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Jeux de duels, jeux actuels 2011

Qui s'en sortira le mieux dans les line-ups de F1 ?

Alors que l’on s’approche enfin des premiers tours officiels de roues de la saison, lançons-nous dans notre traditionnel petit état des lieux assez subjectif. Et comme d’habitude, puisque la hiérarchie parait encore assez trouble et faussée par les essais, entre bluffs et courses aux sponsors, allons-y pour un tour des duos que nous proposent les écuries. Et ceux-ci ayant peu changés (trois duos identiques entre 2009 et 2010, six/sept cet hiver), ils en demeurent tout aussi intéressants que l’an passé, pour la plupart.

Commençons par Red Bull, qui nous propose la même paire que l’an passé : Vettel vs Webber. L’an passé, nous ne nous étions pas trompés en déclarant que Vettel serait loin de faire du pâté de Webber. Cette année, le diagnostic est plus risqué. Tout dépend de l’évolution que va prendre Vettel. Va-t-il sortir de son titre grandi et plus mature, ou continuer sur la même voie qui l’a mené chaotiquement mais sûrement au titre ? Webber saura-t-il rebondir et prendre, comme ces dernières années, cette saison comme si elle était la dernière ? Quelle que soit l’issue retenue, les deux seront redoutables. Et plus encore si la Red Bull est encore en tête.

Chez McLaren, aucun changement non plus, et c’est le duo Button-Hamilton qui sera toujours aux commandes. Il semble que cette saison, la gestion des pneus Pirelli sera une donnée assez délicate. Peut-être à l’avantage de Button, dont le feeling avec les gommes n’est plus à prouver. Mais il faudra encore une fois compter avec Hamilton et sa capacité à adapter son pilotage en course ou à une monoplace peu performante. Une capacité qui le mène à l’abandon parfois, aussi. Comme l’an passé donc, nous misons sur un Lewis Hamilton devançant légèrement Jenson Button. Il reste aussi à voir comment évolue l’harmonie entre les deux britanniques. On ne sait jamais, sur un malentendu…

Le duo latin de Ferrari est lui aussi inchangé : Massa vs Alonso. Un Felipe Massa qui n’aura plus l’excuse des pneus Bridgestone pour justifier de ses creux de performances. Et qui devra sortir le grand jeu pour éviter de devenir un nouveau sous-fifre estampillé Ferrari. De son côté, Fernando Alonso aura à coeur de capitaliser sur sa personne et son charisme afin de repartir vers un troisième titre qui lui a encore échappé de peu l’an passé. Les lacunes de Massa nous paraissent cependant trop grandes pour qu’il puisse challenger Alonso. Espérons que, quoiqu’il arrive, la manière sera au rendez-vous. Même si nous n’avons rien contre les consignes d’équipes.

Du côté de Mercedes, on ressert aussi le duo 2010 : Schumacher-Rosberg. Difficile à dire. Rosberg a eu beau battre ce débutant de Schumacher, 2011 n’en reste pas moins la saison de vérité pour Rosberg. Avec un Schumacher qui, à l’instar de Massa, n’aura plus vraiment d’excuses. L’ancien devrait être motivé par la fougue du jeune, qui sera lui même transcendé par ce challenge. D’autant plus que Rosberg n’a pas caché son ressenti envers le manque d’attention des médias à son égard. Une sorte d’animosité sportive façon Contador-Armstrong ? Le tout corporatisé au maximum, et entretenu par la rigueur germanique ? A Rosberg d’enfoncer le clou cette saison s’il veut prendre cette dimension et cette épaisseur dont il manque pour l’heure.

Renault devenu Lotus Renault GP aurait dû maintenir son duo de l’est Kubica vs Petrov, mais nous savons tous ce qu’il est advenu au polonais. Heidfeld saisit donc là une opportunité unique, et d’enfin démontrer qu’il peut enfiler le costume du patron, du leader. Petrov, malgré toute l’affection que je porte au garçon, devra montrer du bon plus souvent que l’an passé. Je demeure persuadé que sa marge de progression est grande. A lui de la mettre en action, sans subir la pression. L’avenir de LRGP en dépend toujours, et bien que moqué, ce duo n’en demeure pas inintéressant, les deux hommes ayant eu des trajectoires assez particulières et pas toujours faciles, il sera curieux à observer. En espérant que des belles places viennent récompenser cette gestion qui a été quasiment irréprochable la saison passée.

Pour Williams, on associe aussi du vieux avec du frais. Barrichello vs Maldonado. Hülkenberg ayant fait les frais du cycle économique peu favorable, Maldonado le remplace. Malgré les critiques envers le riche Vénézuelien, celui-ci a toujours eu la réputation d’être rapide mais un peu trop sauvage. Je pense qu’on peut rendre un pilote rapide plus sage sans toucher à sa vitesse de pointe. Ce qui est rarement le cas chez les pilotes lents, dont tirer le maximum se révèle être un cauchemar. Néanmoins, autant nous étions enthousiastes quant aux performances d’Hülkenberg, autant nous ne voyons pas Maldonado faire jeu égal avec Barrichello. L’allemand y était arrivé dans la seconde moitié de saison l’an passé. Espérons que cette énième saison de transition pour Williams ne sonne pas comme le chant du cygne.

