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Jeux de duels, jeux actuels

Une saison 2010 entre duels sur pistes

Alors que l’on s’approche enfin des premiers tours de roues de la saison, et de ce moment très intense où les voitures s’installant sur la grille vous font monter le rythme cardiaque au rythme des tours moteurs, je vais me lancer dans un petit état des lieux assez subjectif. Puisque la hiérarchie me parait encore assez trouble et quelque peu faussée par les essais et leurs traditionnels bluffs et courses aux sponsors, allons-y pour un tour des duos que nous proposent les écuries. Et force est d’admettre que ceux-ci sont plus qu’intéressants, pour la plupart.

Commençons par McLaren, et son Button vs Hamilton. Je ne vais pas m’en cacher, pendant longtemps, j’ai pensé que la suppression des ravitaillements serait profitable à Button. Mais c’était sans penser que l’on ne reviendrait pas sur cette stupide règle imposant un arrêt -a minima- pour changer de pneus. Bridgestone ne sachant faire parler d’eux par des gommes résistantes à un GP complet préfère cette solution. L’échec flagrant de 2005 est toujours dans l’air. Bref, retour à Woking. Le style plus économe de Jenson sera dilué par cet (ou ces) arrêt(s). De plus, Hamilton semble doté de cette capacité à adapter son pilotage à une quelconque restriction, comme tous les grands de ce sport. Ce qui fait que je pense qu’Hamilton devancera Button, mais ce dernier sera beaucoup plus proche qu’on puisse le penser. Le principal rival d’Hamilton sera son coéquipier, mais aussi lui-même. Le reste n’appartient qu’à Woking…

Chez Mercedes, on nous offre un duo Schumacher-Rosberg. Difficile à dire. Rosberg a été décevant à mes yeux l’an passé. Il avait pourtant cette Williams au diffuseur « miracle ». Et pourtant, aucun podium, même en début de saison. Cependant, il devrait en être différent cette année. L’ancien sera motivé par la fougue de l’autre, qui sera lui même transcendé par ce challenge. Une sorte d’animosité sportive façon Contador-Armstrong ? Le tout corporatisé au maximum, et entretenu par la rigueur germanique ? Comme pour McLaren, la balance pourrait pencher pour l’un ou pour l’autre sur décision hiérarchique. Mais comme j’ai du mal à voir Schumacher revenir de suite aux avants-postes, à Rosberg d’en profiter, avant qu’il ne devienne un nouveau Barrichello.

Les autrichiens de Red Bull nous proposent la même paire que l’an passé : Vettel vs Webber. Je sais que beaucoup pensent que Vettel continuera de progresser et qu’il fera du pâté de Webber. Ce dont je suis loin d’être sûr. Rappelons-nous de Webber l’an passé, où il faisait plus que jeu égal avec Vettel, avant la passe de cinq zéro point. L’australien aura encore mieux appris de son année passée, il redevient affûté physiquement et il s’approche du pic de sa carrière. De plus, si l’occasion se présente, il n’hésitera pas à lutter virilement, ce qui n’est pas pour me déplaire. Il sait qu’à son âge, les occasions de lutter en haut ne seront peut-être plus aussi nombreuses, voire ne seront plus. Webber grosse côte donc, même si je ne renierai pas le talent indéniable de Vettel, mais qui m’apparaît un poil surcôté cette année. Les deux seront en tout cas redoutables.

Après les teams A1 Germany et A1 Great Britain, euh désolé, les teams Mercedes et McLaren, voici le duo latin de Ferrari : Massa vs Alonso. Certes, Massa a progressé. Certes, il va peut-être revenir plus fort qu’avant. Mais soyons sérieux, Alonso est un des pilotes les plus complets du plateau, tandis que Massa possède toujours des lacunes plus ou moins flagrantes. Et ce n’est pas en prévoyant de les mettre sur les retardataires des nouvelles écuries que sa côte d’amour remontera. D’autant qu’après avoir essuyé certaines critiques, à commencer de celles de Räikkönen, l’espagnol sera motivé pour montrer qu’il vaut le prix de son transfert, et surtout de son contrat. A défaut de ne pas avoir le meilleur conseiller en communication, il apparaît déjà plus humble et plus motivé que jamais après ces deux saisons à végéter, qui semblent lui avoir apporter une certaine maturité. Qui ne serait pas motivé dans ces conditions ?

