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Pourquoi Singapour est un chef-d’œuvre

Le circuit de Singapour accueille la seule course 100% de nuit du calendrier F1.© Marussia Virgin Racing

Contrairement à ce qui est sous-entendu dans le titre, je ne suis pas une grande amatrice de Singapour. Certes, il s’agit de la première course de nuit jamais connue en F1, certes, le cadre est inédit, mais la magie n’opère pas.

Mais pourtant, je vous affirme d’entrée que Singapour est un chef d’œuvre. Je vais vous en donner la raison. Avec mon acolyte Guillaume, nous nous livrons une bataille féroce vis-à-vis de Singapour. Contrairement à moi, il a totalement accroché au circuit, et n’aime pas uniquement le cadre. Il trouve en effet le circuit intéressant, original et plutôt propice à de bonnes courses.

Par contre, lorsque nous sommes entrés dans les détails, nous nous sommes aperçus que la cassure était de plus en plus grande entre nos deux avis. En observant la dernière portion, par exemple, j’ai immédiatement fait remarquer à Guillaume que j’appréciais l’enchaînement des deux derniers virages ; ce à quoi il me rétorqua que justement, il s’agissait de ce qu’il aimait le moins.

Singapour aurait donc été conçu afin de faire plaisir à tout le monde, et serait un compromis. A l’heure du corporate, cela serait possible. Sauf que voilà, le circuit est bien loin des 1’35 au tour souhaités par Bernie Ecclestone et qu’il compte un nombre bien supérieur à la moyenne de virages. Singapour a le mérite de faire avancer les choses et d’apporter une innovation supplémentaire à une discipline qui en est friande.

Que l’on puisse expliquer en quoi nous sommes partagés et que l’on puisse exprimer des défauts un circuit est une chose, mais il est indéniable à mon avis que ce circuit est indispensable au calendrier.

J’aimerais en outre m’adresser à quelques personnes qui n’aiment pas Singapour (ainsi que d’autres circuits récents) en leur parlant de leur si bien aimé socle historique. En Europe, on crie au scandale quand on perd une épreuve, en disant que la F1 court à sa perte. Mais en réalité, ces gens se voilent la face. La F1 va où ça marche, car c’est un business tout autant qu’un sport. Les nouveaux circuits se déroulent dans des pays en pleine expansion, des pays qui veulent investir dans la discipline. Or, les pays Européens (du moins certains d’entre eux) se désintéressent de la Formule 1. Un exemple me venant à l’esprit : la France. Ayant été à Magny-Cours cette année ainsi qu’il y a deux ans, j’ai pu voir aisément que le projet Magny-Cours 2 était quasiment mort-né et que, bien que la région veuille le continuer envers et contre tout, cela montre à quel point le soutien ne vient pas. La France a un premier ministre amateur de sport automobile, mais la montée du parti écologique et par conséquent d’un effet de mode écolo ne favorisent pas le retour d’un circuit dans le pays. Plus de voix s’élèvent contre les projets proposés que pour.

Pendant ce temps, pendant que le socle historique de la F1 n’a plus grand chose à défendre, à part la valeur historique, de l’autre côté du globe des Grand Prix aux normes de la F1 actuelle pullulent de part et d’autre. Ce qui nous mène à penser qu’il ne fait aucun doute que Singapour fut discrédité pour des raisons futiles plutôt que de façon constructive. Nous n’avons plus qu’à espérer que le spectacle de ce week-end sera à la hauteur afin de clouer le bec des détracteurs un peu trop nombreux et plutôt biaisés.

À propos Juliette Follin

Juliette vous apporte les actualités, interviews et résumés de meetings de course sur un plateau, quelle que soit la discipline. En parallèle, elle supervise l'aspect technique et graphique sur le site et les réseaux sociaux.

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