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Réactions à chaud sur le championnat F1 2011

Que faut-il retenir du championnat du monde de Formule 1 2011 ?

L’édition 2011 du championnat du monde de Formule 1 vient de se clôturer, plus de huit mois après nous être livrés à des pronostiques de début de saison. Après une édition 2010 qui est restée dans les annales du sport, la cuvée 2011 se montre légèrement différente. Le spectacle n’a pas manqué, mais la concurrence et le suspense n’ont pas atteint le niveau record de la saison passée. En revanche, quelques records ont été signés au long de la saison. Les pôles de Sebastian Vettel, les ravitaillements en Pirelli ainsi que les dépassements du DRS.

Sebastian Vettel brise donc la série d’un champion du monde à chaque saison. Après être devenu le champion du monde le plus jeune de l’histoire, il prend le titre de double-champion le plus jeune, soufflant le record de Fernando Alonso datant de 2006. Après une campagne 2010 loin d’être parfaite, mais maitrisée par une fin de saison maniée de main de maître, le jeune allemand a continué de la même manière tout au long de l’année 2011. Quasi-intraitable en qualifications, et alignant les succès en course, Vettel a laissé peu de place au doute quant à l’issue du championnat. Si sa fin 2010 était synonyme de grande œuvre, l’année 2011 doit être qualifiée de grande classe. Au grand dam de son coéquipier Mark Webber, qui n’a jamais semblé digérer son écroulement en fin de saison 2010. L’Australien, devenu grand l’an passé, a paru trainé un boulet tout au long de 2011. Mauvais départs, stratégies hasardeuses, ne performant pas quand il le fallait, rien ne s’est jamais emboîté bout à bout pour lui. Une saison à oublier malgré sa troisième place finale et cette victoire au Brésil. Espérons qu’il reprendra le dessus en 2012, afin que Vettel ait une concurrence si la Red Bull venait à se montrer aérienne. Ce qui est probable, vu le peu de changements règlementaires, et le statut d’équipe d’usine Renault dont Milton Keynes disposera. Mais sait-on jamais !

Derrière Red Bull, la concurrence interne chez McLaren n’a pas nui à la bonne ambiance du duo. Comme nous le prévoyions dès 2010, Button n’a pas été écrasé par Hamilton. Jenson a continué à faire honneur à son titre 2009 à plusieurs occasions, montrant qu’il savait attaquer quand il le fallait, pour devancer son coéquipier et rafler la seconde place au championnat. Une campagne réussie, malgré un déficit en points important sur Vettel. Jenson aura également su profiter des petites fautes de Lewis Hamilton, à l’image de la saison passée. Hamilton doit se recentrer sur son pilotage, qui peut-être flamboyant plus régulièrement. Une faiblesse psychologique doit être enlevée, à lui de montrer qu’il peut être aussi solide qu’il ne l’avait été à Interlagos 2008, où il rafla le titre dans l’ultime virage. S’il avait manqué peu à McLaren l’année passée, Woking doit se remobiliser durant l’hiver afin d’être prête dès le début de la saison 2012. Le potentiel est là, les pilotes peuvent être au sommet de leur art, à l’équipe britannique de prendre les choses en main.

Pour Ferrari, la saison a dû être longue. Ferrari n’a jamais su se mettre au niveau 2010. Diffuseur soufflé, gaz d’échappements en décélération, pneus durs Pirelli trop durs, tout a été bon pour justifier cette performance, sauf lors de la victoire d’Alonso à Silverstone. Pas de consigne cette saison, ni rien du genre. Mais un Alonso tenant la baraque à bout de bras tandis que Massa n’était pas dans son assiette. Un écart plus grand que l’an passé, qui ne peut pas être expliqué par le simple fait d’une monoplace faite par Alonso. Alonso semble avoir limité la casse avec les durs, tandis que Massa s’écroulait lors de ses relais avec ces mêmes pneus. Un problème d’adaptation, lié à des prestations inégales, a rendu cet écart indigeste. Le Brésilien se doit de se resaisir si Ferrari souhaite remporter le titre constructeurs avec ce duo. Mais Massa n’est pas le seul à se remettre en question. Maranello doit le faire également, et comprendre que copier Red Bull n’est pas forcément gage de réussite.

