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Jeux de duels, jeux actuels – Edition 2013

Sauber F1 Team 2012 F1 Melbourne Albert Park

Pour la quatrième année, livrons-nous à notre traditionnelle revue des duos de pilotes qui nous sont proposés lors de cette saison 2013 de Formule 1.

Comme d’habitude, nous n’allons pas nous attarder sur les performances entre les équipes mais plus sur les duels internes et les défis qui s’offrent à eux, laissant de côté les éventuelles hiérarchies des essais.

De nombreux changements ont eu lieu puisque seules quatre équipes sur les onze du plateau conservent la même paire que l’an dernier, soit une de mois que l’an dernier, déjà mouvementé.

Infiniti Red Bull Racing Renault RB9 F1 2013

Red Bull

Invaincus du point de vue des titres depuis 2010, les Autrichiens de Red Bull proposent la même paire de pilotes depuis cinq saisons avec Sebastian Vettel et Mark Webber. L’Allemand est devenu le plus jeune primo-triple champion du monde de l’histoire tandis que l’Australien s’est contenté d’un nouveau rôle de figuration.

Sebastian Vettel semblant année après année s’approcher d’une maturité lui empêchant de renouer avec ses vieux démons de petites fautes et d’emballement, l’écart semble se creuser avec Mark Webber. Toutefois, l’Australien tentera un coup d’orgueil, se sachant sur la fin de carrière. Son principal défi sera surtout de parvenir à tenir le rythme de son coéquipier sur toute la saison car c’est là que Webber a fauté ses dernières années. En 2009, il faisait jeu égal avec Vettel au championnat avant cinq courses sans point. En 2010, l’enjeu du titre a pesé sur lui. En 2011, il n’a pas vraiment existé tandis qu’il s’est repris en 2012 – il ne pouvait que rebondir cependant – sans tenir la comparaison sur la longueur du championnat.

En face, Sebastian Vettel a su sortir grandi de ses titres et gérer de mieux en mieux la pression mise sur ses jeunes épaules. La facilité pousserait à penser que les ficelles sont tirées par Helmut Marko qui n’hésite pas à rappeler le rôle de numéro 2 dévoué à Webber mais renié par le pilote lui-même. De même, la relève n’est pas prête, rien n’indique si Daniel Ricciardo, Jean-Eric Vergne ou Antonio Félix da Costa arriveront l’an prochain ou après chez Red Bull Racing.

Une seule chose est sûre. Vettel sera motivé à battre un nouveau record, et rejoindre à 26 ans déjà le club des quadruples champions du monde, composé de Juan Manuel Fangio, Alain Prost et Michael Schumacher. Le tout à un âge bien plus précoce que les autres membres. En face, Mark Webber tentera de réussir l’une de ses dernières saisons, ou peut-être la dernière. Pour cela, il lui faudra compter sur une voiture qui n’est pas stratosphérique ou un grand coup d’orgueil sur l’ensemble de la saison.

L’an passé, il n’avait pas su hisser son niveau de jeu dans le money-time, cumulant mauvais départs, stratégies hasardeuses et sous-performances, rendant ses victoires à Monaco et Silverstone finalement assez ternes. Malheureusement pour le grand Australien, rien n’indique que le cru 2013 sera radicalement meilleur.

Scuderia Ferrari F138 F1 2013

Ferrari

Du côté de Maranello, Ferrari dégaine son duo latin pour une quatrième campagne. L’Espagnol Fernando Alonso sera accompagné du Brésilien Felipe Massa. Accompagné plutôt que confronté, l’analyse pourrait tenir en ce mot.

2011 avait été difficile pour la Scuderia, 2012 avait mal été engagée mais Ferrari avait su résister plus longtemps que les autres aux Red Bull grâce à une fiabilité rarement mise à défaut. On ne pourra toutefois pas s’empêcher de penser ce qu’il en aurait été si Felipe Massa avait su élever son niveau sur toute la saison et prendre des points aux concurrents, puisque pendant longtemps, Fernando Alonso a tenu la maison Maranello à bout de bras. Une année de plus, l’écart entre les deux pilotes était si grand qu’il ne pouvait pas seulement s’expliquer par l’adaptation ou non d’une monoplace faite pour les besoins de Fernando Alonso.

