Accueil / F1 / Ecuries et pilotes / Pastor Maldonado et les Pirelli, diables de 2012 ?

Pastor Maldonado et les Pirelli, diables de 2012 ?

2012 Spanish Grand Prix - Sunday

Suite à la victoire du Vénézuélien Pastor Maldonado sur une Williams-Renault dimanche dernier, les réactions n’ont cessé de pleuvoir. Avec ces réactions, il y avait les félicitations, les excuses de ceux qui avaient admis sous-estimer le pilote et être agréablement surpris d’être pris au dépourvu. Mais il y avait également des propos plus médisants, témoignant de sentiments moins nobles mais qui valent la peine d’être analysés.

En effet, hier, les propos de Dietrich Mateschitz à propos de l’orientation de cette saison 2012 ont qualifié celle-ci de loterie. Une loterie causée par les pneumatiques Pirelli, conçus pour créer une cacophonie. Nous avons maintes et maintes fois évoqué cela, et notre avis correspondait au sien. Néanmoins, en prenant un peu de recul, il faut se rappeler que toutes les équipes sont dans le même panier. Il faut se rappeler aussi qu’après une domination de Sebastian Vettel et de Red Bull la saison dernière et de leurs performances tout aussi spectaculaires en 2010, l’écurie autrichienne a du mal à entrer dans le vif du sujet avec la même vigueur.

Néanmoins, Sebastian Vettel est en tête du championnat. En fait, les deux pilotes qui se sont distingués le mieux cette saison sont les deux double-champions du monde. La loterie en question, dans cette optique, est plus restreinte. Le règlement n’est pas idéal, c’est un fait. Néanmoins, il est ce qu’il est, et pour l’heure, les équipes doivent se débrouiller avec lui. Et Red Bull n’avait jusqu’alors pas rencontré tant de difficultés avec les pneumatiques.

D’autres ont fait valoir la victoire de Maldonado comme la victoire du moteur Renault. Il est bien entendu incontestable que l’association Williams-Renault est bien meilleure que la Williams-Cosworth. Mais Renault ne motorise pas que Williams, mais également Lotus, Red Bull et Caterham.

La démonstration suivante vous permettra de comprendre à quel point l’extrapolation de sens est complexe. Pour la saison 2012, prenons trois cas parmi les trois principaux motoristes (Renault, Ferrari, Mercedes) :

  • les positions moyennes à l’arrivée, sans compter les abandons à l’exception de ceux dus à un moteur (*) ;
  • les positions moyennes à l’arrivée en tenant compte des abandons (**) ;
  • les positions moyennes à l’arrivée, sans compter les abandons à l’exception de ceux dus par un moteur et sans compter les Caterham dans le cas où certains jugeraient qu’elles faussent l’analyse (***).

Dans le premier cas (*), la moyenne pour tous les Grand Prix place Mercedes vainqueur, juste devant Renault et Ferrari, assez loin derrière. Le second cas (**) place Mercedes en tête, puis vient Ferrari et ensuite Renault. Le troisième cas (***) place Renault largement en tête, puis suivent Mercedes et Ferrari. En gros, les trois cas différents apportent un tiercé qui n’est jamais le même.

Vous pouvez découvrir, pour chaque cas, les graphiques correspondants ci-dessous :

Graphique motoristes positions moyennes à l'arrivée

Graphique motoristes positions moyennes à l'arrivée

Graphique motoristes positions moyennes à l'arrivée

Pour chaque cas, il convient d’analyser au cas par cas ce qu’il s’est passé. Ce qui montre que la Formule 1 est toujours loin d’être une science exacte (et tant mieux !), et qu’omettre des paramètres dans une analyse fait passer les observateurs à côté de l’essentiel.

Pour l’heure, nous pouvons simplement féliciter l’écurie Williams qui est remontée de très, très loin et qui a su faire les bons choix (encadrement, moteur, financement, etc.). Nous pouvons nous réjouir que Maldonado soit un pilote payant talentueux. Nous pouvons adresser à certains détracteurs le même message que plus haut : il est certes normal de penser qu’un pilote qui passe beaucoup de temps en GP2 rend son titre acquis au bout de plusieurs années moins savoureux, et peut-être moins qualitatif. Mais c’est omettre la progression de chacun, et la façon dont Maldonado est parvenu à chasser ses imperfections et erreurs pour produire une course d’une grande qualité, sans laisser apparaître de pression. Pour la petite histoire, je me souviens de la première qualification en Q3 de Pastor Maldonado. Le journal L’Equipe, pour ce Grand Prix, avait attribué la note de 0 au Vénézuélien malgré cela… En outre, pour en revenir à 2012, Sergio Perez, qui est bien mieux coté, n’a pas su faire de même en Malaisie. Si le GP2 était représentatif à 100%, alors il n’y aurait plus de suspense et donc d’intérêts. Et même si cette saison, nous avions affirmé que le plateau était moins relevé que celui de Formule Renault 3.5, il n’empêche que certains talents commencent à éclore et à défier les lois de la science exacte – appelons-là ainsi.

À propos Juliette Follin

Juliette vous apporte les actualités, interviews et résumés de meetings de course sur un plateau, quelle que soit la discipline. En parallèle, elle supervise l'aspect technique et graphique sur le site et les réseaux sociaux.

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

Motor Racing League plugin by Ian Haycox