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Marlon Stockinger GP3 2012 Monaco
© Daniel Kalisz / GP3 Media Service

Faut-il blâmer la communication en sport automobile ?

Le virage technologique et culturel impulsé par le web collaboratif a amené les équipes, pilotes et plus généralement toute personne impliquée dans le sport automobile à tirer parti des réseaux sociaux. La pratique est d’ailleurs répandue dans de nombreux autres domaines. Non authentique, trompeur, le contenu est parfois jugé trop corporate, parfois trop taillé par les services de communication. Et si ce n’était pas aussi grave que cela ?

Les possibilités pour les acteurs du sport automobile

Evidemment, la sollicitation des acteurs du sport est toujours plus grande, et ce de toutes parts. Chacun veut connaître les discours, même les plus brefs, des principaux acteurs. Parfois, il est vrai, il n’y a pas grand-chose de neuf. Mais dans d’autres cas, un message peut être passé, alors qu’on ne s’y attendait pas.

Fernando Alonso a récemment évoqué, pour ne citer que cet exemple, l’évolution du comportement des très jeunes pilotes en karting, plus fougueux et plus agressifs les uns envers les autres. Les plus hautes instances du sport automobile doivent en effet s’y pencher – et elles le font déjà en certains points, car la tendance peut se déplacer de discipline en discipline, voire banaliser certains types de comportements qui témoignent d’un oubli du danger, qui demeure quant à lui toujours réel.

Plus de proximité, plus d’intérêt ?

Joe Saward a récemment publié un article très intéressant, qu’il complète d’ailleurs ici, concernant le spectacle que vous obtenez en achetant un billet trois jours sur un Grand Prix, expliquant que les prix ne vous apportent pas forcément des conditions et un spectacle à la hauteur de l’investissement, mais que cela ne vient pas seulement du critère financier pour le spectateur.

Le problème souligné par le journaliste est le suivant : les circuits doivent augmenter le prix des tickets, car le prix de l’organisation d’un Grand Prix est de plus en plus coûteux, et les circuits ne peuvent pas réutiliser les bénéfices acquis pour offrir des prestations de meilleure qualité pour les supporters qui se rendent sur place. Et Joe Saward de prendre l’exemple du NASCAR, où toutes les parties s’accordent pour offrir le meilleur spectacle – organisation, équipes, circuits. L’organisation conserve des prix pour l’organisation d’un événement et partage les recettes de la diffusion, afin de permettre aux circuits d’investir au service des supporters. Au lieu d’un monopole, il est l’intérêt de tous d’offrir une meilleure prestation.

Le lien avec la promotion du sport

Ce supplément de spectacle n’est pas directement lié à l’usage des nouvelles technologies pour communiquer, mais la philosophie est en adéquation avec l’appel pour plus d’accessibilité, de disponibilité. Il est en effet indispensable de réaliser la promotion du sport, plutôt que de le rendre exclusif, voire élitiste. Et pour cela, tous les moyens sont bons. McLaren vient d’ailleurs de lancer une série animée, Tooned, où les deux pilotes réalisent eux-mêmes les voix, avec talent et humour.

La cible visée est assez jeune, même si ce programme n’est pas exclusivement adressé à cette cible. Néanmoins, si vous parlez avec les personnes qui se sont éprises pour le sport automobile, bien souvent l’origine de leur passion provient de leur enfance, souvent car leurs parents leur ont transmis le « virus ». Et aujourd’hui, il faut contre-attaquer, car l’idée d’un sport polluant et inutile est plutôt répandue alors que l’innovation, les recherches effectuées se retrouvent dans les voitures de série – il suffit de mentionner le KERS pour s’en convaincre !

En résumé

Comme partout, il y a matière à innover et à amener de la nouveauté – et le sport automobile joue plutôt bien dans cette cour. Aujourd’hui, le spectacle rime souvent avec les pneus Pirelli qui se dégradent. Toutes les catégories monoplaces ne sont pas équipées de ces pneumatiques et n’intègrent pas forcément de telles règles. Ces gommes ont été apportées afin d’aider les pilotes à dépasser, mais l’effet pervers qui s’est vite installé, c’est l’impression d’un caractère artificiel des manœuvres et le manque d’authenticité qui en a résulté. En communication, le vice est le même : le manque d’authenticité. Aujourd’hui, également, les formules de promotion sont nombreuses et bien plus accessibles pour les supporters. Les embouteillages sont bien moins conséquents pour ces mêmes formules de promotion.

La Formule 1 ne peut plus se permettre de risquer, à l’heure où beaucoup de formules de promotion lancent des diffusions des courses en direct sur leur site internet, et ce gratuitement, de perdre en popularité au profit de ces formules qui, pour autant, sont loin d’être inintéressantes. Il y a des pistes à examiner, et malgré les quelques points faibles énumérés, la discipline sait se réinventer, elle l’a d’ailleurs déjà fait lorsque le sport est devenu un événement télévisé dans le monde entier.

À propos Juliette Follin

Juliette vous apporte les actualités, interviews et résumés de meetings de course sur un plateau, quelle que soit la discipline. En parallèle, elle supervise l’aspect technique et graphique sur le site et les réseaux sociaux.

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