Pour la saison 2013, il faudra savoir si Felipe Massa va réussir à poursuivre sur sa montée en puissance aperçue par intermittence en deuxième partie d’année dernière. Une belle réaction pour se reprendre mais qui a été relativement peu utile au final. Après près de deux ans et demi où le Brésilien n’est pas parvenu à faire le poids face à l’Espagnol. Nonobstant les évènements que l’on pourrait mettre à sa décharge, incluant les consignes d’équipe, est-il encore raisonnable de croire que Felipe Massa pourra réellement inquiéter Fernando Alonso ?

Si le double champion du monde 2005 et 2006 court encore après un nouveau titre depuis plusieurs années, les lacunes de Massa semblent trop grandes pour qu’un véritable duel se produise. Sans compter un moral qui parait cyclothermique depuis Interlagos 2008 et la perte du titre dans le dernier virage de la saison. Déjà estampillé sous-fifre Ferrari, le Brésilien ne peut même plus accuser les Bridgestone ou les retardataires, en ayant parfois fait partie lui-même. Coincé dans une situation dont il est le principal coupable et la seule victime, Felipe Massa ne paraît plus vraiment en mesure d’inquiéter Fernando Alonso, hormis quelques coups d’éclats ponctuels.

McLaren Mercedes MP4-28 F1 2013

McLaren

A Woking, la page Lewis Hamilton a été tourné, le protégé de l’équipe a quitté les lieux après six saisons. En revanche, Jenson Button reste dans les lieux et sera opposé au jeune Mexicain Sergio Pérez pour une confrontation qui s’annonce assez indécise.

Sergio Pérez sort de deux saisons chez Sauber et connaitra son premier grand défi après avoir affronté Kamui Kobayashi. Sans faire injure au Japonais, le défi sera plus grand pour le Mexicain face à Jenson Button, champion du monde 2009. Du côté de Jenson Button, après une année 2010 décente à son arrivée, une saison 2011 réussie, 2012 a pris des habits de pétard mouillé, le Britannique alternant le très bon et le franchement moyen. Sans Lewis Hamilton, Button est promu officieusement numéro un de l’équipe mais en sera-t-il vraiment ainsi ?

En qualifications, Button et Pérez n’ont jamais semblé des monstres de l’exercice. En course, les deux ont montré du bon et du mauvais. Les deux pilotes peuvent autant être appliqués que brouillons, comme l’a démontré la fin de saison 2012 où Pérez cumulait les fautes et où Button s’est montré clairement en retrait dans l’équipe. Toutefois, les deux hommes ont un sens tactique faisant régulièrement la différence, Button dans des conditions changeantes, Pérez dans la gestion des Pirelli.

Parviendront-ils à associer ces points forts pour le meilleur ou pour le pire ? De la réponse dépendra la capacité de McLaren à remporter de nouvelles victoires. Button a le privilège de l’expérience, Pérez l’avantage de la fraîcheur et de ne pas avoir grand-chose à perdre à ce stade. Le duel interne risque donc de s’équilibrer au fil de la saison si le Mexicain canalise sa fougue. Mais dans tous les cas, il est difficile d’imaginer McLaren remporter un titre constructeurs qui serait le premier depuis 1998.

Lotus E21 F1 2013

Lotus

Après le grand ménage de l’an dernier, Lotus a fait le choix de la stabilité cette saison. Comme nous l’avions prévu l’an dernier, Grosjean et Räikkönen ont scoré régulièrement et sans trop de difficultés malgré deux ans hors F1 pour chacun. Et comme nous l’avions évoqué, Romain Grosjean ne s’est pas montré moins impulsif et plus mesuré que lors de sa première expérience en F1.

