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Pluie artificielle vs réchauffement de piste

Pas besoin d'artifice pour faire pleuvoir !

S’il y a bien une nouvelle qui fait la une de l’actualité F1 en ce moment, c’est la déclaration de Bernie Ecclestone. Il désire en effet créer de la pluie artificielle durant les courses pour les rendre plus excitantes.

Suite à cette déclaration, beaucoup de réactions ont émergé, à la fois en faveur et à l’encontre de l’idée. Jos Verstappen a notamment jugé l’idée « ridicule », expliquant qu’il n’y a pas de raison valable pour influencer la nature : « s’il pleut, il pleut ; quand le temps est sec, le temps est sec ». Pire encore, l’australien Cameron McConville et pilote V8 Supercar estime que « rendre [la pluie] artificielle ainsi, c’est tourner en ridicule le pinacle du sport automobile ». Un problème sportif émergerait en effet : quid de la neutralité ? Verrait-on un Bernie Ecclestone, toujours prêt à désigner un favori pour le titre, également prêt à lâcher la pluie pour favoriser un pilote ou une équipe ? Et même, qu’aurait-il d’excitant dans une pluie décidée, pour laquelle les équipes seraient alertées à la minute près et non pas via un radar météo pas toujours fiable ? En réalité, les artifices sont déjà trop présents dans le sport automobile : grilles inversées dans la plupart des formules de promotion, ou encore grilles tirées au sort pour la seconde course d’IndyCar au Texas cette année… En a-t-on besoin de plus ?

Outre les opinions de ces puristes qui aiment le sport automobile sur le plan sportif avant tout, d’autres raisons rendent l’idée de Bernie Ecclestone inexploitable. La planète entière réfléchit aux problèmes environnementaux qui font office de l’une des priorités de tout un chacun. La F1 n’est pas exclue, de nombreuses mesures ont été prises sur les plans technologiques et économiques en ce sens. Pourtant, des projets vont à l’encontre de cela, j’entends par là bien sûr cette idée de Bernie mais pas seulement.

Souvenez-vous, lorsque le Grand Prix de Bulgarie était envisagé dans le calendrier de F1 des années à venir. L’argument de vente principal du Grand Prix n’était autre qu’un projet de réchauffement de la piste en cas de pluie, afin d’obtenir une piste sèche plus rapidement ; ou bien encore si les températures sont trop froides. En d’autres termes, l’inverse total de l’idée de Bernie, mais le même problème environnemental posé.

La seule différence entre les deux projets est l’investissement technologique : réchauffer une piste implique bien plus de technologie que d’arroser purement et simplement un circuit. De toute façon, le projet du circuit en Bulgarie semble mort-né, puisque la FIA avait nié tout contrat entre le circuit et la FOM.

En bref, la F1 est un monde où la créativité est sans cesse mise à l’épreuve et où les idées fusent. Un autre aspect est à prendre en compte ici : Bernie Ecclestone aurait-il souhaité détourner l’actualité du Grand Prix de Bahreïn après l’annulation du Grand Prix aux dates initialement prévues ? Parfois, les communicants font tout ce qu’ils peuvent pour qu’on parle d’eux, que ce soit en bien ou en mal. A ce titre, Bernie lance régulièrement des commentaires choquants, destinés à produire des articles et à faire parler de la F1 alors qu’il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Et forcément, ça marche.

À propos Juliette Follin

Juliette vous apporte les actualités, interviews et résumés de meetings de course sur un plateau, quelle que soit la discipline. En parallèle, elle supervise l’aspect technique et graphique sur le site et les réseaux sociaux.

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