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Malaisie : Fernando Alonso s’impose dans une course épique

Fernando Alonso, pilote F1 Ferrari

La première partie de la course aurait pu déboucher sur ce dénouement : Lewis Hamilton se serait imposé lors du Grand Prix de Malaisie, qui aurait pris fin après seulement neuf tours de course. La pluie était déjà présente dès le départ, mais sous forme de crachin, puis le tonnerre a scindé le ciel, causé une coupure de courant dans l’allée des stands et de la même façon une cacophonie : safety car ? drapeau rouge ? Dès le premier tour, Romain Grosjean et Michael Schumacher se battent pour la troisième place, avant de partir mutuellement en tête à queue et de sombrer dans le classement. Son coéquipier Räikkönen a eu plus de chance, en voyant une Williams partir en tête à queue devant lui. D’autant plus qu’au quatrième tour, Grosjean part à la faute et échoue dans les graviers. Des fortunes diverses, donc, durant ces premières boucles. Ceux qui sont partis avec une gomme de pneumatiques et y sont restés fidèles ont tiré leur épingle du jeu, à savoir Jean-Eric Vergne (en pneus intermédiaires), Narain Karthikeyan et Pedro de la Rosa (en pneus pluie). De fait, le classement est chamboulé et bien entendu, c’est à ce moment que le drapeau rouge sort officiellement.

Mais tout bascula à 17h01 en Malaisie, lorsque la direction de course a fixé l’horaire du second départ à 17h15 sous le régime de la voiture de sécurité. Les équipes ont été à cette occasion contraintes à chausser des pneus pluie pour ce second départ, ce qui a certainement changé beaucoup la donne par rapport aux stratégies, puisque les intermédiaires étaient alors bien plus intéressants à chausser. Au 14e tour, la course reprend (enfin !) ses droits, et à ce moment, peu s’attendaient à ce que la course prenne une telle tournure.

Commençons tout d’abord par Fernando Alonso. Le pilote Ferrari a réalisé une course exemplaire, se retrouvant en tête lors des arrêts au stand pour chausser des pneus intermédiaires pour ne plus la quitter. Il a maintenu un rythme assez rapide, même si vers la fin de course, sa position a été menacée un temps. Quant à son coéquipier Felipe Massa, il est littéralement nulle part : 15e quasiment à un tour du leader (1 minute et 39 secondes) et le compteur des pilotes Ferrari parle de lui-même : Alonso mène le championnat avec 35 points, tandis qu’avec un 0 pointé, Massa n’est même pas classé. De quoi alimenter les rumeurs du remplacement du Brésilien par le Mexicain Sergio Perez.

Justement, le second de la course est le pilote Sauber. Troisième lors du restart, il se hisse au deuxième rang après les arrêts et maintient un rythme performant, avant de tourner plus vite que le leader (0,7 à 1 seconde au tour, en règle générale) et le menacer réellement. Durant les derniers tours de course, alors qu’il est au contact, qu’il a rattrapé le retard qu’il avait dû concéder en passant en pneus secs, il sort large et est relégué à 5 secondes d’Alonso à 5 tours de la fin. Il échoue à deux secondes deux d’Alonso, une performance incroyable mais frustrante, car aujourd’hui, une grande majorité de personnes souhaitaient voir le Mexicain s’imposer. Le coéquipier de Perez, Kamui Kobayashi, s’est hissé à certains temps dans les points, même s’il est très largement resté dominé par son coéquipier. Le japonais a finalement dû renoncer au 47e tour de la course sur problème mécanique.

Derrière, Lewis Hamilton parvient à se hisser sur la troisième marche du podium. Il n’a jamais été en mesure de rattraper les deux pilotes devant lui, et n’a pas non plus été inquiété outre mesure. Il aurait certainement aimé être mieux placé mais se satisfait de cette troisième place, d’autant plus que son coéquipier se place dans les tréfonds du classement. La cause : une erreur de jugement de la part du Britannique, qui essayait de doubler la HRT de Narain Karthikeyan qui était dans le même tour, suite au second départ. Il n’y avait pas la place, pourtant Button a tenté de s’infiltrer et a payé pour sa faute. Les gommes intermédiaires chaussées lors de la deuxième partie de la course n’ont pas toujours semblé aussi performantes selon les relais, et malgré un rythme assez bon, la 14e place finale est loin d’être satisfaisante. L’équipe McLaren n’a pas non plus été exemplaire dans les stands pour les deux pilotes aujourd’hui – nul doute qu’ils tireront un trait rapidement sur cette course pour se concentrer sur le championnat et les prochaines courses.

Red Bull a également connu des fortunes diverses, même si Mark Webber a maintenu sa place sur la grille de départ en se classant quatrième. Une course solide dans laquelle l’Australien a assuré sa prestation du jour. Quant à Sebastian Vettel, même sanction que pour Jenson Button : il se rabat sur la HRT lorsqu’il lui prend un tour. En difficulté, il semble perdre patience. Néanmoins, cet incident est intervenu vers la fin de course et a entrainé une crevaison le reléguant 12e. L’abandon de Pastor Maldonado lui permettra de gagner une place, mais cela ne sera pas suffisant pour marquer des points. Ce pourrait bien être l’atout de Webber qui lui, a connu les désillusions et les situations difficiles et qui sait rebondir si nécessaire. Expérience et régularité paient à l’heure actuelle pour l’Australien.