Pénalisée en 2010 par les difficultés de Vitaly Petrov, puis en 2011 par un pari technique trop ambitieux, Enstone a réussi à tout mettre ensemble l’an dernier grâce à un bon compromis technique et un excellent rythme d’évolutions, permettant à Kimi Räikkönen de s’imposer à Abou Dabi dès sa saison de retour. Si la monoplace est bien née, et elle le semble, les pilotes pourront rapidement chasser les podiums et éventuellement les victoires.

Le principal défi du côté de Romain Grosjean sera d’associer sa belle vitesse de pointe à une certaine régularité. Pour cela, le Franco-Suisse devra apprendre à éviter les problèmes mais aussi à ne plus paniquer au départ ou dans les premiers tours. Malheureusement pour lui, ce problème avait déjà été signalé en 2009. Sans la pression de TF1 avant les départs, Grosjean sera peut-être plus détendu.

A lui de combiner tous les aspects nécessaires à sa réussite, le garçon a tout à y gagner. Et Lotus aussi, si Eric Boullier peut se permettre d’offrir à Kimi Räikkönen un adversaire à sa hauteur. Le duel en qualifications l’an dernier a été égal mais complètement déséquilibré en termes de points. Romain Grosjean a eu un hiver pour travailler cet aspect, il faut désormais qu’il fasse mentir ses détracteurs et devienne un véritable challenge face au Finlandais.

Nico Rosberg Mercedes AMG Blackberry W04 F1 testing 2013 Jerez

Mercedes

Chez Mercedes, exit Michael Schumacher et place à Lewis Hamilton. Le changement de pilotes a aussi amené quelques changements dans la structure de l’équipe dont nous avons déjà parlé.

Après une première victoire pour Nico Rosberg et l’équipe, le pilote allemand va être confronté à son premier grand test. Depuis ses débuts chez Williams en 2006, Rosberg a eu pour coéquipiers des pilotes assez faibles. Excepté Mark Webber à ses débuts, on l’a vu ensuite affronter le revenant Alexander Wurz et le peu régulier Kazuki Nakajima avant un autre revenant Michael Schumacher. Avec l’arrivée de son ami Lewis Hamilton, la donne va changer avec un pilote sacré en 2008 et ayant montré l’étendue de son talent ces dernières années. Si Rosberg parvient à prendre le dessus sur l’ensemble de la saison, cela pourrait lui donner une nouvelle dimension et une épaisseur qui lui manque quelque peu aujourd’hui.

Du côté de Lewis Hamilton, son intégration sera intéressante dans un environnement différent de McLaren. S’il ne promet pas de miracles, il sera pertinent de voir durant la saison sa progression et à quel point celui-ci peut aider l’équipe. Un challenge immense s’offre à lui et il serait vraiment risqué de mettre Hamilton de côté pour une ou plusieurs victoires. Reste également à voir à quel niveau la Mercedes se placera afin de juger des opportunités de Lewis Hamilton dans la saison à venir. Saura-t-il revêtir les habits du sauveur d’emblée ou monter progressivement en rythme durant la saison ? Les premières indications semblent montrer qu’il sera au moins un outsider de luxe.

Après une année marquée par les abandons, incidents et un développement rapidement abandonné, Mercedes ne peut plus trop se permettre de décevoir même si les agendas sont déjà portés sur 2014. L’an dernier la victoire a enfin été au rendez-vous mais tous les autres plans ont été en retrait. Et si l’équipe attend avec hâte 2014, espérons ne pas revoir le cas BMW, qui avait tout misé pour 2009, avec échec. Puis sortie définitive. Dans tous les cas, on peut regretter le manque d’épaisseur charismatique de l’équipe.

Sauber C32 présentation 2013 Formule 1

Sauber

Après avoir échoué en 2011 à battre Force India pour la sixième place, Sauber y est parvenu en 2012 grâce à une monoplace bien née menée par Kamui Kobayashi et Sergio Perez. Pour 2013, le duo va radicalement changer avec la présence de Nico Hülkenberg et Esteban Gutiérrez.

