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Stefan GP 2010
© Stefan Grand Prix

F1 – Kolles, Haas et Stefan candidats pour la douzième équipe

Colin Kolles, Gene Haas et Zoran Stefanovic seraient les premiers candidats déclarés de l’appel lancé par la Fédération Internationale de l’Automobile pour mener la douzième équipe de Formule 1 dès 2015. Focus sur les candidats.

Colin Kolles pour un Dacia F1 Team ?

Candidat le plus connu de la F1, Colin Kolles, 47 ans, était dentiste avant d’établir en 2000 la structure Kodewa en F3 allemande. Cinq années plus tard, Alex Shnaider le nommait Managing Director de Jordan Grand Prix, devenant bientôt Midland F1 Team.

L’homme né sous le nom de Călin Colesnic conservait sa position dans l’équipe malgré les rachats par Spyker puis Force India, mais était débarqué fin 2008. De retour avec Kodewa, Kolles engageait des Audi R10 aux 24 heures du Mans, ainsi que des Audi A4 en DTM, avant d’être nommé team principal d’Hispania Racing. A un mois du début de saison, avec des moyens très limités et une situation critique, les hommes de Kolles parvenaient à éviter la déconfiture totale pendant deux ans mais partait de l’équipe après son rachat par Thesan Capital. Depuis, Kolles a mené le projet Lotus-Kodewa LMP2 en FIA WEC, avec le soutien du motoriste tchèque Praga. Une mission marquée par des problèmes contractuels avec ADESSA, à l’origine du châssis.

Aujourd’hui, son nom est lié à un projet roumain, mené par plusieurs compagnies nationales ayant décidé de s’associer après avoir évalué un partenariat avec une équipe déjà présente. Fournisseur plutôt que chef d’équipe, Kolles retrouverait un rôle similaire à celui occupé chez HRT, où il louait usine et personnel. Dacia a démenti être mêlé au projet.

Haas Racing Development pour venger l’échec USF1 ?

A 61 ans, Gene Haas – à ne pas confondre avec Carl Haas – est bien connu des amateurs de Nascar. Copropriétaire de l’équipe Stewart-Haas Racing, l’homme d’affaires a également confirmé avoir déposé une candidature au nom de Haas Racing Development.

A la tête de l’entreprise Haas Automotive, leader mondial des machines-outil à commande numérique, Gene Haas a créé le Haas CNC Racing en 2002, devenu Stewart-Haas Racing six ans plus tard. Accusé en parallèle d’évasion fiscale, il a toutefois développé un projet parallèle qui pourrait peser lourd dans la balance : la soufflerie Wind Shear. Conçue avec Triliad Development pour être la soufflerie la plus performante au monde, le premier client du Wind Shear n’était autre qu’une équipe de F1. Depuis juillet 2008, des équipes de Nascar, d’IndyCar, d’ALMS ont imité les écuries de F1.

L’ancien directeur de Toro Rosso, Günther Steiner, serait lié au projet grâce à son usine de composite basée non loin du Wind Shear. Haas Racing envisagerait d’utiliser un châssis Dallara la première année avant de développer sa voiture, mue par un moteur Ferrari. De bons points pour la candidature tant la FIA et Bernie Ecclestone souhaitent une équipe américaine, sans oublier les objectifs similaires du constructeur italien.

Stefan GP, cinq échecs avant le sixième ?

Homme d’affaires à la tête d’AMCO, Zoran Stefanovic a déjà tenté d’entrer en Formule 1 avec des projets souvent farfelus. Malgré ses plans, les doutes sont toujours grands sur les réelles finances de l’homme.

Son premier projet remonte à 1996. Stefanovic veut une équipe yougoslave en F1 et il recrute George Ryton, ancien directeur technique de Forti et ex-designer chez Ferrari. Toutefois, Bernie Ecclestone mettait rapidement en doute le projet, expliquant avoir entendu les déclarations de l’intéressé, mais attendant toujours de le rencontrer. Premier échec.

La deuxième tentative suivait le même sort. En 1998, Stefan GP veut racheter les Lola T97/30 pour les engager alors que les monoplaces n’ont même pas atteint les 107 % l’année précédente. Ses ambitions sont rapidement contrées, d’autant plus que le plateau possède déjà onze équipes plus deux entrées officieusement accordées à Toyota et Honda.

Dix ans plus tard, Stefan GP répond à l’appel à candidatures pour la saison 2010 mais la FIA préfère choisir Manor Grand Prix (aujourd’hui Marussia), Campos Meta (HRT), USF1 (projet avorté) et 1Malaysia (Caterham). C’est un troisième échec pour Zoran Stefanovic, mais Toyota annonce son retrait et les projets USF1 et Campos semblent au point mort. Le Serbe signe alors un accord avec Toyota pour utiliser les installations à Cologne et faire courir la TF110 développée par le constructeur nippon, qui accepte de fournir un support technique et le salaire de Kazuki Nakajima. Mike Coughlan est recruté comme directeur technique, Milos Pavlovic comme troisième pilote.

Hélas, si la FIA confirme le retrait d’USF1, avec qui Stefan a tenté de fusionner pour récupérer le billet d’entrée, elle refuse d’accepter les hommes de Stefanovic, dont les déclarations, puis les plaintes auprès de la Commission Européenne, ont agacé la FIA. L’équipe n’obtient même pas de pneus par Bridgestone pour des essais alors qu’il s’agit de son premier projet viable (ou le moins foireux, c’est selon). Quatrième échec.

Le cinquième n’est pas long à suivre. Quelques mois plus tard, il tente à nouveau sa chance lorsque d’un nouvel appel à candidatures au terme duquel personne n’est choisi pour la saison 2011. Même le projet de Stefan Technology Park, circuit à 25 kilomètres de Belgrade, ne voit pas le jour. Autant dire que les chances de Zoran Stefanovic d’arriver à ses fins semblent très maigres. Le Serbe n’a même pas renouvelé le nom de domaine stefangp.com, pourtant acheté en 2011. Aux dernières nouvelles, celui-ci voulait racheter Coloni en GP2… alors que l’Italien n’était plus engagé. Avec une telle crédibilité, quelque soit le projet 2015, celui-ci est déjà un canard boiteux.

Si Haas Racing semble avoir un bel avantage pour l’instant, les équipes intéressées avaient jusqu’au 3 janvier pour exprimer leur intérêt, mais les candidatures restent ouvertes jusqu’au 10 février. A noter que ces trois projets seraient les seuls à avoir été dévoilés publiquement. D’autres candidats peuvent donc exister, tout en préférant rester dans l’ombre.

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l’affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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