Accueil / F1 / Business / Jusqu’où va le parti pris nationaliste des médias ?
Les médias sont-ils si parti-pris qu'ils en ont l'air ?

Jusqu’où va le parti pris nationaliste des médias ?

De tous temps les médias sportifs nous ont habitué à soutenir inconditionnellement, ou presque, les pilotes locaux et nationaux, à de rares exceptions. Néanmoins, pour certains pilotes, on peut émettre des réserves envers un soutien ou même développer une aversion envers ledit pilote soutenu. Qu’en est-il alors ? Doit-on sacrifier l’objectivité sur l’autel d’une émanation nationaliste ?

Le sujet peut sembler paradoxal dans une société tendant à la mondialisation, mais il est omniprésent dans tous les sports. En automobile notamment, cela n’a jamais cessé, des débuts du sport auto où l’on encourageait les voitures et bolides des artisans locaux, en passant par les années 30 et son époque hypernationaliste, allemand notamment, jusqu’à présent, s’insinuant presque comme naturel.

En France, une terre d’immigration de toutes époques, l’on s’interroge. Certains déplorent un chauvinisme à toute épreuve et l’exemple de Bourdais est là pour le démontrer. Néanmoins, on s’en offusque mais lorsque les commentateurs belges soutiennent comme un seul homme un pilote tel que d’Ambrosio, personne ne dit rien tant cela est sympathique. Le soutien sans faille doit-il alors être uniquement réservé aux petits pays ou aux faibles populations, pour favoriser l’émergence d’un héros national, d’une fierté patriotique. Je ne le pense pas, même si cela reste appréciable. Il faut se résoudre alors à l’évidence, l’esprit de clocher est toujours présent et il le sera, quelque soit le pays. Dans ce monde mondialisé, ce n’est pas la première fois où des excès « régionaux » pointent. Les gens cherchent éternellement un repère, un modèle, un homme – ou une femme- à qui ils pourront s’identifier puisqu’élevés dans la même culture. C’est à partir de cela qu’on vend du rêve au public.

Il demeure évident que même si un pilote vient à échouer dans les plus grosses séries, généralement les années d’accession restent remarquables. Des promotions obtenues à coups de volant (et/ou de budget) que le grand public ne voit pas mais dont il perçoit une accession rapide au sommet qu’il ne connaît probablement pas dans son entreprise. De même, on a vu au cours des années que l’on s’attache plus à quiconque qui partage des valeurs semblables aux siennes. D’où l’attachement du grand public.

Alors certes, on peut reprocher aux médias de trop en faire, à l’insu du pilote qui n’en demande pas tant, mais le grand public s’en moque, il analyse en résultats purs, un point c’est tout. Il veut garder un œil continuellement dessus, même s’il est au tréfonds du classement. Mais au final, cela importe-t-il ? Personne n’empêche quiconque de couper le son, s’il ne tient qu’à connaître la vérité de la piste. Et il en va mieux ainsi pour tous, les commentaires peuvent devenir un fond sonore si l’on n’y prête pas une attention excessive. D’autant que la majorité des garçons ne sont pas forcément méchants, et même, ils peuvent devenir un plaisir de conversations lorsqu’ils s’y connaissent dans l’histoire de leur sport, à l’exemple de Karun Chandhok, un pilote dont les Indiens peuvent être fiers de posséder sur le plateau actuel.

Et si finalement, l’esprit de clocher nationaliste n’était-il pas nécessaire ? Quel plaisir avait-on à suivre un sport dont le représentant national est perpétuellement dénigré ? Et quel plaisir aurait-on à discuter sports face aux ressortissants étrangers que l’on peut croiser sur le monde d’Internet ?

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l'affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

Motor Racing League plugin by Ian Haycox