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Réactions à chaud sur le championnat F1 2012

2012 European Grand Prix - Sunday

L’édition 2012 du championnat du monde de Formule 1 vient de se clôturer à Interlagos, près de huit mois après le premier Grand Prix de la saison à Melbourne. Après une saison 2010 restée dans les annales du sport, l’édition 2011 avait montré moins de suspense et des courses plus disputées, la cuvée 2012 se place à un niveau intermédiaire, alternant début de saison imprévisible puis une fin plus prévisible, courses superbes et ennuyeuses ainsi qu’un duel se détachant au fur et à mesure de la saison.

Avec un troisième titre d’affilée, Sebastian Vettel devient ainsi le premier primo-triple champion du monde et rejoint – déjà ! – les plus grands noms de l’histoire du sport. L’Allemand en profite également pour devenir le plus jeune triple champion du monde de l’histoire. Après un début de saison un peu difficile, mais où il fut toujours présent, Vettel a su inscrire les fameux points intermédiaires avant sa série de victoires débutée à Singapour. Quelques courses plus tard, le titre était scellé. Une fois de plus, Mark Webber s’est montré plus à la hauteur de son champion d’équipier lorsque la voiture ne semblait pas stratosphérique. Las, le grand australien n’aura su hisser son niveau de jeu dans le money-time, renouant avec ses anciens démons nommés mauvais départs, stratégies hasardeuses et sous-performances. Malgré deux belles victoires à Monaco et Silverstone, deux seules autres présences sur le podium sont à signaler. Mark Webber n’arrive plus à concurrencer Sebastian Vettel sur l’ensemble d’une saison depuis la lutte pour le titre en 2010. Dommage.

F1 - GRAND PRIX OF ABU DHABI 2012

Après une saison 2011 délicate, Ferrari a su offrir le dernier mur de résistance au titre de Vettel. Un début de saison délicat, une belle régularité et une fiabilité rarement mise en défaut auront aidé Fernando Alonso à se glisser dans la lutte au titre jusqu’au Grand Prix des Etats-Unis. Une fois n’est plus coutume, Fernando Alonso a tenu la maison Maranello à bout de bras seul, ou presque. Et une nouvelle fois, l’écart est si grand que l’on ne peut pas l’expliquer par le simple fait d’une monoplace faite selon les besoins de Fernando Alonso. De manière encore plus surprenante, Felipe Massa a su élever son niveau de jeu en deuxième partie de saison. Une belle réaction, mais qui a peut-être coûté le titre à son coéquipier, Vettel ayant été plus vulnérable en début de saison. Quoiqu’il en soit, la Scuderia devra régler ses problèmes techniques dès le début de la saison pour espérer ne pas perdre trop de points intermédiaires cher à ce feu Enzo Ferrari.

Du côté de McLaren, l’équipe ne peut s’en prendre qu’à elle-même dans son échec vers les titres. Malgré un début de saison réussi avec la victoire de Jenson Button en Australie ainsi qu’une belle reprise en main de Lewis Hamilton après sa saison 2011 pour le moins chaotique, cela n’a pas suffi. La faute à de nombreuses fautes aux arrêts aux stands, aussi à une fiabilité aléatoire. Jenson Button a été relativement épargné par les soucis mécaniques, mais s’est distingué par des sous-performances récurrentes malgré ses victoires en première et dernière courses de la saison. Sur l’autre monoplace de Woking, la performance a été plus souvent au rendez-vous mais que de points et victoires perdues ! Triste manière de quitter l’équipe pour Lewis Hamilton, qui n’aura pas grand-chose à se reprocher, au contraire de 2011.