Après une première année sobre, Mercedes a vécu une année de statu quo. L’équipe de Brackley a continué d’obtenir des résultats corrects, mais sans plus. Finis les podiums de Rosberg, qui n’a dû se contenter que de départs foudroyants, à l’image de celui de Spa, ou ceux de son coéquipier Schumacher, qui compensait ainsi ses qualifications moyennes. Néanmoins, il y a quelques motifs de satisfaction. Mercedes GP a vu un duo plus équilibré que l’an dernier, avec Schumacher beaucoup plus proche de Rosberg qu’il ne l’avait été en 2010, et un Rosberg toujours aussi régulier. Une restructuration qui n’a pas encore porté ses fruits, mais qui va dans le bon sens après un premier Grand Prix 2011 assez catastrophique. Le point négatif sera bien évidemment le fait que Mercedes n’a pas vraiment su se rapprocher de la tête. La fiabilité est là, mais la performance laisse encore à désirer. 2012 devra montrer des signes d’amélioration, ou Brackley devra attendre 2014 pour espérer goûter au succès.

Si l’an dernier, Renault avait pu inquiéter quelque peu Mercedes, ce ne fut pas vraiment le cas cette saison. Après le pari (trop) ambitieux des sorties d’échappements à l’avant des pontons, Eric Boullier n’a pas a su prendre la décision de revenir à des sorties classiques face à l’impasse des évolutions. la voiture était trop bien née, preuve s’il en est des deux podiums de Petrov et d’Heidfeld aux deux premières courses, mais elle a vite atteint son optimum. Au niveau des pilotes, Petrov a confirmé qu’il pouvait mieux faire qu’à sa première saison, mais n’a osé prendre une dimension de leader qu’en fin de saison, trop tard, alors qu’un double boulevard avait été ouvert pour lui avec l’accident de Kubica et l’éviction d’Heidfeld, qui n’a pas vraiment rempli les objectifs qui lui avaient été confiés. Pour Senna, plus difficile de juger. Le Brésilien a soufflé le chaud et le froid. L’équipe a aussi péché par sa calamiteuse gestion des pneumatiques. Et des pilotes. Mettons ceci sur le compte des trop nombreuses fonctions de Boullier qui s’est un peu trop dispersé sur le hors-piste cette année. Mais attention, les excuses ne seront pas toujours faciles à trouver pour l’équipe qui fera courir des châssis Lotus l’an prochain.

Les Indiens de Force India derrière continuent leur progression année après année, et ont su éviter la légère stagnation de l’an dernier suite au départ de James Key. Sutil a confirmé une fois de plus qu’un potentiel était là, mais que la constance était cyclothermique, d’où une réelle difficulté à cerner le dit potentiel. Face à un équipier débutant, Sutil n’aura pas toujours été à son avantage, ce qui continue d’augmenter la cote de Paul di Resta qui s’est montré solide pour sa première année. Espérons qu’il pourra confirmer dès l’an prochain. Avec Sutil ou Hülkenberg en coéquipier ? Vijay Mallya et ses partenaires du Sahara Group devrait livrer une réponse bientôt.

Sauber a longtemps espéré et cru tenir la sixième place. C’était sans compter sur la belle remontée de Force India. Kobayashi s’est à nouveau imposé comme leader de l’équipe, avec quelques coups d’éclats tranchants, mais la jolie première saison de son coéquipier Sergio Perez peut changer la donne lors de la prochaine saison. Le Mexicain a démontré qu’il n’était pas qu’un pilote devant sa place à Telmex, et il a bien su appréhender la question des pneus, l’un des points forts de Sauber cette saison, compensant une fiabilité assez aléatoire. Dans tous les cas, le duo aligné par Sauber comprenant un pilote n’ayant qu’une saison, Kobayashi, et un débutant, Perez, n’a pas eu à rougir de la comparaison.

