Accueil / F1 / Business / HRT, ou l’application du système Kolles ?

HRT, ou l’application du système Kolles ?

Colin Kolles et HRT

Le toujours bien informé Joe Saward nous apprend que des bruits insistants parlent d’un remplacement immédiat de Bruno Senna par Sakon Yamamoto. Si cela venait à se confirmer, cela démontrerait une nouvelle fois l’absence totale de pitié du système Colin Kolles.

Kolles, qui est officiellement allemand de parents roumains, a débuté comme dentiste, comme sa famille. A 33 ans, il change de vocation pour fonder son team de F3 Allemande, puis F3 Euroseries avant d’être nommé directeur des affaires courantes chez Jordan, en pleine déliquescence. On était alors en 2000. De par sa gestion visant principalement à garder les finances de l’écurie saines, au détriment des résultats, Kolles a su imposer son système à l’aide de son réseau en formules de promotion. Ses anciens pilotes, pas tous des manches mais peu de champions, étaient souvent grassement soutenus par des entreprises nationales voire plus. D’où sa promotion lorsqu’Alex Shnaider rachète Jordan pour créer Midland, et la conservation de son poste lors du rachat Midland par Spyker, puis Spyker par Force India.

Je ne vise pas ici à critiquer la gestion des affaires d’une écurie par Colin Kolles, mais plutôt à souligner certaines errances sportives. Car d’un point de vue économique, c’est bingo. Monteiro –soutenu par son gouvernement- s’en rappelle lorsque Kolles l’a opéré des dents avant le GP de Turquie 2005. Albers – soutenu par Lost Boys entre autres- avant le GP de France 2006 aussi. Mais sportivement, si les pilotes ne sont pas les plus mauvais, ce sont juste d’honnêtes participants réguliers des formules de promotions. Vijay Mallya sentira ainsi les risques sportifs à long-terme, en préférant reprendre les rênes dès l’intersaison 2008-2009.

Kolles se retrouvant sans team, il se reconcentre sur ses activités, avec une structure pour les Le Mans Series. Principalement avec des anciens pilotes ayant couru pour lui. Mais en début d’année, il est nommé directeur général de HRT lorsque Carabante rachète le projet de Campos. Dès son arrivée, Kolles impose son équipe. Ce qui n’est pas plus mal, Campos ayant pris la F1 à la légère. Il impose aussi un pilote payant, Karun Chandhok. L’autre baquet ayant été signé avec Senna il y a presque un an, Kolles ne pouvait se rétracter. Dès lors, Kolles n’aura aussi que quelques idées en tête, offrir des séances d’essais libres du vendredi à d’autres pilotes payants, afin de s’assurer une sécurité financière, mise en péril par le manque de sponsor (excepté ceux apportés par les pilotes) ainsi que du coûteux contrat que Campos avait signé avec Dallara pour le résultat famélique que l’on connait.

Ainsi, dorénavant Senna pourrait être remplacé dès demain. Certes, il n’a pas été éblouissant. Mais pouvait-il prétendre à mieux ? La chute doit être dure pour lui, qui avait failli signer avec Honda-Brawn avant le rachat par le technicien anglais. Si le deal avait été conclu, l’histoire aurait pu être tout aussi différente tant la Brawn 2009 fut à l’aise. Las, le choix de Barrichello l’avait obligé à une année de purgatoire en endurance. Malgré cela, il avait réussi à trouver un siège. Siège empoisonné somme toute. Il est évident que Bruno mérite une autre chance, car Chandhok malgré son statut de pilote payant s’est aussi révélé être un pilote qui avait des arguments en sa faveur. Voyons voir ce que fera Yamamoto en comparaison, mais l’expérience du nippon pourrait faire flop face à l’implication de l’indien.

La seule chose qui peut être bonne pour la F1 au final, c’est que ce transfert puisse assurer une pérennité financière à Hispania, sans quoi, Bruno Senna pourra vraiment maudire la Formule Un. Et le système Kolles, qui a déjà mis d’autres pilotes dotés sur la paille, paradoxe du système. Car je demeure persuadé qu’il n’est pas qu’un neveu à tonton, son passé en promotion parle pour lui, même si ce n’est pas le juge de paix ultime.

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l'affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

Motor Racing League plugin by Ian Haycox