Après deux saisons passées dans l’espoir de détrôner Mercedes, l’équipe basée à Enstone a enfin réussi son pari ! Pénalisée en 2010 par le difficile apprentissage de Vitaly Petrov, puis en 2011 par le pari trop ambitieux des sorties d’échappements à l’avant, Lotus a su trouver un bon compromis technique ainsi qu’un excellent rythme d’évolutions mis à disposition de ses pilotes, Kimi Räikkönen et Romain Grosjean, tous deux de retour en F1 après deux ans d’absence. Un duo qui s’est distingué positivement, avec la présence finale de Räikkönen sur le podium du championnat avec en point culminant la première victoire de l’équipe depuis l’ère Genii. Romain Grosjean a également montré une pointe de vitesse intéressante, bien que peu surprenante. Seul problème pour le Franco-Suisse : son sens du contact. Déjà signalé en 2009 pour une fougue mal placée, le champion GP2 Series en titre a montré qu’il avait peu évolué en ce sens. Sa course de suspension semble lui avoir remis les idées en place, même si, victime de sa réputation, certains tentèrent d’en profiter. A lui de mêler performances et attitude irréprochable en 2013 – le garçon a tout à y gagner. Lotus aussi par la même occasion, si l’équipe parvient à sortir une bonne monoplace d’emblée, ce qui est d’habitude une tradition chez Enstone.

F1 - CHINA GRAND PRIX 2012

La saison de Mercedes est plus délicate à analyser. Un début de saison plus que délicat, suivi d’une victoire en Chine pour Nico Rosberg, la première de l’équipe sous le nom de l’étoile. Et puis plus grand chose. Un podium pour chacun des pilotes, des performances ayant du mal à venir, des abandons et incidents à répétition, un développement abandonné assez tôt… Une saison à l’image des deux précédentes, décevante de la part de Mercedes. Certes, la victoire a enfin été au rendez-vous, mais sur tous les autres points 2012 s’est même montrée en-deçà des autres années. Nico Rosberg est resté devant son coéquipier, mais l’écart a semblé plus ténu que jamais entre les deux. Michael Schumacher se sera montré humble face à la défaite, un aspect trop peu présent dans sa première carrière. A voir ce qu’il en sera avec l’arrivée de Lewis Hamilton chez Mercedes. L’an passé, la fiabilité était là, mais pas la performance. Cette année, les deux plans ont été mitigés ; si 2013 s’annonce de la même veine avec la stagnation du règlement, l’équipe doit attendre avec hâte 2014. Espérons seulement que ce ne sera pas à l’image de BMW, qui avait tout misé pour 2009, avec échec. Puis sortie définitive.

Après avoir échoué l’an passé dans sa quête pour la sixième place, Sauber a cette fois devancé Force India jusqu’au bout. Kobayashi a fait du Kobayashi, profitant de son expérience pour marquer régulièrement des points là où le jeune Sergio Perez a confirmé ce que l’on pensait de lui après sa première saison : un pilote qui peut être aussi rapide et bon gestionnaire de pneus, qu’être aussi fougueux et propice aux accrochages. Un dernier aspect qui s’est montré d’autant plus visible en fin de saison, après l’annonce de sa signature avec McLaren pour 2013. Malgré les trois podiums du Mexicain et celui du Japonais, on peut se demander ce que la Sauber aurait donné avec un pilote plus établi à son volant. Une question qui demeurera sans réponse, d’autant plus que l’équipe changera complètement son line-up pour la saison prochaine en promouvant Esteban Gutiérrez et recrutant Nico Hülkenberg.

Du côté de Sahara Force India, la progression régulière des dernières saisons s’est arrêtée cette année. Pas de drame pour autant, les deux jeunes pilotes alignés ayant été très proches tout au long de la saison, l’un prenant le dessus sur l’autre et vice-versa par périodes. Si l’expérience et le potentiel d’un Adrian Sutil a peut-être manqué, le pari de Vijay Mallya n’a pas été vain, les deux pilotes et la voiture montrant une progression régulière au cours de la saison. D’ailleurs, si Paul di Resta avait une petite longueur d’avance en début de saison, Nico Hülkenberg a semblé plus à l’aise en fin de saison tant en course qu’en qualifications, son excellent Grand Prix du Brésil démontrant également une belle adaptation aux conditions changeantes. 2013 s’annonce en revanche plus délicate, la situation financière du groupe de Vijay Mallya étant chancelante. De quoi achever de convaincre Hülkenberg de rejoindre Sauber ? Probablement.

