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F1 : La roulette russe ?

La Russie pourrait organiser un GP dès 2014.

Ce jeudi, après moult années de spéculations, la Russie a enfin signé pour avoir son Grand Prix. Le deal porte sur la période 2014-2020, avec option de reconduction, mais on entend déjà tout et n’importe quoi sur le circuit. Essayons d’y voir plus clair.

Les précédentes tentatives d’amener la F1 en Russie avaient été des échecs cuisants. On se rappelle notamment du Moscow Raceway qui avait échoué en 2002. C’est finalement sur un autre poumon économique du pays que le GP va avoir lieu, le poumon touristique. Du moins, ce que l’on essaie de nous vendre comme touristique. Sochi, ou Sotchi -c’est selon-, sera également la ville qui accueillera les Jeux Olympiques d’Hiver en 2014. On notera au passage la belle coïncidence de la F1 avec les JO, comme on avait pu le supposer avec Montréal et Barcelone il y a quelques décennies.

Néanmoins, Sochi a également un héritage historique assez lourd, en tant qu’ancienne villégiature de la nomenklatura soviétique. Et afin de maximiser le potentiel de Sochi, le gouvernement russe fait tout pour réaménager la ville avec les prétextes sportifs. Quoiqu’il en soit, c’est déjà un désastre environnemental et social. Les travaux pour les JO ont du retard, et sont au rythme des constructions d’infrastructures avec tout ce que cela implique sur la population locale. D’ailleurs, les retards de travaux du parc olympique, où le tracé est supposé passer avec d’autres routes publiques, laissent supposer que le GP de Russie ne pourrait avoir lieu qu’en 2015.

On peut cependant noter que cette conjonction des constructions du parc olympique et du GP permet une meilleure logistique et coordination des forces, si les acteurs gardent en tête le tracé de la course à l’esprit. De même, le media center n’aura pas besoin d’être démonté après les JO, puisque le GP aurait lieu quelques mois plus tard. Il en va de même pour les transports, qui seront éprouvés lors des JO, et c’est tant mieux, vu tout le travail qu’il reste à abattre dans les réseaux de communications de Sochi, largement défaillants aujourd’hui.

Il y a donc du bon et du moins bon. Reste à voir l’impact sur le sport automobile russe. Non, je ne parle pas des Formula Rus ou Formula Lada, mais d’un système où les pilotes russes pourraient s’exprimer sans pour autant aller en Europe de l’Ouest, comme les Petrov, Aleshin, Lukasevich, Nebilitsky, Afanasiev et Samarin. Et c’est d’ailleurs Samarin qui le dit clairement, le pays devrait se charger de construire d’autres pistes avant de se lancer sur la F1. Mais la Russian Pride n’est jamais loin, et la parole de Samarin sera certainement peu prise en compte lorsque l’on entend les autorités dire que « The signing of the agreement to stage a GP in Sochi will help put a Russian team in F1 » en écho de Nikolai Fomenko, PDG de Marussia Motors (sponsor de Virgin cette année), qui avait dit le mois dernier que sa compagnie pourrait courir en F1 dès 2012. Outre l’erreur de casting sur l’année, où 2013 serait plus judicieux, on notera que l’intention est là. Et qu’en Russie, les intentions de porter haut les couleurs nationales sont grassement soutenues par l’oligarchie et le pouvoir.

Maintenant, il ne reste plus qu’à attendre de voir le résultat. Ce qui n’est pas toujours garanti dans les nouvelles destinations. Mais dans tous les cas, la Russie mérite un GP sur son sol vu son rôle dans l’automobile. Connoté ou non.

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l'affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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