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Q&A avec Daniel Ricciardo

Daniel Ricciardo 2012 World Series by Renault Spa

Vice-champion 2010 de la Formule Renault 3.5, l’Australien Daniel Ricciardo a rejoint cette saison la Scuderia Toro Rosso en Formule 1 selon la logique voulue par le Red Bull Junior Team qui le supervise depuis de nombreuses années. Après l’une de ses démonstrations au volant de la Red Bull lors des World Series by Renault à Spa, c’est un Disco Dan détendu, accompagné de sa « banane » déjà légendaire, qui a accepté de répondre à nos questions.

Daniel, comment ressentez-vous votre retour dans la cadre des World Series by Renault ?

C’est très sympa d’être de retour, c’est une formule qui m’a réellement permis de parvenir là où je suis aujourd’hui, j’en suis reconnaissant. En Formule 1, les choses vont beaucoup plus vite qu’ici, mais j’ai gardé de bons amis ici que j’ai vu ce week-end. J’ai gardé de très bons souvenirs des années passées. C’est l’étape suivante de ma carrière, c’est ce dont j’ai toujours rêvé, et je suis passé par les World Series pour atteindre la Formule 1.

Un mot sur l’ambiance des démonstrations F1 avec la Red Bull ?

Hier, avec la Red Bull, j’ai pu aller bien plus vite, alors qu’avec la pluie, je devais faire plus attention, mais dans l’ensemble c’est sympa. Ici, tout est plus consacré aux personnes qui assistent à l’événement et les fans et non pas une occasion pour moi de parfaire des réglages ! Enfin, c’est sympa de piloter sur le circuit, avec la voiture. Dans quelques mois, on reviendra ici, ce serait intéressant d’y obtenir un bon résultat.

Quels pourraient-être vos conseils pour les pilotes de FR2.0 et FR3.5 pour qu’ils parviennent à vous rejoindre ?

Ce n’est pas facile… Dans mon cas, il y avait un peu de pression, mais l’important c’est de s’amuser et profiter de ce que vous faites. Il faut être concentré, déterminé, mais il faut savoir aussi être ouvert et écouter les équipes qui sont établies depuis plusieurs années. Egalement, s’améliorer à chaque course. Il y a beaucoup de travail, et si cela fait trop, n’oubliez pas de vous amuser.

Beaucoup de sacrifices si jeune, difficile ?

Être pilote de Formule 1 a toujours été mon rêve, et par rapport à mes amis qui sont très loin, il est difficile de rester en contact. Donc oui, ce sont des sacrifices, mais au final, je fais ce que j’ai toujours rêvé de faire. Je ne peux pas me plaindre. Lorsque les temps sont durs, ce serait bien que ces personnes soient là, mais ce n’est pas possible.

Vous avez pu observer ce week-end la nouvelle voiture en FR3.5, qu’en pensez-vous ?

Je suis un peu jaloux de ne pas pouvoir piloter, la voiture de l’année passée était déjà très bonne, mais j’ai regardé la course hier et elle était spectaculaire, cela m’a donné envie de conduire aussi ! C’était un plaisir de la regarder, en plus, le niveau de la série a toujours été très relevé, avec des pilotes expérimentés. A Monaco, l’an passé, on a eu un bon résultat et un bon week-end, et j’ai pensé que nos temps au tour étaient bons, et aujourd’hui, ils vont quatre secondes au tour plus vite ! C’est impressionnant, et je pense que tout le monde est très satisfait de la voiture.

Quel est votre ressenti sur la hiérarchie en F1 à ce stade de la saison ?

Il est difficile de rester à un niveau dans la hiérarchie car les plus grosses équipes réalisent des développements plus rapides et plus importants. On fait des efforts, mais malheureusement on n’obtient pas les résultats souhaités pour le moment. Canada pourrait être le tournant, car la monoplace apportée sera différente, et on n’a pas encore couru ici cette année – en tous cas l’équipe travaille dur pour y arriver. L’année dernière, avec la pluie, c’était une course folle.

Un objectif pour le Canada ?

