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F1 – Quelle mouche a piqué Red Bull et Mercedes à Sepang ?

F1 - GRAND PRIX OF MALAYSIA 2013

Il est rare de voir des consignes d’équipe en début de saison, encore moins dans les deux équipes en tête du classement. Hors, lors du Grand Prix de Malaisie, les pilotes Red Bull et Mercedes auraient bien voulu se passer de directives.

Il ne s’agissait pas de consignes d’équipe du type Autriche 2002, l’ordre de s’effacer au profit de son coéquipier de manière plus qu’anticipée. Là, le décor de Sepang a poussé les équipes à faire profil bas, à économiser les monoplaces en vue de la fin de saison d’abord, puis de ramener un résultat à la maison. En début de saison, peu importe qui est devant l’autre, si les deux pilotes ne peuvent pas signer un meilleur résultat.

Chez Mercedes, Nico Rosberg se trouvait plus rapide que Lewis Hamilton et voulait le doubler, en fin de course. Une passe d’armes a eu lieu, mais le Britannique a repris la 3e place du podium. Ensuite, Rosberg a demandé à son équipe de le laisser passer. Ce à quoi Ross Brawn a répondu par la négative, d’un ton froid, quasiment dictatorial et qui rappelait clairement une époque que les fans avaient tant décrié.

Lewis Hamilton tentait certainement de rallier l’arrivée à un rythme réduit : pas de voiture de sécurité en Malaisie, et pas de pluie pendant la course ? Vous plaisantez, cela ne peut pas arriver ! Sauf que si. Et sur le podium, le nouveau venu chez les gris n’en menait pas large, comme s’il n’était pas d’accord avec l’ordre de son équipe de geler les positions. Rosberg a obéi et attend qu’on lui rende la pareille la prochaine fois. Affaire à suivre, mais la crise est globalement maîtrisée.

Red Bull vivait un scénario tout à fait différent. La sagesse de Mark Webber contre la fougue insolente du triple-champion Sebastian Vettel ont encore fait des étincelles. Vettel a désobéi à l’ordre de son équipe d’économiser sa monture, à l’inverse du leader Webber, poussant certainement Red Bull à revoir son code Multi 21. Leurs positions se sont décidées au moment du passage en pneus pour piste sèche. Vettel a eu l’avantage, mais en restant un tour de plus, Webber a dépassé son coéquipier de façon indirecte.

Derrière l’Australien, la première plainte publique de l’Allemand s’est fait entendre aux alentours de la mi-course, la FOM n’ayant plus qu’à tisser l’intrigue avec les communications radio. Son équipe lui a sommé d’être patient. Comme pour un enfant qui attend ses bonbons. Voyant qu’il n’en aurait pas, il a transgressé l’ordre. Vous n’avez pas tenu votre promesse ? Pourquoi le ferais-je, alors que mon rival pour le titre en 2012 a abandonné ? C’est pourtant une occasion en or…

Lorsque nous voyons un tel spectacle, les critiques peuvent fuser. Mais imaginez ne serait-ce que cinq secondes le sentiment d’être dans un sauna, mais habillé, pour citer Charles Pic. Tout cela le temps d’un week-end de Grand Prix. Vous faites l’effort de courir dans cette fournaise, parce que c’est votre métier. Votre métier, c’est aussi de battre votre coéquipier, et de tout faire pour gagner. La gestion vient souvent après, et à ce petit jeu, Fernando Alonso a déclaré forfait. Votre métier, c’est aussi de respecter les ordres de l’équipe. Mais dans la fournaise du cockpit où règne une humidité insupportable, a-t-on le droit d’être égoïste au vu de la prise de risque, à plus de 300 à l’heure ? On peut au moins négocier avec l’équipe, ça ne coûte rien !

Que la manœuvre vous ait plu ou non, elle fait partie du spectacle que les équipes et les pilotes nous offrent chaque Grand Prix. Parfois, ça dérape. Ensuite, ça fait parler. Puis on oublie, on rappelle cela comme une anecdote lointaine. C’était de toute façon un moment marquant, qui prouve que les pilotes ne sont pas aussi lisses que ce que la communication corporate veut bien montrer. Un scénario auquel personne ne s’attendait, et pour lequel la morale de l’histoire n’est qu’une anecdote.

L’histoire continue en tous cas en Chine le week-end du 14 avril. Les esprits auront le temps de s’apaiser d’ici là et les équipes règleront cela en interne. Avant la prochaine crise.

À propos Juliette Follin

Juliette vous apporte les actualités, interviews et résumés de meetings de course sur un plateau, quelle que soit la discipline. En parallèle, elle supervise l'aspect technique et graphique sur le site et les réseaux sociaux.

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