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Juan Pablo Montoya 2004 Formule 1 Melbourne
© BMW AG

Il y a dix ans – Williams présente un morse

Le 5 janvier 2004 à Valence, le BMW Williams F1 Team est la première équipe à lever le voile sur sa nouvelle monture pour la prochaine saison de Formule 1 à venir. Sa FW26 se caractérise par un nez hors normes, aux allures de raie, ou de morse, selon les interprétations.

Après quatre années de collaboration avec BMW, les Allemands s’impatientent. Lassés de jouer les challengers malheureux, y compris lorsque l’équipe domine durant l’été 2003, ils poussent leurs homologues britanniques hors des sentiers battus pour enfin obtenir un titre. Sous la houlette de Gavin Fisher, designer en chef, l’aérodynamicienne Antonia Terzi fait le choix d’un museau court et large pour augmenter l’appui, réduire la trainée et optimiser le flux d’air en modifiant son circuit de progression le long de la voiture. La double quille est aussi validée pour la première fois par l’équipe, tout comme des pontons plus étroits.

Patrick Head, le directeur technique, admet l’effet peu esthétique mais s’estime confiant de l’efficacité d’une telle solution. Tout aussi confiants, Frank Williams se réjouit du temps disponible pour développer l’ensemble, un sentiment partagé par les pilotes, Ralf Schumacher et Juan Pablo Montoya, ce dernier ayant déjà signé son contrat avec McLaren pour la saison suivante.

Si la nouvelle machine occupe d’entrée le haut de la feuille des temps, elle rentre dans le rang au fil des séances. En Australie, pour l’ouverture de la saison, les difficultés se font plus nombreuses. Le poids sur l’avant déséquilibre la voiture et l’équipe n’arrive pas à résoudre ce problème. Aux portes du podium en Australie, Juan Pablo Montoya monte toutefois sur le podium en Malaisie puis à Saint-Marin. Rapidement, les performances stagnent. Les monoplaces sont disqualifiées pour freins non conformes au Canada, puis Montoya est à nouveau exclu aux Etats-Unis tandis que Ralf Schumacher se blesse à la suite d’un violent accident. Remplacé par Marc Gené et Antônio Pizzonia, l’équipe grappille seulement quelques points.

Après douze GP, l’équipe est quatrième du championnat, à plus de 130 points de Ferrari. Pire, BAR Honda et Renault sont devant. L’aérodynamique est alors totalement repensée pour un museau conventionnel, apparaissant au Grand Prix de Hongrie. En parallèle, aucun concurrent ne prend le pari de Williams malgré l’étude de la solution, intéressante sur le papier. Le nez traditionnel paie en fin de saison. De retour, Ralf Schumacher monte sur le podium au Japon tandis que Juan Pablo Montoya gagne son dernier GP avec l’équipe, ce qui sera la dernière victoire de l’équipe Williams avant celle signée par Pastor Maldonado au Grand Prix d’Espagne 2012.

Désignée comme responsable, Antonia Terzi est limogée et remplacée par Loïc Bigois. L’Italienne n’a pas retrouvé de place en Formule 1. Son supérieur, Gavin Fisher, tient à peine un an de plus. Juan Pablo Montoya rejoint McLaren comme prévu tandis que Ralf Schumacher préfère partir chez Toyota. L’équipe décide alors de recruter Nick Heidfeld, sur les conseils de son motoriste, et Mark Webber. Quant à BMW, le risque demandé irrite la marque. La saison suivante, elle annonce l’acquisition de Sauber dès 2006, ainsi que l’arrêt de la collaboration débutée en 2000 avec Williams.

Williams souhaitait remporter son premier titre en sept saisons, un record pour l’équipe. Elle allait finalement s’offrir une traversée du désert avec plus de sept ans sans la moindre victoire.

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l’affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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