Exit donc les spectaculaires Kobayashi et Pérez, qui mêlaient régularité et accrochages. Sauber renoue avec sa vieille pratique d’associer un jeune homme expérimenté d’à peine quelques saisons avec un débutant. Une stratégie qui avait réussi en 2001 avec Heidfeld et Räikkönen ou encore en 2011 avec Kobayashi et Pérez justement ! Ici, Nico Hülkenberg sort d’une superbe saison avec Force India où l’on a eu l’impression qu’il n’avait pas été au chômage technique durant un an en faisant jeu égal puis en prenant un léger ascendant sur Paul di Resta.

L’Allemand devrait logiquement se retrouver le pilote de pointe de l’équipe malgré l’arrivée d’Esteban Gutiérrez, Mexicain aux dents longues. Troisième des GP2 Series l’an passé et champion en GP3 en 2010, le pilote soutenu par Carlos Slim sera toutefois en pleine année d’apprentissage, n’ayant pas eu la chance de pouvoir beaucoup rouler en essais libres l’an passé. Et en GP2 Series, sa belle performance a été ternie par l’ombre de son débutant de coéquipier qui a failli prendre le dessus.

Sous la houlette de Monisha Kaltenborn, le duo tentera de faire aussi bien que les pilotes de l’an passé. Nico Hülkenberg est conscient qu’il joue gros cette saison, devant confirmer les espoirs de plus en plus nombreux placés en lui tandis qu’Esteban Gutiérrez tentera de devancer le plus possible son nouveau coéquipier afin de justifier sa place et de faire grimper sa cote un peu plus haut.

Sahara Force India VJM6 F1 2013

Force India

Les Indiens basés à Silverstone la jouent « Retour vers le futur » en conservant Paul di Resta tout en rappelant à ses côtés Adrian Sutil, qui avait pourtant été évincé à la fin de la saison 2011.

L’Allemand Adrian Sutil pouvait alors être considéré comme le pilote historique de l’équipe. En 2011, il avait conservé le dessus sur un convainquant Paul di Resta. L’Ecossais visait avec Nico Hülkenberg le baquet de Schumacher chez Mercedes donnant au duo des allures de finale de casting. Mercedes ayant finalement choisi Lewis Hamilton, cela a paru déstabiliser Paul di Resta.

L’Ecossais se retrouve désormais dans une situation périlleuse. Face à Adrian Sutil, qui a paru disposer d’un certain potentiel et d’une bonne régularité sans convertir cela en performances transcendantes, Paul di Resta ne pourra pas se permettre de finir derrière lui comme il y a deux ans. D’autant plus que Sutil, sans volant l’an passé, n’a plus rien à perdre et tentera de se distinguer pour que son retour ne soit pas temporaire. Sans compter que l’Allemand ne s’est jamais caché de vouloir voir ailleurs dans le passé.

Après une progression régulière au cours de la saison 2012, la situation de Force India est trouble cette année, la situation financière du groupe de Vijay Mallya étant chancelante. Cela a probablement convaincu Hülkenberg de rejoindre Sauber. A Sutil et di Resta toutefois de démontrer qu’ils ne déméritent pas et ne sont pas des anciens espoirs déchus.

Williams F1 2013 FW35

Williams

L’année 2012 était supposée être une année de transition pour la structure de Grove qui renouait avec des moteurs Renault et découvrait une restructuration technique en profondeur. Seul point de repère : Pastor Maldonado débutait sa deuxième saison dans la discipline.

Finalement, la saison de transition a été meilleure que prévue avec la confirmation de l’excellente vitesse de Pastor Maldonado qui s’est imposé pour la première fois en Espagne. Malheureusement pour l’équipe, de nombreux points se sont aussi envolés suite à l’amour du contact serré du Vénézuélien, qui n’a alors pas concrétisé l’écart en piste face à Bruno Senna en écart en points conséquent, le Brésilien ayant été plus régulier et un peu plus sage en piste.