Pour Williams, on associe aussi du vieux avec du frais. Barrichello vs Hülkenberg. Hülkenberg a fait des miracles partout où il est passé avant. Depuis cinq ans, jamais je ne l’ai vraiment vu faillir à ses objectifs. Et en toute logique, le premier objectif cette année serait de battre Rubens. Ce dont il est largement capable. A mes yeux, la saison 2009 fut le champ du cygne pour Barrichello, et je ne crains pour lui que ce soit la saison de trop pour lui. Tout dépendra du niveau de compétitivité de la Williams, mais le pari sur l’avenir que représente Hülkenberg est plus que prometteur. Celui de l’expérience avec Barrichello me semble plus relever d’une logique de transition, histoire que le petit allemand consolide son bagage technique et sa finesse de réglages.

Renault et son duo de l’est : Kubica vs Petrov. Kubica ne devrait pas avoir de difficultés à dominer le russe. Mais Petrov a une marge de progression énorme, comme depuis le début de sa carrière -pour un garçon qui n’a pas connu le karting- il pourra être un bon challenger pour Kubica sur la deuxième partie des Grand Prix européens. De plus, sur piste humide, Petrov peut être un sérieux client, ceux qui l’ont vu à l’oeuvre en GP2 savent de quoi je parle. Le pari de Renault pour la reconstruction est à double tranchant, la stabilité technique par Kubica, la stabilité financière (et un gros pari aussi) via Petrov. Bien que moqué, ce duo n’en demeure pas inintéressant, les deux hommes ayant eu des trajectoires assez particulières, il sera curieux à observer. Et déterminant pour le futur de Renault.

Les indiens de Force India sont aussi une des trois équipes à conserver leur paire de fin 2009. Sutil, qui m’avait quelque peu déçu en 2008, ne m’a toujours pas époustouflé en 2009. Certes, il semble toujours doté d’un certain potentiel et d’une bonne régularité, et ses performances en qualifs peuvent plaider en sa faveur mais… Mais toujours rien de transcendant. La preuve, il est encore chez Force India. De son côté, Liuzzi -dont la mise à l’écart du giron Red Bull m’avait laissé un goût amer tant l’italien semblait sur le chemin croissant- a su retrouver une place, démontrant au passage qu’en 2005, Red Bull aurait peut être dû le préférer à Klien. Il a semblé aussi rapide, mais plus cyclothermiquement que Sutil. Les deux me semblent bien partis pour faire jeu égal, au rang des futurs-ex-jeunes-pousses-prometteurs-mais-trop-poussifs.

Les Toro Rosso ne m’inspirent guère, leurs pilotes non plus. Buemi m’a semblé légèrement meilleur que ce qu’il avait pu montrer en GP2. Même si je demeure persuadé qu’un Jani aurait pu faire autant. Alguersuari, lui, n’a pas eu beaucoup à démontrer, la faute aux restrictions des essais, mais pas que. Des grosses fautes auraient pu être évitées, et l’apprentissage n’est pas que la faute à tout. Alors certes, il a montré une belle pointe de vitesse en promotion, mais rien de bien transcendant. A lui d’éviter de tomber dans le piège des pilotes lancés trop jeunes en F1, beaucoup s’y sont brûlés les ailes. Tandis que Buemi aura lui plus d’assurance, mais moins d’excuses. Alguersuari devra encore apprendre certains circuits. Le suisse devrait donc prendre un certain avantage, tendant à s’estomper en fin de saison.

Lotus, et son retour, avec son duo d’anciens. Trulli devrait être devant en qualifs, même si les deux sont rapides dans cet exercice à vide. Cependant, les deux semblaient tout aussi s’écrouler en course, avec des rythmes frôlant parfois celui d’une voiturette dans une course de kart. Kovalainen devrait moins pâtir de l’ambiance morose de McLaren, tout en cherchant à se refaire une réputation (Fisichella revival ?), Trulli quant à lui retrouve son Mike-le-pitbull-Gascoyne, dont leur complicité ne semble plus à établir. De plus, l’Italien doit être motivé à l’idée de retrouver une ambiance qu’il a connu peu après ses débuts avec Prost. Cela devrait donner un bon duo homogène, avec le finlandais sortant légèrement en tête. Il me semble moins lent en course. Après, il ne faudra surtout pas râter les occasions de scorer, celles-ci risquant d’être faible.

