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Porsche, pour venger le passé ?

La Porsche Supercup s'invite dans les week-ends F1. Ici à Spa en 2009.

En annonçant lors du Mondial de l’Automobile que Porsche envisageait un retour en Formule 1, le nouveau président de Porsche, Matthias Mueller, éveille en moi ce qui serait une excellente nouvelle. Néanmoins, elle n’est pas pour autant surprenante. D’une part, le Groupe VAG tirera de moins en moins de sens d’une double implication en endurance avec Audi en P1 et Porsche en P2, d’où l’idée d’aller voir ailleurs. D’autre part, le partenariat grandissant entre Williams et Porsche, notamment autour du Kers Williams, pouvait alimenter les rumeurs.

Il deviendrait alors possible d’imaginer un retour de Porsche, en tant que motoriste auprès d’une écurie de bonne réputation. Comme Williams par exemple. Et la logique voudrait que ce retour arrive en 2013, lors de la profonde mutation technique de la Formule 1. Cela laisserait le temps de se préparer et de s’adapter, afin d’éviter le fiasco de 1991. Car si Porsche a presque tout réussi dans le sport automobile, les Allemands n’ont pas su partir la tête haute en F1 et IndyCar. Jetons un coup d’oeil au passé.

Une quantité phénoménale de succès en sport automobile de tous genres a participé de la mythification de Porsche. A peine quelques semaines après la sortie de la première Porsche, une version spider est engagée en course. Les victoires en rallye ne tarderont pas. Puis en 1957, Porsche construit une F1 et une F2 pour des GP hors-championnat. En 1958, un autre modèle de F1 est engagé pour certaines courses du championnat tandis que la F2 remporte ses premières courses. Les années se suivent, les one-shot et bons résultats arrivent. Puis en 1961, l’écurie Porsche décide de s’engager à plein temps en F1. Une première saison qui ira crescendo grâce à Dan Gurney, permettant à Porsche de monter sur les podiums. L’année suivante, l’Américain remportera le GP de France, l’unique victoire de Porsche comme constructeur puisqu’il se retirera en fin d’une saison assez décevante. Les privés continueront, mais Porsche a su anticiper l’effet néfaste des changements de règlementation sur ses voitures.

Ensuite, Porsche se tourne vers le rallye avec la 911, mais aussi en prototypes. Le palmarès qui en résultera sera imposant. On peut citer pêle-mêle : titres mondiaux consécutifs, séries de victoires au Mans, championnat Can-Am, Dakar… Porsche reviendra en 1983 comme motoriste de McLaren. Avec l’appui de TAG (vous savez, Ojjeh), les McLaren vont dominer la F1 de 1984 à 1987. 25 victoires, trois titres pilotes, deux titres constructeurs. Partant ensuite, Porsche tente un retour en 1991, après des résultats décevants, quoique corrects, en IndyCar. Mais le moteur est une catastrophe, l’époque du turbo révolue. Le V12 allemand pèse trop lourd, et Footwork préfèrera revenir à une motorisation Ford Cosworth tant les non-qualifications se succédaient. Une honte dont Porsche cherchera à se relever au Mans, avec succès. Mais plus en F1. Du moins pour le moment.

Néanmoins, Herr Mueller a juste oublié de nous dire qui d’Audi ou de Porsche irait en F1, et au final c’est bien là qu’est la question. On remarquera aussi qu’à une certaine convergence des régulations moteurs en F1 et en IndyCar, Porsche pourrait se venger des deux disciplines dans lesquelles il a échoué. Mais ni Audi ni Porsche n’a vraiment eu une image de F1, mais plus de rallyes et d’endurance. Ou alors, tout est possible pour lutter contre Mercedes en F1. Avec Mercedes, une marque allemande de la famille VW, il ne manquerait que BMW, qui aura décidément pris la F1 à contre-courant de ses adversaires germaniques. Dommage, les querelles de suprématie allemande ont toujours eu un relent assez excitant.

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l'affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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