Ce serait formidable de faire un podium, c’est sûr, mais on vise des Top 10. A Monaco, Jean-Eric Vergne se battait pour la septième place, et j’ai eu un arrêt plus anticipé. Quand le rythme est là, on essaie de ramener des bons résultats. On compte sur les changements du Canada, même si on ne mise pas uniquement sur cela.

Prendre le Raidillon à l’envers, quel effet cela fait ? A quand la semelle lourde pour le passer dans ce sens ?

Pas pour le moment, mais dans une situation classique de week-end de course, nous n’en sommes pas loin ! On veut toujours aller plus vite, mais la compression due à l’aérodynamique pousse à la raison. Ce serait super si, sur un autre circuit dans le monde, ce virage était dupliqué dans le sens inverse.

On parle beaucoup des pneus comme clé de la F1 moins prévisible, est-ce vrai ?

C’est probablement le problème dont on parle le plus – l’imprévisibilité. Je ne suis peut-être en Formule 1 depuis trop de temps pour bien comprendre et avoir pas mal d’expérience des Pirelli dans la discipline… Je pense qu’il s’agit l’un des facteurs les plus importants, mais il me faut encore un peu de temps pour bien les comprendre. J’ai marqué des points à Melbourne, mais les autres courses ont été sympas aussi.

Êtes-vous plus proche de Mark que de Jean-Eric, ou inversement ?

On peut dire que Mark et moi sommes amis, si j’ai besoin d’un conseil je lui demanderais probablement, en lui envoyant un message par exemple… Quant à Jean-Eric, cette année nous sommes davantage des rivaux, car on veut toujours battre son coéquipier. Je pense que la situation avec Mark est quelque peu différente, il est plus âgé, il court pour Red Bull, on n’est pas directement en compétition lui et moi.

Mais vous espérez remplacer Mark dans le futur ?

Je ne sais pas s’il sera question de remplacer Mark, ou si Seb [Vettel, ndlr] ira ailleurs… Au mieux, c’est pour deux ans, mais ça peut ne pas se produire. Enfin, cela serait sympa que ça arrive. Mais l’important, c’est de réaliser des bons résultats pour m’assurer de rester en Formule 1. Il n’est pas garanti que je reste en Formule 1, pour l’an prochain ou autre.

Parmi les jeunes Australiens, en voyez-vous d’autres arriver en F1 prochainement ?

Je ne pourrai pas citer quelqu’un en particulier. Quand j’étais en go-karts, je n’étais pas le plus fort parmi les pilotes. Financièrement, ce n’est pas facile, et il faut souvent envisager de quitter l’Australie pour l’Europe pour se donner les moyens de percer. Toute une série de paramètres rendent ceci difficile. J’espère en tout cas qu’un autre pilote australien percera bientôt.

Et pour les pilotes en FR3.5, lesquels sont les plus à même de vous rejoindre ?

Il y a par exemple Bird, Kvyat, Bianchi ou Stanaway – la liste n’est pas exhaustive ! Il s’agit de pilotes très talentueux et je pourrais presque citer le plateau au complet ! Je connais Kvyat depuis plusieurs années, je pense qu’il est très bon.

Un petit mot sur les évolutions au Canada de la Toro Rosso ?

Je ne suis pas sûr que je puisse en dire beaucoup (rires). Je ne pense pas que cela se verra, que ce sera quelque chose d’interne plutôt qu’externe. Les conditions feront qu’elles seront fructueuses ou non. Aucune voiture n’est parfaite, même parmi celles qui gagnent le titre. Je crois que je n’ai jamais conduit une voiture parfaite. Par exemple, on souhaite toujours que les voitures aient plus de traction, c’est vraiment un aspect que l’on évoque souvent. La Toro Rosso a été très bonne dans les courbes rapides cette année, comme en Malaisie, et aussi à Bahreïn dans une moindre mesure, où nous avons toujours eu un bon feeling vis-à-vis de ces courbes. L’équilibre de la voiture et l’aérodynamisme sont bons. J’espère bien figurer au Canada.

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l’affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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