Le principal adversaire de l’écurie helvétique cette saison se cachait finalement chez Toro Rosso. Après une saison assez moyenne, la petite soeur de Red Bull a enfin su franchir un palier. Néanmoins, Buemi n’a pas été verni par les évènements en course, tandis qu’Alguersuari a su en profiter. Si la saison n’était pas transcendante à Faenza, on a pu remarquer que Buemi et Alguersuari étaient des pilotes sous une telle concurrence que leurs résultats étaient souvent en corrélation l’un de l’autre. Ce qui n’aide pas Red Bull à faire son choix. Ricciardo et Vergne attendent derrière, lequel aura sa chance chez Toro Rosso l’année prochaine ?

Chez Williams, après une belle saison 2010, 2011 a été synonyme de gueule de bois. Barrichello a semblé trainer toute sa misère durant la saison, tandis que Maldonado a difficilement remplacé Hülkenberg. Le Vénézuelien risque cependant de s’en vouloir d’avoir trop résisté à Hamilton lors du GP de Monaco, se privant ainsi des points qui lui auraient permis de devancer Barrichello en fin de saison. La fiabilité n’a pas été au rendez-vous pour Williams, et les deux pilotes ont été difficilement en position de briller, avec une Williams s’écroulant au long des courses. L’avenir sera peut-être plus brillant, entre passage au moteur Renault, restructuration technique avec l’arrivée d’une nouvelle équipe, et des finances allant mieux ? On peut en douter sur le dernier point, même si l’on peut accorder peu de crédit aux rumeurs entre PDVSA et l’illégalité du contrat. Grove doit attendre 2012 avec impatience.

Finissons enfin par les plus petites équipes. Après une saison 2010 sous le signe de l’apprentissage, 2011 devait être le début des progrès. Des progrès vus chez Team Lotus qui a su une nouvelle fois progresser au cours de la saison, réduisant l’écart avec les équipes de tête de plus de 104% à moins de 103% en qualifications, et donc en vitesse pure. L’équipe de Tony Fernandes devrait capitaliser sur ces progrès pour espérer rejoindre les autres équipes l’an prochain. Au niveau des pilotes, Kovalainen a continué de mettre Trulli sous l’éteignoir. A voir si le sympathique italien a toujours la motivation pour continuer ou s’il préfèrera se contenter d’un rôle plus modeste. Razia, Chandhok et surtout Rossi poussent peu à peu derrière. Chez HRT, on a démontré que le manque de moyens n’était pas une fatalité. L’écurie espagnole a su se restructurer en douceur sous l’égide de Colin Kolles et certains partenariats signés ont eu des résultats espérés. Liuzzi s’est montré solide, Karthikeyan n’était pas si loin, mais surtout, Ricciardo a rapidement pris la mesure de Liuzzi, tout en permettant à HRT de se mettre un peu de sous en poche. Si l’équipe espagnole est prête l’an prochain, et que les contrats signés avec la soufflerie de Mercedes et le train arrière de Williams portent leurs fruits, HRT devrait éviter une troisième saison de suite de finir à la dernière place, réservée jusqu’alors à Virgin Racing. Virgin qui a enfin compris, à travers les déclarations de Glock et Symonds, que le tout-CFD était une impasse pour l’heure. « Une nouvelle saison en enfer » pourrait être le titre de la saison 2011 de cette équipe, qui a même vu HRT les dépasser en qualifications au Brésil. Glock et d’Ambrosio ont fait ce qu’ils ont pu avec ce qu’ils avaient. 2011 n’a pas montré de signes de progrès, 2012 sera peut-être différente avec l’aide de McLaren. Néanmoins, Marussia sera l’an prochain seule sans KERS, et sans beaucoup d’argent, Virgin tendant à se désengager et Marussia n’ayant pas les moyens de leurs ambitions pour l’heure. Assez ironiquement, Virgin a remplacé HRT dans le rôle de l’écurie comique en quelques mois. Sauront-ils redresser la barre ? C’est la moindre des choses que l’on peut leur souhaiter.

Mais tout ceci nous ferait presque oublier une chose. Vivement 2012 !

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l'affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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