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Faut-il croire en Coca-Cola chez McLaren ?

Hector Hurst Formule 2 2012 Spa

La semaine a été animée par les récentes rumeurs sur le sponsoring-titre de McLaren. D’après ces bruits, Vodafone reconsidèrerait toutes ses opérations de sponsoring sportif suite à la crise. Si aucune décision n’a encore été prise, McLaren serait déjà en prospection pour trouver un remplaçant à l’opérateur de téléphonie. D’après Christian Sylt et Caroline Reid, Coca-Cola serait « un remplaçant idéal ». Une étude de livrée rouge et blanche aurait même été faite sur le style des anciennes livrées McLaren-Marlboro, ce qui représenterait l’occasion l’idéale pour Woking de quitter la couleur chromée, vestige de la présence de Mercedes au capital de McLaren.

Dès lors, les rumeurs se sont accumulées se basant sur le postulat que l’américain se sentirait menacé par Red Bull. Un postulat plausible mais qui n’explique pas tout. D’une part car le groupe Red Bull dispose de moins de produits et marques que le groupe Coca, d’autre part car se calquer la stratégie d’un concurrent n’est pas le meilleur moyen de défense de parts.

Parmi les rares voix à contester cette rumeur, Joe Saward, qui a indiqué que la tendance dans le paddock allait plutôt vers une montée en puissance de l’investissement de Lucozade, visible actuellement sur l’aileron arrière de la monoplace britannique. Le journaliste ayant connu des attaques de Chrisitan Sylt l’hiver dernier, il serait aisé de faire un raccourci. Toutefois, ses indications vont dans le bon sens quand on essaye d’y voir plus clair.

La tendance des équipes à décrocher des sponsors-titres n’est pas des plus prospères. Lorsque des équipes les décrochent, ceux-ci ne font pas flamber le chèque. Telmex n’est pas vraiment sponsor-titre de Sauber, Enstone doit jongler avec Lotus, Marussia se base sur un naming de Virgin, ou plutôt Manor, tandis que Williams repose sur l’apport de ses pilotes et Caterham celui de son patron. Certes, rien n’est impossible en ce bas-monde mais il y a plus de raisons de penser que le nouveau mécène ne soit plus si nouveau.

Il est ainsi étonnant de miser sur Coca-Cola alors que GlaxoSmithKline est déjà présent en McLaren à travers Lucozade qui en plus de s’exposer sur l’arrière de la MP4/27, soutient également plus ou moins visiblement les jeunes pilotes qui gravitent autour de McLaren. Si cela n’est pas visible pour Kevin Magnussen, cela l’est plus pour Hector Hurst en F2 ou Nyck de Vries en FR2.0.

Malgré un investissement modeste pour l’heure, Lucozade a les moyens d’aligner l’argent pour devenir sponsor-titre. Le groupe GSK est l’un des acteurs majeurs de l’industrie pharmaceutique mondiale, emploie près de 100 000 employés dans une centaine de pays, génère des milliards de chiffre d’affaires et de bénéfices, et est côté en bourse tant au Footsie (la Bourse de Londres) qu’au New York Stock Exchange. Loin d’être un petit joueur.

Le principal souci d’un sponsoring de ce groupe est plus délicat à aborder. Lucozade est vendu sur un marché restreint au niveau mondial. Cependant, à travers le groupe GSK, il y aurait moyen d’utiliser d’autres marques du groupe pour s’adapter aux marchés des Grands Prix. On peut ainsi penser à des Aquafresh, Biotene, Nicorette, NiQuitin, Sensodyne ou encore Ventoline, même si nous abordons quelques marques dont le sponsoring serait assez douteux. Le groupe en lui-même pourrait être parrain, ce qui permettrait un retour du orange sur les McLaren, qui retrouveraient leurs teintes historiques.

Il a également été indiqué que les responsables marketing de Coca-Cola auraient commandé une étude sur les retombées des différentes implications en F1 avec un focus sur des boissons, à savoir Red Bull qui possède une équipe, Monster impliqué avec Mercedes, TNT de même chez Ferrari et donc Lucozade, déjà chez McLaren. Un détail intéressant, car Coca-Cola n’est pas directement concurrent des boissons citées, hormis le Red Bull Cola qui s’affiche de temps en temps sur les monoplaces de Red Bull et de Toro Rosso. Mais au sein du groupe Coca-Cola, on en trouve des concurrents directs : Burn, Lift+, Powerade, Play et Full Throttle. Evaluation pour l’une de ces marques ou pour Coca au général ?

Cela reste à voir, car Coca-Cola est déjà impliqué à un niveau différent dans le monde de la Nascar, à travers le Coca-Cola 600. Un parrainage de course ici, car la marque Coca est proche de la saturation d’exposition marketing. A moins que le groupe ne souhaite profiter de l’envie de Bernie d’implanter en force la F1 sur le circuit américain.

La seule chose certaine pour le moment dans toute cette histoire est que, pour l’heure, Vodafone n’a pas tranché et que la suite ne dépend que de cet acteur.

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l'affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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