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Jeux de duels, jeux actuels – Edition 2012

Troisième édition des jeux de duels, jeux actuels !

Pour la troisième saison consécutive, confrontons-nous à ce traditionnel état des lieux subjectif, à quelques jours des premiers tours officiels de roues de la saison. Et comme à l’accoutumée, la hiérarchie n’est pas encore claire entre divers bluffs et courses aux sponsors durant les essais. Allons-y pour une revue des différents duos que nous proposent les écuries. D’autant plus qu’après un certain immobilisme l’an passé, seules cinq équipes sur les douze du championnat ont prolongé leurs duos une année de plus.

Commençons par Red Bull, qui renouvelle pour une quatrième saison sa paire Vettel-Webber. Après deux saisons où les deux hommes faisaient grosso modo jeu égal, le premier titre de Sebastian Vettel l’a libéré vers un second conquis sans trop de difficultés. Webber n’a d’ailleurs obtenu sa seule victoire que grâce à un cadeau de l’équipe à la dernière course de l’année 2011. La facilité nous pousserait à voir Vettel devant une fois de plus. Mais la situation n’est pas aussi simple. D’une part, l’orgueil de Webber peut avoir été mis rudement à mal. Il ne peut que rebondir vu sa saison passée, et l’Australien semble avoir la certitude de passer ses deux dernières années en F1 chez Red Bull, Helmut Marko ayant indiqué que Toro Rosso laisserait au moins plus d’une saison à la relève, comprendre le duo de cette équipe : Ricciardo ou Vergne. L’idée d’une fin tranquille prendra-t-elle l’avantage sur l’envie de performer ? A voir. Mais Vettel sera opposé une nouvelle fois à un challenge mathématique : devenir le premier primo-triple champion du monde de l’histoire. Comprenez, trois titres de suite en F1, c’est déjà arrivé. Mais remporter ses trois premiers titres d’affilée, non. La pression sera-t-elle trop grande ou l’Allemand saura-t-il la gérer comme ces deux dernières saisons ? De la réponse pourrait dépendre le scénario du championnat du monde.

Chez McLaren, aucun changement non plus, et c’est le duo Button-Hamilton qui sera présent une troisième saison côte-à-côte. Après une saison où Hamilton a pris l’avantage, c’est Button qui a pris sa revanche l’année dernière. Chacun des deux a sa spécialité, entre un panache agressif chez Hamilton et une compréhension de la course chez Button, l’un et l’autre peuvent créer la surprise à tout moment. Cependant, on constatera que la situation chez McLaren ressemble légèrement à celle de Red Bull. Hamilton sort d’une saison assez moyenne, où le très bon a côtoyé le très mauvais. De sa capacité à rebondir dépendra la tournure du duo au classement.

Le duo latin de Ferrari est lui aussi inchangé. Pour la troisième année d’affilée, Massa se confrontera à Alonso. Felipe Massa devra faire face à ce qui s’apparente comme la saison de la dernière chance après deux saisons où il n’a pas fait le poids face à Alonso. Certes, on peut mettre certains évènements à sa décharge, mais les grands pilotes ne doivent pas se satisfaire d’une telle situation. Massa montrera-t-il enfin ce qu’il a dans le ventre ou laissera-t-il Fernando Alonso capitaliser sur sa personne et son charisme afin de décrocher enfin ce troisième titre après lequel il court depuis celui de 2006 ? Quoiqu’il en soit, les lacunes de Massa nous paraissent cependant trop grandes pour qu’il puisse challenger Alonso. Espérons une fois de plus que la manière sera au rendez-vous, ce qui n’est pas toujours le cas à Maranello. D’un point de vue extérieur aux pilotes, Ferrari devra se remettre d’une saison 2011 qui n’a pas été loin d’être vierge de toute victoire. La voiture se veut agressive, reste à voir si les performances suivront.

Du côté de Mercedes, on ressert également le même duo pour la troisième saison consécutive ! Schumacher se frottera une fois de plus à Rosberg. Et départager ce duo reste toujours aussi délicat, car après une année où Rosberg a battu le « débutant » Schumacher, 2011 a vu le même résultat en beaucoup plus serré au niveau des points, malgré quelques errements en course. Le niveau des deux hommes reste encore à jauger. On regrettera néanmoins que l’équipe manque encore et toujours d’épaisseur au niveau charismatique.

