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Pathétique puis fantastique Canada

Circuit Gilles Villeneuve

Le GP du Canada aurait pu être un fiasco total à cause des nombreuses interventions de la voiture de sécurité, notamment au départ, et de cette interruption de plus de deux heures. Le circuit Gilles Villeneuve n’aurait peut-être pas survécu à ces péripéties. Nous ne reviendrons pas sur les voitures de sécurité, notre avis est déjà exprimé depuis octobre, lorsque nous réclamions la suppression de la safety-car. Sans compter la pénalité envers Button est risible, avec ce temps minimal et maximal sous son régime. N’y aurait-il pas moyen de brider électroniquement les véhicules via l’ECU, de façon à ne plus fausser les corses ?

Mais peu avant 16h heure de Montréal, la course – la vraie – a bel et bien débuté. Un peu d’une façon GP2, sauf que l’on aurait inversé l’ordre entre feature race et sprint race. Vettel, qui avait jusqu’alors récolté bon nombre d’avantages du fait des interruptions, n’est jamais parvenu à imposer un rythme avec les pneus slicks, ne réagissant que trop tard. D’un autre côté, Vettel est très souvent devant. Il n’a pas vraiment à agir, mais plus à réagir. Le privilège des leaders certainement, tant il peut voir venir. De ce fait, ce furent des Schumacher, Webber et Button, qui se révélèrent menaçants ! Button fut le plus rapide d’entre eux. Pas verni par les nombreux incidents qui n’incombaient pas sa responsabilité totale (ce qui fut confirmé par la décision juste de la FIA de ne pas lui retirer sa victoire), il dut réaliser une remontée ce qu’il fit avec brio grâce à une stratégie ambitieuse, comme toujours sur piste asséchante. Il ne lui suffisait plus que de remonter et de mettre la pression à Sebastian Vettel, jusqu’alors leader incontestable et incontesté du GP. Au dernier tour, l’erreur de l’Allemand se produisit, et Jenson se faufila habilement pour prendre la tête. Des cris de joie, de stupeur, de soulagement ou encore de colère se firent alors entendre un peu partout dans le monde. Au final, Vettel pouvait se permettre un écart. Il ne l’a pas fait de bon coeur, c’est certain, mais il pouvait se le permettre. Mieux vaut perdre 7 points que 25. D’autant plus qu’au final, il augmente son écart sur le second au championnat.

Un second qui est en très grande forme, Jenson semble avoir atteint un moment dans sa saison où il fait corps avec son équipe, et où les rares fois où il fit preuve d’une attaque constante et puissante deviennent davantage une coutume plutôt qu’un événement particulier. Peut-être en raison des caractères spéciaux de Monaco et de Montréal. Avec la performance qu’il affiche depuis le début de la saison, il pourrait peut-être se battre pour le championnat s’il confirme encore quelques GP son efficacité. Hamilton aussi aura sa carte à jouer, dès lors qu’il aura remis à plat ce qu’il semble lui faire péter quelques plombs. Ne lui souhaitons pas une carrière en courant alternatif à la Mansell.

Néanmoins, il faudra désormais attendre un peu pour voir si cela sera possible, et si Button peut être en mesure de sauver le spectacle en donnant une vraie réponse au prodige Vettel. D’ailleurs, au championnat, avec un barème 10-6-4-3-2-1, l’écart serait Vettel 62 – Button 29 au terme de 7 manches. Pour information, un tel écart peut être comparable à 1994, où l’écart était Schumacher 66 – Hill 29.

Maintenant, cela dépend du point de vue où l’on se place.

D’une part, on peut être optimiste en se disant que si les diffuseurs soufflés sont vraiment bannis, cela peut jouer, surtout si les blocs Renault s’effondrent en fiabilité, et aussi du fait que McLaren a toujours des ressources énormes en développement.

De l’autre côté, on peut être pessimiste du fait que les évènements de 1994 à l’encontre de Schumacher et de Button ne se reproduiront pas. De plus, Webber prendra plus de points que les coéquipiers de Schumacher à l’époque. Il ne faut pas non plus négliger le fait que les pilotes McLaren risquent de se prendre des points capitaux l’un à l’autre.

Certaines mauvaises langues diront que l’on ne peut compter que sur la FIA, façon mass damper en 2006.

Pour le reste, tirer des conclusions sur une telle course serait peu judicieux. Schumacher a mieux su profiter des conditions que Rosberg, sans que l’écart ne soit énorme. Probablement la meilleure course de Schumacher depuis son retour. Heidfeld et Petrov étaient dans le même tempo avant que l’Allemand ne paie cher sa faute sur Kobayashi. L’opportuniste russe en aura profité. Webber a dû affronter une nouvelle remontée, rien n’est avec lui cette année. Alonso et Massa se suivaient comme leurs ombres, avant que l’Espagnol ne se retrouve à cheval sur un banal fait de course. Kobayashi aura rétrogradé au fil de l’assèchement de la piste, ruinant sa bonne performance sur le mouillé, tandis que de la Rosa ne s’est pas trop mal débrouillé pour un retour express temporaire. Les Force India ont mis de l’animation, avec un di Resta devant Sutil avant que l’écossais ne soit sévèrement réprimandé par un drive-through. Derrière, Team Lotus a tenu son rang, tandis que Virgin est au même niveau qu’Hispania. Richard Branson qui nous a gratifié d’un de ses rares déplacements doit se dire que la fin du naming sur Manor est longue. Williams a l’air mieux, marquant des points une fois de plus via Barrichello, qui pourtant semble sombrer en qualifications. A noter, les deux pilotes Toro Rosso marquent des points.

Ne reste plus qu’à attendre pour voir si la hiérarchie aperçue sur le rail sec se confirmera. Ce n’est pas gagné.

À propos Juliette Follin

Juliette vous apporte les actualités, interviews et résumés de meetings de course sur un plateau, quelle que soit la discipline. En parallèle, elle supervise l'aspect technique et graphique sur le site et les réseaux sociaux.

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