Les indiens de Force India se sont donc séparés d’un Liuzzi, un peu trop plaintif, pour prendre Paul di Resta. Outre l’aspect économique inavoué, un ensemble Moteur-Kers à prix réduit, le choix peut également se révéler payant sur le plan sportif. La grande question sera de savoir si di Resta se réhabituera aux courses en monoplaces en peloton. Mais son riche passé en formules de promotions m’incite à penser que oui. Pour sa part, Adrian Sutil m’a encore légèrement déçu la saison passé. Encore une fois. Certes plus régulier, mais toujours rien d’époustouflant, ni transcendant. Un potentiel est là mais… La preuve, il est encore chez Force India après avoir annoncé une énième fois vouloir changer. Je répète ce que j’ai dit l’an passé, c’est un futur-ex-jeune-pousse-prometteur-mais-trop-poussif.

Sauber a enfin quitté ce BMW qui collait à son nom. Et a conservé le fougueux et opportuniste Kobayashi. Il faudra marquer des points, et à ce jeu, l’opportuniste Kobayashi m’apparait bien placé dans ce rôle. A voir jusqu’où il peut monter, et sur ce point, je suis plus partagé. En face, c’est un Sergio Perez très motivé qui débute en F1. Si le garçon a du potentiel, il sait que son temps est compté avec Gutierrez qui pousse derrière. A lui de faire ses preuves rapidement, mais on sait que pour les débutants, ce n’est pas toujours rose. En attendant, Sauber prend le même pari qu’en 2001, avec un débutant et un homme dans sa seconde saison. Malgré les critiques, Sauber avait réalisé sa meilleure saison. Mais je reste plus mesuré cette saison, je ne vois aucun des deux comme un futur Heidfeld ou Räikkönen.

Chez Toro Rosso, ressortons notre couplet de l’an passé. Le duo ne nous inspire pas. Après nous avoir semblé légèrement meilleur qu’en GP2, Buemi a semblé stagné. Alguersuari a montré plus de signes de progression. Il doit toujours éviter de tomber dans le piège des pilotes lancés trop jeunes en F1, beaucoup s’y sont brûlé les ailes. L’an dernier, nous avons parié que le Suisse devait donc prendre un certain avantage, tendant à s’estomper en fin de saison. Nous avions raison. Et nous misons sur un Alguersuari plus performant cette saison, en espérant que Ricciardo fasse son apparition en cours de saison.

Lotus, ou 1Malaysia, conserve son duo. Trulli a semblé démotivé l’an passé. Après une saison à mener les jeunes équipes, cette saison devrait encore être frustrante à jouer les chasses patates, pas assez rapide pour rejoindre les milieux de grille mais sensiblement plus rapides que Virgin et Hispania. Espérons que ce ne sera pas la saison de trop pour le sympathique italien, dont le style devient Droopy. De son côté, Kovalainen revit dans une équipe dont il trouve sa place, contrairement à McLaren. Sa réputation en a tout autant augmenté. Le duo devrait rester homogène, avec le Finlandais sortant légèrement en tête. Son rythme en course étant meilleur que Trulli. Et en qualifications aussi, où le Finlandais a passé avec brio l’exercice face à un spécialiste.

Chez Hispania, le flou artistique est entretenu. Si Liuzzi devrait mater sans problème son revenant d’équipier, Karthikeyan, la participation en course n’est pas garantie. Néanmoins, je mettrais bien un billet sur des Hispania devançant les Virgin, une fois que le déverminage des espagnols sera fini. On ne sait jamais. Et puis, vous connaissez notre opinion sur le tout-CFD… Ce qui nous amène donc chez Marussia Virgin. Là ou Lotus s’équipe Renault et Hispania Williams au lieu d’X-Trac, Virgin ne change rien. A voir… Mais alors je demeure très sceptique. On a donc Glock vs d’Ambrosio. Glock risque de continuer de souffrir à descendre si bas, c’est toujours un beau défi qu’il s’est offert, même si je pense qu’il s’en lassera. Concernant d’Ambrosio, son niveau en GP2 est difficile à juger, Dams étant une des écuries les plus instables de la catégorie. Partons d’un point de vue pessimiste, cela évitera la déception. Et qui sait, d’Ambrosio suivra peut-être la trajectoire de Kobayashi. On ne sait jamais. Même malgré la voiture…

Mais tout ceci n’est que subjectif, bien entendu ! Premiers éléments de réponses définitives en fin de semaine !

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l’affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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