Lotus a décidé de tout changer, se débarrassant de Senna et de Petrov pour prendre Räikkönen et Grosjean. Gros point d’interrogation sur les performances que peuvent apporter les deux hommes, tous deux éloignés de la F1 depuis la fin de saison 2009. Grosjean ne devrait pas mettre longtemps à être dans le rythme, après sa saison de GP2. S’il se montre moins impulsif et plus mesuré que lors de sa première expérience, Grosjean devrait pouvoir scorer régulièrement, tout comme Räikkönen s’il se remet vite de ses deux années sans F1. Il devra réapprendre la course en peloton, ainsi que la gestion du DRS en course. Néanmoins, son retour devrait être moins douloureux que celui de Schumacher, la F1 ayant moins changé entre 2009 et 2011 qu’entre 2006 et 2010. Le niveau de Lotus sera également une grosse interrogation, surtout après les essais avortés de Barcelone fin février.

Les Indiens de Sahara Force India se sont séparés d’Adrian Sutil, que l’on pouvait qualifier de pilote historique de l’équipe. Paul di Resta a réussi à convaincre pour sa première saison, et la seconde pourrait être importante pour la suite de sa carrière ; même chose pour son nouveau coéquipier, Nico Hülkenberg, ancien pilote Williams et pilote essayeur de l’écurie indienne en 2011. Les deux garçons sont doués, sans aucun doute, mais il leur faudra obtenir la constance nécessaire pour convaincre de plus gros calibres de se tourner vers eux. En attendant, c’est un duo solide qu’aligne l’équipe, même s’il manque encore d’un peu d’expérience ou de bagage technique. Il sera intéressant également de voir où se situera Hülkenberg après son année presque sabbatique face à Paul di Resta. Les deux hommes lorgnant le baquet de Schumacher chez Mercedes, la confrontation pourrait en être d’autant épicée. Espérons que Force India sera moins timide dans les confrontations en piste, l’équipe ayant tendance à recourir aux consignes pour éviter cela.

Sauber reste fidèle à son duo composé du fougueux Kobayashi et du prometteur Perez. Le Japonais a su se montrer un assez bon leader d’équipe la saison passée alors que le Mexicain a accumulé les petites fautes malgré une vitesse intéressante. La donne sera légèrement différente cette saison, avec Gutierrez qui va toquer à la porte, mais les deux hommes devraient réaliser une saison solide, si la Sauber le leur permet. L’intérêt dans l’équipe cette saison sera de voir si Sergio Perez sera capable de scorer autant, ce qui à défaut d’enterrer Kobayashi, pourrait réduire le nombre de compliments qui lui sont décernés pour le moment. Mais pour cela, il faudra que le Mexicain gâche moins d’occasions.

Chez Toro Rosso, à l’image de Lotus, le duo entier a été changé. Exit Buemi et Alguersuari qui nous semblaient trop tendres depuis 2010, place à Daniel Ricciardo et Jean-Eric Vergne. Les deux hommes ont eu un parcours similaire en formules de promotion, avec notamment le titre en British F3 et la perte du championnat dans la dernière course de Formule Renault 3.5. Néanmoins, là où Daniel Ricciardo avait eu comme « punition » une seconde année en 3.5, ponctuée de quelques courses en F1 avec HRT, Vergne passera directement en F1 avec Toro Rosso. Les deux hommes devraient être un peu tendres pour cette saison complète, l’année 2013 devrait être plus musclée entre eux, afin de prendre une place chez Red Bull Racing. Daniel Ricciardo devrait avoir un léger avantage en début de saison, après avoir pu connaître les Pirelli. Cet avantage pourrait néanmoins se réduire selon la courbe de progression du Français.

