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Non, le gouvernement ne doit pas financer le GP de France !

AUTO - WSR LE CASTELLET 2011

A quelques jours du Conseil Mondial du Sport Automobile, la France voit une brèche dans le calendrier des Grands Prix prévus pour 2013, et en faisant mine de rien, tente de s’y infiltrer. Mais ce n’est pas en quémandant l’aide du gouvernement que les résultats suivront.

Deux dossiers, peu de crédibilité

En France, un problème majeur existe : la Formule 1 n’est pas aussi populaire qu’elle pourrait l’être en Grande-Bretagne, par exemple. Et cela même malgré les divers Grands Prix de France organisés depuis l’apparition du sport. L’enthousiasme permet de réunir des millions de spectateurs sur TF1 le dimanche après-midi, certes, mais combien d’entre eux seraient prêts à faire le déplacement, dans l’état actuel des choses ? Beaucoup moins.

Par ailleurs, l’aspect historique demeure important pour la Formule 1, qui tient à conserver un socle de ces circuits, dont Silverstone en Grande-Bretagne, le Nürburgring en Allemagne, Monza en Italie ou encore Spa en Belgique. Si la France a accueilli des Grand Prix sur une multitude de pistes, aucune ne fait figure de circuit historique. Un handicap important, dans cette optique.

Non, le Grand Prix de France ne serait pas assez rentable pour fournir des garanties à un gouvernement sceptique. Mais cela provient du fait que l’approche n’est pas la bonne.

Ne prenons rien pour acquis : innovons

Comme la Formule 1 doit se réinventer pour attirer un nouveau public, la France doit faire en sorte que son Grand Prix soit un événement qui devienne incontournable. Mais sommes-nous prêts, sachant que dès qu’une initiative pointe le bout de son nez, elle est instantanément critiquée et difficilement prise au sérieux.

L’état des finances du pays est catastrophique, et de fait l’idée d’organiser un événement international (aux frais du contribuable, qui plus est !) fait peur. Une chose est sûre : si les organisateurs attendent l’aide de l’état pour financer un Grand Prix, au mieux celle-ci interviendra dans plusieurs années, mais dans ce cas elle ne pourra pas suivre longtemps. Et le scénario imaginé est déjà très loin de la réalité.

Le fait est que si nous considérons que notre héritage historique lié au sport automobile fait que nous méritions un Grand Prix, nous faisons fausse route. Il est temps d’analyser en profondeur les raisons pour lesquelles il est difficile de faire revenir la Formule 1 en France, mais notre pays n’a pas la tête à cela.

Les ingrédients de la réussite

Il faut d’abord croire. Se fixer sur un projet. Bien sûr, les défenseurs du Paul Ricard et ceux de Magny-Cours ont tous deux des arguments recevables, bien sûr, le malheur des uns ferait le bonheur des autres – mais si l’obstination ne permet pas de trancher, il faudra encore attendre bien longtemps avant de prétendre la tenue d’un Grand Prix de Formule 1 dans notre pays.

Il faut trouver le budget. A l’instar des pilotes qui courent après les budgets, il faut pouvoir attirer des investisseurs, convaincre du bien-fondé de l’organisation d’un Grand Prix. Mais pour cela, il faut un engouement populaire. Il faudrait un climat où la population serait enthousiaste, et non pas qu’elle lance une pétition pour les nuisances sonores d’entrée de jeu. Après tout, si dans les cadeaux de Noël, on trouve des circuits à monter, des petites voitures ou tout autre présent qui rappelle de près ou de loin la compétition automobile, c’est qu’il y a une marge de manœuvre, aussi infime soit-elle.

Il faut trouver un moyen d’attirer les enfants, et les jeunes de façon plus générale, vers le sport automobile. Soyons clairs, les enfants n’en ont rien à faire de la distinction entre tendres, super-tendres, médiums et durs. Le DRS et le KERS, c’est sympa sur console de jeux mais peut-être pas aux yeux d’un enfant devant son premier Grand Prix. Les puristes suivront pour la plupart les mutations du sport, car il doit se réinventer pour perdurer.

Moralité

Ce n’est pas qu’au niveau de la France que les choses doivent changer. L’Europe doit se détacher de l’histoire et comprendre qu’il ne faut pas envisager le sport dans le passé mais dans l’avenir, en ne considérant jamais rien pour acquis. Les supporters ayant pris le train en marche au XXe siècle ne sont plus à convaincre, ceux du XXIe si. Plus d’excuses : même si le climat ne semble pas favorable, il faut casser les idées reçues sur le sport et donner envie aux gens de s’y intéresser.

Le processus se révélera sûrement long, mais il est indispensable de s’y atteler dès maintenant, avec les armes dont nous disposons : les Jean-Eric Vergne, Romain Grosjean et Charles Pic sont tous trois français et le talent semble au rendez-vous, même si bien entendu, il faut être dans une équipe de pointe pour pouvoir le révéler.

Ainsi, le gouvernement ne doit pas financer ce Grand Prix, car il ne le peut simplement pas, et qu’il faut plus que du rafistolage provisoire pour témoigner d’un quelconque sérieux.

À propos Juliette Follin

Juliette vous apporte les actualités, interviews et résumés de meetings de course sur un plateau, quelle que soit la discipline. En parallèle, elle supervise l'aspect technique et graphique sur le site et les réseaux sociaux.

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