Peu aidé par l’absence de 15 séances d’essais libres, Bruno Senna a été débarqué par Valtteri Bottas, l’homme qui a passé une année dans l’ombre des essais libres. Le Finlandais, champion en GP3 Series lors de la saison 2011, n’a pas pris de départ l’an passé mais a grandement amélioré son kilométrage dans une F1. Valtteri Bottas a montré une pointe de vitesse intéressante et pourrait être inquiétant pour Pastor Maldonado.

Avec deux pilotes rapides sur le papier et une transition technique achevée, Williams pourrait continuer sa remontée dans le classement. Il reste encore à voir à quel point Maldonado peut s’assagir et l’arrivée de Bottas à ses côtés revêt des allures de cadeau à double-tranchant. Soit la comparaison permet à Maldonado de se canaliser et de catalyser son énergie pour convertir les espoirs placés en lui. Soit la comparaison affolera le Vénézuélien qui multipliera les fautes. Impossible pour l’heure de pencher pour l’une des deux options.

Jean-Eric Vergne Daniel Ricciardo Scuderia Toro Rosso STR8 2013 F1

Toro Rosso

L’ancienne petite Scuderia de Faenza, petite sœur de Red Bull, conserve son duo de pilotes introduit l’an passé avec Daniel Ricciardo et Jean-Eric Vergne. Malheureusement pour eux, les deux hommes n’ont jamais semblé en mesure de rattraper les autres équipes du milieu de grille, sentiment accru par un arrêt précoce du développement.

L’an passé, le duel entre les jeunes loups a tourné à l’avantage de Daniel Ricciardo en qualifications et à celui de Jean-Eric Vergne en course, et ce en dépit des quelques courses effectuées fin 2011 par Ricciardo chez HRT. A l’arrivée, Red Bull n’a pas souhaité trancher en faveur de l’un ou l’autre, l’avantage du Français étant trop court. Les deux hommes ont connu un parcours similaire en formules de promotion, tous deux remportant un titre en British F3 et échouant de peu pour celui en Formule Renault 3.5. Comme prévu, les deux hommes étaient encore un peu tendres pour la F1 et Daniel Ricciardo n’a pas su capitaliser sur sa maigre expérience avec les Pirelli.

Avec une équipe technique revue grâce à l’arrivée de James Key, ayant permis à Sauber et d’autres équipes de se refaire une santé, Toro Rosso va connaître une année charnière avec deux pilotes cherchant à convaincre Red Bull. Sans savoir si les fantasques Helmut Marko et Franz Tost ne cèderont pas à la tentation de lancer Antonio Félix da Costa en cours d’année si l’un des deux pilotes titulaires ne montre pas assez de progrès par rapport à la saison dernière. Beaucoup d’incertitudes sur de jeunes pilotes dont le niveau semble similaire, sans savoir pour l’heure s’ils sont tous deux excellents ou dans la moyenne.

Caterham CT03 2013 F1 Team

Caterham

Beaucoup de choses ont changé chez les verts de Tony Fernandes. Après avoir échoué techniquement à rattraper les équipes du milieu de grille, le ménage a été fait puisque la structure s’est séparée d’un Heikki Kovalainen assez irréprochable et d’un Vitaly Petrov plutôt convaincant pour recruter deux pilotes en mesure d’assurer sa survie financière. Les deux hommes ont tout donné pour que l’équipe récupère la 10ème place du championnat mais n’en ont pas vraiment été remerciés, comme si les dés étaient jetés bien avant la fin de saison.

L’équipe a remplacé Heikki Kovalainen, son pilote historique, par Charles Pic, appuyé par Lagardère, le groupe familial mais aussi poussé par Renault qui l’imagine déjà en ambassadeur d’Alpine Caterham. A sa décharge, Charles Pic n’a pas démérité chez Marussia pour ses débuts et il sera intéressant de voir quelle est sa progression, aussi faible soit-elle vu la situation de Caterham et Marussia face au reste du plateau.