Pour Williams, fin de cycle pour Rubens Barrichello. Le Brésilien est remplacé par un autre, Bruno Senna. Il fera équipe avec Pastor Maldonado. Concernant le Vénézuélien, je demeure persuadé que malgré ses soutiens très gras, celui-ci a toujours eu la réputation d’être rapide mais un peu trop sauvage. Je pense qu’on peut rendre un pilote rapide plus sage sans toucher à sa vitesse de pointe. Ce qui est rarement le cas chez les pilotes lents, dont tirer le maximum se révèle être un cauchemar. Maldonado s’est montré assez rapide, mais a manqué de constance en course. Reste à voir si cela était dû à la monoplace ou au pilote, mais à la vue des performances de Barrichello, la Williams n’était pas toute nette. Concernant Bruno Senna, celui-ci bénéficie d’une nouvelle chance, charge à lui de concrétiser car s’il était difficile de juger ses performances chez HRT, ou dans un moment délicat chez Lotus Renault GP, il bénéficie enfin d’une saison complète dans un team renommé. Reste à voir si la Williams sera à la hauteur, ce qui ne semble pas gagné.

Team Lotus est devenu Caterham et son duo devait rester le même. Mais à un mois du début de la saison, Trulli a été remplacé par Petrov. Après deux saisons en chasse patate, la Caterham pourrait enfin rejoindre quelques écuries établies. Trulli, qui devenait Droopy, est parti. Las, même en qualifications, l’Italien devenait mauvais face à Kovalainen, véritable benchmark de l’équipe. Si les rumeurs de statut n°1 sont fondées, et même sans, le Finlandais ne devrait pas avoir trop de mal à battre Petrov, surtout là pour redonner un coup de frais à l’équipe, tant sportif que financier. Néanmoins, je persiste à penser que le Russe a du potentiel et il aura beaucoup à apprendre de Kovalainen, ce qui ne peut pas le desservir. Ni desservir l’équipe si Kovalainen venait à s’en aller après cette saison. Plus qu’une véritable compétition interne, l’atmosphère entre les deux hommes sera à surveiller.

Chez Hispania, le flou artistique est entretenu. Kolles est parti pour que Thesan Capital impose sa loi, mais dans le fond, pas de grands changements. C’est peut-être même pire. Narain Karthikeyan sera de retour après quelques Grand Prix en 2011. Et quoiqu’on en dise, le revenant indien, qui n’avait pas couru depuis 2005, a été loin d’être ridicule. Mieux, son Grand Prix d’Inde était même très bon, et il a titillé de très près son coéquipier Ricciardo, loin d’être une imposture en F1. A ses côtés, un autre revenant, Pedro de la Rosa, qui fait un énième retour après celui, temporaire, du dernier Grand Prix du Canada, où il avait remplacé un Sergio Perez toujours sonné après son crash à Monaco. Sans douter de son apport technique, il en sera autrement de la performance même si l’Espagnol a toujours été sous-évalué en notre sens.

Dernière des équipes ces deux dernières années, Virgin tire sa révérence un an plus tôt que prévu pour faire place à Marussia. L’équipe, bien conseillée par Pat Symonds, a décidé d’abandonner l’idée d’un modèle tout-CFD, et c’est tant mieux. Il reste à voir l’apport que peut apporter le soutien technique de McLaren. Glock va continuer de porter le poids de son choix post-Toyota en rejoignant cette équipe. Toujours un beau défi, mais l’Allemand n’hésite plus à sortir les crocs envers son équipe, et il faut admettre qu’il n’a pas toujours tort. Concernant son coéquipier, ce n’est ni di Grassi, ni d’Ambrosio. Exit les noms à particules et place à Charles Pic, fort du soutien de Total et de Lagardère Unlimited. Bizarrement, et contrairement à beaucoup d’observateurs, je pense que le choix n’est pas volé. Certes, le niveau en GP2 n’est pas des plus faciles à juger, mais la carrière de Pic est sans doute meilleure que celle de d’Ambrosio dans cette catégorie. Et un pilote qui arrive en quatre ans à remporter des courses en FR3.5 et en GP2, cela n’est pas légion. Le Français mérite une chance, même si l’équipe n’est pas la meilleure des opportunités pour lui. Charge à Pic de titiller Glock plus que ne l’ont fait ses coéquipiers en tout cas !

Mais tout ceci n’est que subjectif, bien entendu ! Premiers éléments de réponses définitives en fin de semaine !

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l'affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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