Kimi Räikkönen se classe cinquième de la course, avec une prestation solide qui semble confirmer le retour des réflexes du Finlandais – si tant est qu’il les ait perdus. Comme à son habitude, il décroche le meilleur tour de la course en fin d’épreuve, alors qu’il lui est impossible de gagner une place dans ces dernières encablures. Néanmoins, ce n’est pas l’homme à blâmer chez Lotus F1 Team. Romain Grosjean n’aura pas pris part à la seconde partie de la course – et c’est le seul dans ce cas. Pour rappel, il a échoué dans les graviers dans le quatrième tour, et n’a pas oublié de blâmer Schumacher pour ce qui semblait être un incident de course. Le bilan est dur pour Grosjean : Räikkönen est septième au championnat avec 16 points, tandis que Grosjean n’a pas encore rallié l’arrivée cette année et, par conséquent, n’a pas de point au compteur.

Derrière Räikkönen, on trouve Bruno Senna en sixième place. Plutôt dominé par Maldonado jusqu’alors, il a réussi à le devancer à la régulière – mais le Vénézuélien a dû renoncer sur problème moteur durant les derniers kilomètres de la course. Dommage, car il était dixième et n’avait pas manqué de panache depuis le début de la saison. Williams confirme donc sa bonne forme, un bon signe pour Grove.

Les Force India de Paul di Resta et Nico Hülkenberg se classent respectivement 7e et 9e. Di Resta a su réagir pour inscrire son rythme face à Hülkenberg pour le devancer dans le duel interne de l’équipe – nul doute que l’émulation saine créée par leur collaboration va dans le bon sens. Les deux monoplaces marquent donc des points, confirmant la progression croissante de l’écurie.

En huitième place, on trouve le Français Jean-Eric Vergne. En bagarre jusqu’à la dernière seconde, il n’a pas craqué cette fois-ci et marque quatre points, ce qui le fait passer devant Daniel Ricciardo au championnat. L’Australien se classe 12e. Il semble que toute la différence se soit inscrite lors de la première partie de la course où le Français avait conservé les pneus intermédiaires, contrairement à l’Australien.

Les Mercedes inscrivent une nouvelle fois une piètre prestation, surtout lorsque l’on se souvient à quel point leur rythme en essais suscitait l’enthousiasme de certains observateurs. Nico Rosberg s’est fait doubler maintes et maintes fois et termine à une décevante 13e place. Pour Michael Schumacher, ce n’est guère mieux : il ne doit son point qu’à l’abandon tardif de Pastor Maldonado. Le point de Schumacher permet à Mercedes d’être classé en neuvième et dernière place du championnat des constructeurs. On est loin de l’espoir de l’équipe, et cela fait trois ans que cela dure.

Chez Caterham, Vitaly Petrov a mené une course sans erreur, résistant bien à Felipe Massa notamment. Il signe la seizième place tout en devançant son coéquipier Heikki Kovalainen. Avec Petrov, il semble que Kovalainen bénéficie aujourd’hui d’une véritable réponse qui permettra que le Finlandais ne s’endorme pas sur ses lauriers et retrouve une certaine motivation. Le Finlandais a rencontré quelques pépins durant la course, l’obligeant à changer son aileron avant. Malgré cela, Petrov était davantage dans le rythme et la hiérarchie du Grand Prix chez Caterham est justifiée.

Derrière Petrov, on retrouve l’Allemand Timo Glock sur la Marussia. Il devance son coéquipier, qui est pour sa part à 2 tours du leader. L’écart entre les deux pilotes reste conséquent, et le Français Pic a du travail pour le combler et s’assurer une place en Formule 1 pour plus de deux ans, comme le stipule son contrat actuel avec l’équipe russe.

Les deux HRT de Narain Karthikeyan et Pedro de la Rosa se classent aux deux dernières places de la course. Elles n’ont pourtant pas démérité, et d’ailleurs, le comportement des écuries de pointe à leur égard est quelque peu arrogant, comme l’ont démontré Jenson Button et Sebastian Vettel aujourd’hui (même si le Britannique, très sport, a reconnu ses torts !). Certains observateurs considèrent en effet que HRT gêne le reste du plateau, mais l’équipe a réussi à signer les crashs tests et se trouve dans une meilleure forme que l’année passée. Il est clair que cela n’est toujours pas satisfaisant, mais il faut toujours commencer par le commencement et les bonnes surprises existent. Néanmoins, tout le monde n’est pas de cet avis : Karthikeyan a reconnu ses torts dans les deux incidents, et a écopé d’une pénalité de 25 secondes (équivalent d’un drive through attribué après course) en conséquence.

Ainsi s’achève ce Grand Prix de Malaisie, dont le classement est disponible ci-dessous.

1. Fernando Alonso
2. Sergio Perez
3. Lewis Hamilton
4. Mark Webber
5. Kimi Räikkönen
6. Bruno Senna
7. Paul di Resta
8. Jean-Eric Vergne
9. Nico Hülkenberg
10. Michael Schumacher
11. Sebastian Vettel
12. Daniel Ricciardo
13. Nico Rosberg
14. Jenson Button
15. Felipe Massa
16. Vitaly Petrov
17. Timo Glock
18. Heikki Kovalainen
19. Pastor Maldonado
20. Charles Pic
21. Narain Karthikeyan
22. Pedro de la Rosa
Non classés :
Kamui Kobayashi
Romain Grosjean

À propos Juliette Follin

Juliette vous apporte les actualités, interviews et résumés de meetings de course sur un plateau, quelle que soit la discipline. En parallèle, elle supervise l'aspect technique et graphique sur le site et les réseaux sociaux.

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