Dans le rôle du pilote aux valises, Vitaly Petrov s’est vu priver de baquet par Giedo van der Garde, qui a forcé son entrée grâce aux soutiens néerlandais, notamment McGregor. Si le choix reste discutable, van der Garde n’ayant jamais atteint le statut de vice-champion de Petrov en GP2 malgré plus de saisons disputées, Giedo reste un pilote vainqueur en FR3.5 et en GP2, tout comme Charles Pic l’était à ses débuts. Il mérite donc sa chance en dépit des circonstances.

L’ironie de l’histoire veut que Charles Pic et Giedo van der Garde aient déjà été coéquipiers en GP2 Series. Tous deux chez Addax, le Français avait fini la saison 2011 en 4ème place, juste devant Giedo van Garde. Trois points d’écart mais deux victoires à zéro pour Pic et cinq podiums partout. Un score proche mais à relativiser. Van der Garde effectuait sa troisième saison en GP2, dont sa deuxième chez Addax. De son côté, Pic n’en était qu’à sa deuxième campagne et sa première chez Addax. Un score à l’avantage de Français pourtant en déficit d’expérience. En 2013, les rôles seront inversés, le jeune Pic sera cette fois le plus expérimenté en F1. L’écart entre les deux hommes se creusera-t-il ?

Marussia F1 Team MR02 F1 2013 Jerez nouvelle monoplace

Marussia

Pendant longtemps, on a cru que Marussia alignerait Timo Glock et Max Chilton. Puis Timo Glock est parti de lui-même, laissant sa place à Luiz Razia, qui n’a finalement pas totalement payé son baquet, ouvrant la porte à son remplacement par Jules Bianchi.

D’un point de vue technique, l’équipe découvrait l’an passé les joies d’une monoplace conçue en soufflerie grâce à l’aide technique de McLaren. Passée près de battre Caterham dès son abandon du tout-CFD, pari manqué, l’équipe a renouvelé sa confiance en Pat Symonds pour parvenir à rentrer dans le Top 10 des constructeurs dès cette année. La monoplace parait très sobre d’un point de vue aérodynamique et dispose d’un KERS et d’un moteur Cosworth, les seuls encore en piste aujourd’hui. Malgré les bons et mauvais points de cet hiver, l’équipe a semblé pouvoir mettre en difficulté Caterham une année de plus, tant que les Verts n’auront pas leur nouveau package.

Nouveau venu grâce à la puissance financière de son père et ses résultats assez probants l’an dernier en GP2 Series, Max Chilton fera ses débuts dans une équipe qui espère capitaliser de nouveaux sponsors pour profiter de la redistribution des cartes en 2014. Probant mais pas spécialement convainquant, Chilton aurait pu briller avec Razia comme coéquipier, les deux cherchant à démontrer le bien-fondé de leur présence en F1. Au contraire, l’ancienne équipe Virgin n’a pas tergiversé pour remplacer le Brésilien par le Français Jules Bianchi.

Le membre de la Ferrari Driver Academy a manqué une place chez Force India mais rebondit chez Marussia où il pourra faire ses débuts sans trop de pression. Champion de France 2007 en Formule Renault 2.0, 3ème en Formule 3 Euro Series 2008 puis champion 2009 avant d’être 3ème en GP2 Series en 2010 et 2011 puis vice-champion en Formule Renault 3.5 l’an passé, Jules Bianchi va apprendre à fréquenter les fonds de grille. Et même si les performances en formules de promotion ne prédisposent pas de la carrière d’un pilote en F1, il serait stupide de nier que Bianchi n’est pas un grand espoir. Il sort de sa meilleure saison où il évita les erreurs stupides commises en GP2 Series tout en se montrant performant. A lui de faire bon usage de la chance qui lui est donnée en espérant pouvoir en sortir rapidement, comme Pic a pu le faire.

Dans une semaine à Melbourne, de premiers éléments de réponses viendront confirmer ou infirmer la domination de tel ou tel pilote sur son coéquipier. Vivement 2013 !

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l'affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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