et n’a que rarement recours à des artifices de narration pour embarquer le spectateur.

Dans Rush et la réalité de la saison 1976 de Formule 1, Niki Lauda souffre. Sans souffrance, la victoire n’a pas la même saveur. Quand, au contraire, tout semble apporté sur un plateau – ou du moins simplifié, le résultat n’est plus le même.

Prenons l’exemple de Lewis Hamilton. Arrivé en 2007, le Britannique agaçait. Qui est ce jeune homme qui ose publier une autobiographie à un si jeune âge, et par-dessus le marché, titiller Fernando Alonso avec son arrogance juvénile ? Pour autant, un débutant face à un double-champion du monde en titre, avec pour trame de fond une affaire d’espionnage… l’histoire fonctionne. Lewis Hamilton divise.

En 2008, il remporte le titre. Felipe Massa croyait alors avoir le titre. Au lendemain de la course, Timo Glock est fustigé pour avoir fait perdre Felipe Massa en se faisant dépasser dans le dernier tour. Lewis Hamilton, lui, est champion alors que certains jugent que sa campagne n’est pas la plus mordante. Pire, en 2009, McLaren titube et sa fougue séduit toujours les foules.

Quand un Allemand fait gagner une Toro Rosso

Sebastian Vettel a un destin fulgurant. Il réécrit déjà les livres d’histoire en s’attaquant à sa marge de manœuvre : la jeunesse. Les records de précocité tombent les uns après les autres. La seule victoire de Toro Rosso, passerelle d’évolutions des jeunes pilotes soutenus par Red Bull, est la sienne.

Sur cette course, Sébastien Bourdais, alors coéquipier de l’Allemand, se qualifie quatrième mais cale. Un dur destin pour celui qui allait être remercié. Le quadruple champion de Champ Car a été sonné par le jeune Sebastian Vettel, un signal fort à l’époque.

Par la suite, Red Bull le recrute et l’Allemand est déjà dans le coup dans sa première saison. Quelques erreurs de jeunesse se sont glissées dans son palmarès, mais qui n’en a pas faites ?

Dominer et agacer

Le sport, c’est un exutoire. Est-ce valable pour le sportif comme pour le fan ? Oublier sa rude semaine et se divertir – car là est l’utilité du spectacle – en profitant d’une course, c’est une étape incontournable pour le supporter.

Il faut bien une raison de regarder les courses : les pilotes mis en avant tels des gladiateurs intrépides, ça marche. Ça plaît tellement que chacun – même ceux qui regardent les départs et profitent d’une sieste du dimanche après-midi ensuite – s’attache à un ou plusieurs favoris. Du coup, forcément cela devient rageant lorsque la roue tourne pour le même, et que ce pilote-là, justement, n’était pas sur la piste des pilotes supportés.

Beaucoup voient un bis repetita de l’ère Schumacher. Sebastian Vettel a effectivement su capter l’attention de son équipe au détriment de son coéquipier, mais il ne faut pas oublier les soupçons de tricherie, les consignes d’équipe anticipées (qui étaient taboues et non autorisées de manière explicite) et autres controverses de l’époque.

Sebastian Vettel a pu sembler prendre la même pente que son compatriote, mais force est de constater que la supériorité vient du travail de l’Allemand et de son équipe. Bien sûr, les autres ne se la coulent pas douce comme le triple champion a pu maladroitement le laisser entendre, mais le chapitre historique qui est en train de s’écrire est aussi important que les autres. Simplement, il faut du recul pour pouvoir l’apprécier à sa juste valeur.

Comment prendre la réaction des fans à l’égard de Vettel ?

Chacun est libre d’apprécier la Formule 1 comme il l’entend. Il n’y a pas de bon ou de mauvais comportement à son égard : c’est un sport-passion, qui amène à sortir le pendant subjectif du fan. De même, libre à ceux qui ont pu être choqués de voir Sebastian Vettel hué d’exprimer leur opinion face à ce fait hors-course.

On ne risque pas de mettre des pénalités et autres réprimandes aux fans de Formule 1. Le message à entendre n’est pas tellement que Sebastian Vettel est un vainqueur non-méritant. Au contraire, l’exaspération palpable est un signe pour la concurrence qu’il faut travailler encore plus pour être en mesure de se battre face à un adversaire digne de Goliath.

Et ce même si la concurrence est Fernando Alonso en Italie, sur le podium de Monza. Les tifosi avaient bien apprécié en 2006 la casse moteur de l’Espagnol qu’ils vénèrent aujourd’hui. La roue tourne, et si Sebastian Vettel est amené à traverser une passe difficile avant de rebondir avec panache, la perception des fans risque de changer. Même si certains fustigent le comportement plutôt que la suprématie, mais les grands champions ne sont pas forcément des enfants de chœur…

À propos Juliette Follin

Juliette vous apporte les actualités, interviews et résumés de meetings de course sur un plateau, quelle que soit la discipline. En parallèle, elle supervise l'aspect technique et graphique sur le site et les réseaux sociaux.

2 plusieurs commentaires

  1. Quand il arrêtera de nous faire le doigt d’honneur en pleine face à la télé, on arrêtera de le huer !

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