Campos Meta 1 morte-née, Hispania te voilà. Pas beaucoup d’espagnols pour une équipe espagnole d’ailleurs, qui d’autant plus commande son châssis chez Dallara, des Italiens ! Chandhok n’a pas montré grand chose avant, mais il est là. Peut-être qu’au final, tout cela n’est pas forcément démérité. Après tout, il avait bien fait des essais chez Red Bull il y a un peu plus d’un an. Et comme je ne pense pas que Red Bull soit si nécessiteux de sous… Mais bon, en face, c’est Senna. Le Senna tant bridé par sa famille, et volé par le départ d’Honda l’an passé… Il a montré de belles choses, assez vite, avec une maturité très rapide au volant. De plus, sa trajectoire, jusqu’à fin 2008, a été plus que rapide. De belles promesses qu’il faudra tenir, et face à l’indien, il ne devrait pas décevoir. Quoique, regardez ce qu’on pouvait dire de Kobayashi…

En parlant du nippon, abordons ce team au nom rocambolesque. BMW Sauber Ferrari. Que ne ferait-on pas pour garder ces pauvres sous de la FOM ! Bon, le casting des pilotes est aussi surprenant. de la Rosa vs Kobayashi. Je pensais que de la Rosa en avait fini, que la Hongrie 2006 était le point d’orgue de sa carrière. Et bien non, cela n’a pas suffi. L’essayeur décide de s’essayer à la course, grand bien lui plaise… Du plaisir, c’est Kobayashi qui devrait en prendre ! Peut-être moins fin techniquement mais diablement plus fougueux. Finalement, une paire qui n’apparait déséquilibrée qu’en termes d’âge. Pour le reste, il faudra marquer des points, et à ce jeu, l’opportuniste Kobayashi m’apparait bien placé dans ce rôle.

Et enfin, chez Manor-Virgin-Wirth-Marussia-Cosworth, on s’y perd. On a déjà même perdu la soufflerie. Rappelons-nous, le dernier essai d’une F1 sans soufflerie, les Lola-Mastercard-Ford de 1997, à 11 secondes du poleman Villeneuve, à cinq du dernier qualifié. Je ne suis pas contre le progrès, mais il faudra songer à dire à Nick Wirth -déjà sombreusement connu pour avoir pondu Simtek…- que si la CFD et l’étude des fluides fonctionnent sur les protos d’ALMS, cela tient peut-être au fait que les fluides d’une monoplace carrénée sont beaucoup moins complexes que sur… hmm, une F1 par exemple ? Bah oui, si McLaren et Renault -entre autres- utilisent Flubber, c’est pour le style, c’est bien connu ! Bref, je m’égare, et il faudra peut-être beaucoup de temps avec la technique pour que cela fonctionne, question d’anticipation trop précoce probablement. Donc Glock vs di Grassi. Ah, je croyais que l’on parlait sérieusement… Voyons, même si Glock va peut-être souffrir de descendre si bas, c’est un beau défi qu’il s’offre, et rien que pour cela, Glock mériterait d’avoir une voiture performante. Sinon, la VR-01 sera son premier corbillard. Pour di Grassi… Bien. Un garçon ayant en GP2 plus d’une paire d’années une voiture à la mesure de remporter le titre, sans jamais y parvenir -même avant le GP2 remarquez!-, cela tient de la pathologie chronique ou de la mauvaise volonté. Etrangement, je penche pour la première option. Glock va s’en sortir, tandis que je crains pour la viabilité de di Grassi.

Mais tout ceci n’est que subjectif, bien entendu ! Premiers éléments de réponses quelques heures après la troisième nuit de sommeil qu’il nous reste avant d’allumer nos mirettes.

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l’affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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