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F1 : HRT absente en 2013 ?

F1 HRT 2012 Bahreïn

La FIA a révélé plus tôt dans la journée la liste provisoire des inscrits pour le championnat du monde 2013 de Formule 1. Une liste qui ne fait pas apparaitre l’équipe HRT, les Espagnols n’ayant ainsi pas payé les droits d’inscription avant la date limite.

L’équipe a été mise en vente par ses propriétaires, Thesan Capital, avant le Grand Prix des Etats-Unis, à mi-novembre. La classique théorie du repreneur des Emirats a fait une courte illusion tandis qu’il semble que la piste chinoise du constructeur Chery ait échoué, HRT cherchant désormais à rembourser ses créanciers pour fermer l’équipe sans dette.

L’équipe espagnole avait obtenu son entrée en F1 grâce au projet développé par l’ancien pilote Adrian Campos et des investisseurs regroupés dans le consortium Meta. Campos Meta a cependant fait court-feu puisqu’avant même sa première course, l’équipe était rebaptisée Hispania, du nom de l’entreprise des Carabantes, les nouveaux propriétaires appelés à la rescousse par Campos, en manque de moyens.

Les mêmes Carabantes confieront la maison à l’ancien team principal de Midland, Colin Kolles, qui a restructuré l’équipe de manière à la rendre plus efficiente vu les moyens limités. Las, il sera débarqué en deuxième partie de saison 2011 lorsque les Carabantes ont revendu l’équipe à Thesan Capital.

Le projet de Thesan visait à établir l’équipe en Espagne à travers une usine, et non plus en assembleur dans les locaux de Kolles en Allemagne. Dans le même temps, Luis Perez-Sala devenait le nouveau team-manager et a fait le choix pour 2012 d’abandonner la base Dallara, le sous-traitant appelé par Campos pour construire la voiture en 2010, afin de développer sa propre voiture dans l’usine de Madrid.

Un déménagement peu judicieux, une révolution technique onéreuse et des recrutements peu inspirés auront donc eu raison de l’équipe, qui n’est par ailleurs pas parvenue à éviter la dernière place au championnat constructeurs cette année.

Après les échecs USF1 et Stefan GP, HRT devient ainsi la première équipe à cesser ses activités depuis Super Aguri en 2008. Bien que finalement peu d’actifs soient à récupérer de cette équipe, un constructeur pourrait être tenté de racheter le ticket d’entrée à bas tarif permis par HRT avant de demander une dérogation à la FIA pour pouvoir s’inscrire malgré la fin du délai. Un ressort qu’avait utilisé Super Aguri d’ailleurs bien que partant ex-nihilo ou presque.

Si aucune solution n’est trouvée, alors la FIA serait inspirée de lancer un appel d’offres pour que deux nouvelles équipes fassent leur apparition en 2014, année de la restructuration aérodynamique et mécanique du sport. Un processus qui devra alors commencer rapidement pour ne pas recréer une situation dans laquelle ont été laissées Caterham, Marussia et HRT, arrivées en 2010 avec la promesse d’un budget capé, là où les changements de règlementation avaient bouleversé la hiérarchie en 2009, soit un an plus tôt.

L’un des effets les plus visibles en cas de non-reprise de HRT sera le déroulement des qualifications. Là où 7 voitures étaient éliminées en Q1 pour en laisser 17 en Q2, puis 10 en Q3, 2013 risque de revenir à une situation où seulement 6 seront laissées sur le carreau en Q1 pour en laisser 16 en Q2, puis 10 en Q3. Marussia et Caterham risquent donc de passer encore moins souvent en deuxième séance de qualifications.

Concluons sur l’impact de l’équipe HRT sur ses trois ans d’existence et l’impact laissé. Nous aurons vu les débuts en F1 de Karun Chandhok et de Bruno Senna. L’un n’aurait peut-être jamais été vu en F1 ou chez Team Lotus au Grand Prix d’Allemagne 2011. L’autre n’aurait peut-être pas été appellé par Lotus Renault GP l’an passé ou par Williams cette année, et se serait concentré sur l’endurance, comme en 2009. On a pu voir les retours de Sakon Yamamoto, Christian Klien et Narain Karthikeyan, ce dernier étant à la base d’un joli succès populaire du Grand Prix de F1 en Inde. A noter également les débuts de Daniel Ricciardo, qui, sans HRT, aurait dû attendre comme Jean-Eric Vergne ou remplacer prématurément l’un des deux pilotes de Toro Rosso de l’an dernier, qui ne se seraient alors pas recasés chez Toyota et Pirelli. Sans compter la fin de carrière de Vitantonio Liuzzi et celle de Pedro de la Rosa, qui était revenu pour donner le ton de l’hispanisation de l’équipe, tout comme le déménagement à Madrid dont Kolles se refusait. A raison semble-t-il.

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l’affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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