Accueil / F1 / Circuits / Grosjean peut-il améliorer son comportement en piste ?

Grosjean peut-il améliorer son comportement en piste ?

F1 - BAHRAIN GRAND PRIX 2012

Un ban d’un Grand Prix, telle était la sanction de Romain Grosjean à Monza. Sa peine effectuée, il revient en piste ce week-end, à Singapour. Autrement dit, un circuit délicat sur le point des accidents : la fatigue, le circuit, la chaleur, la nuit – tous ces facteurs jouent là-bas, et font du circuit l’un des plus éprouvants de toute la saison.

Un parallèle entre Romain Grosjean et la mentalité GP2 a été fait durant la période où le Français a été interdit de piloter sa Lotus. Intéressant, puisque le GP2 arrive pour la première fois à Singapour. Il sera intéressant de juger sur pièces du comportement en piste de Romain Grosjean d’un côté, des pilotes GP2 de l’autre. Mais réduire ces choses à la « mentalité GP2 » est globalement réducteur et démontre que le problème du GP2, dans ce cas précis, est sa médiatisation accrue. Une personne lambda aura-t-elle plus facilement accès à une course de GP2 ou de Formule 3 ou Formule 2, pour donner des exemples totalement au hasard ? Une analyse plus rigoureuse permettrait d’inclure les formules de promotion, et de déboucher sur, par exemple, les problèmes liés à la limitation des tests en Formule 1 à l’heure actuelle.

Mais le sujet n’est ni le GP2, ni Singapour, même s’il est bon de rappeler que Grosjean s’y était qualifié 18e et n’avait pas terminé la course, pour se donner un ordre d’idée. Le fait est que si Grosjean a gardé sa fougue qui lui a valu quelques ennuis tout au long de sa carrière, la démarche de revenir en GP2 et repartir de zéro pour prouver ce qu’il vaut parle pour lui. En somme, il a eu le mental nécessaire pour prouver ses capacités alors même que son passage en Formule 1 était délicat, et que dans de telles circonstances, obtenir un second ticket n’est pas aisé.

En somme, donc, Romain Grosjean peut analyser ce qui n’a pas marché et corriger ses bévues. Mais il n’est pas certain que les effets soient immédiats. Dans une interview accordée à AutoHebdo, sur ses sept incidents au départ, il ne se déclare fautif que dans deux d’entre eux. Même si cela peut être jugé de la sorte, un pilote banni une course peut-il réellement affirmer n’être fautif que dans moins de 30% des cas ?

La question reste ouverte, et si la réponse est négative, alors cette affirmation est le signe non pas d’un déni – ce qui serait absurde – mais plutôt d’une prise de conscience qui prend du temps. Pour corriger ses erreurs, une personne doit passer par un processus d’acceptation de celles-ci. Cela passe par l’identification et la reconnaissance de son tort, la capacité à analyser la situation avec la tête froide et l’effort d’aller de l’avant concrétisé en pratique. Autant dire que cela ne se fait pas en un clin d’œil, et que pour un pilote de Formule 1, qui subit une multitude de pression dans un monde très fermé et très concurrentiel, la tâche est encore plus compliquée !

Toujours est-il que sans ces incidents, la plupart au départ, la saison de Romain Grosjean aurait été parfaite. Les podiums décrochés et les rêves de victoire touchés du bout des doigts se font vite oublier lorsque vous êtes montré du doigt. Je dois le reconnaître, j’étais sceptique vis-à-vis de la titularisation de Romain Grosjean, car sceptique en général par rapport aux deuxièmes chances. Mais force est de constater que j’ai toujours considéré cette démarche de retour en arrière du pilote Lotus mature, ce qui a fait définitivement marquer des points au Français sur ce point précis. Il est bien sûr trop tôt pour se prononcer par rapport à la disparition des bévues de Grosjean. Ce qui est sûr, c’est que le Français n’a pas le choix. Dans ce milieu concurrentiel, vous pouvez être très vite remplacé. D’autres pilotes (français) sont là, sur le qui-vive, prêt à bondir à la moindre défaillance.

À propos Juliette Follin

Juliette vous apporte les actualités, interviews et résumés de meetings de course sur un plateau, quelle que soit la discipline. En parallèle, elle supervise l'aspect technique et graphique sur le site et les réseaux sociaux.

Un commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

Motor Racing League plugin by Ian Haycox