2012 Spanish Grand Prix - Sunday

2012 rimera avec renouveau mais aussi avec occasions manquées pour Williams. Si 2010 avait été réussie, 2011 avait été plus dure, au point de voir une véritable saison de transition avec le passage au moteur Renault, une restructuration technique et des finances plus larges. Pastor Maldonado a confirmé de belles dispositions en vitesse pure mais aussi sa tendance aux duels trop musclés. Malgré une première victoire en F1 signée en Espagne, de nombreux points se sont envolés pour le Vénézuélien, au point que l’écart en piste observé face à Bruno Senna ne se répercute pas forcément au championnat. Un Bruno Senna peu aidé il est vrai par son absence de 15 séances d’essais libres, aux dépens de Valtteri Bottas, mais il y avait peu d’améliorations visibles lorsqu’il y prenait part tout de même. Trajectoire compliquée en F1 jusqu’ici pour le neveu de vous-savez-qui, même s’il reste encore à démontrer à quel point Senna peut hausser son jeu et Maldonado conserver son calme, vu épisodiquement en fin de saison.

Jean-Eric Vergne Formule 1 2012 Spa

Saison délicate en revanche pour Toro Rosso. Après avoir changé ses deux pilotes de 2011 par Daniel Ricciardo et Jean-Eric Vergne, la petite sœur de Red Bull n’a jamais semblé en mesure de rattraper les autres équipes du milieu de grille, sentiment renforcé par un abandon du développement assez tôt dans l’année. Du côté de Faenza, le duel entre les prétendants pour un futur baquet chez Red Bull a offert des visages différents : Daniel Ricciardo semblait avoir de meilleures dispositions en qualifications tandis que Jean-Eric Vergne se montrait plus convaincant en course. A l’arrivée, un score serré entre les deux hommes, à l’avantage du Français, qui auront une saison supplémentaire pour convaincre Red Bull. Une saison ? Rien n’est moins sûr. Si les deux hommes ne haussent pas leur niveau de jeu, Helmut Marko et Franz Tost pourraient être tentés de lancer Antonio Felix da Costa en cours d’année. A suivre.

Du côté des petites équipes, les progrès attendus en 2011 ne sont toujours pas arrivés en 2012. Peu aidé par un règlement technique relativement figé, le scénario a été relativement similaire avec des Caterham la plupart du temps devant les Marussia, elles-même devant les HRT. Toutefois, la petite révolution au championnat qui aurait vu Marussia devancer Caterham pour la première fois en trois ans grâce à la 12ème place de Timo Glock à Singapour ne s’est finalement pas réalisée grâce à la 11ème place de Vitaly Petrov au Brésil.

Chez les verts justement, l’équipe de Tony Fernandes a presque fait grise mine. Non seulement elle n’est pas parvenue à rattraper les équipes devant elle mais elle s’est fait légèrement rattraper par ses poursuivantes. Heikki Kovalainen a beau eu être assez irréprochable, et Vitaly Petrov, arrivé sur le tard, un mois avant la saison, plutôt convaincant, rien n’est moins sûr que l’un des deux hommes puisse rester la saison prochaine. Si Petrov a poussé Kovalainen plus que le démotivé Trulli n’aurait pu le faire, la situation financière de l’équipe sera peut-être primordiale sur le line-up 2013. Charles Pic, appuyé par Lagardère, le groupe familial et peut-être Total, fera son apparition, tandis que Giedo van der Garde pourrait forcer son entrée. La 10ème place obtenue à l’arrachée sera-t-elle assez ? Dans tous les cas, la situation ne sera que temporaire, Alexander Rossi poussant lui aussi, avec General Electric, pour 2014.

Vitaly Petrov 2012 Formule 1 Spa

Après deux saisons sous le nom de Virgin, l’équipe avait enfin fait le choix d’abandonner le tout-CFD, qui s’était révélé être une impasse à ce jour. Sous l’impulsion de Pat Symonds, l’équipe s’est enfin reposée sur une soufflerie et n’a jamais été aussi proche de Caterham, se payant même le luxe de les devancer au championnat jusqu’à l’ultime manche de la saison après deux années en dernière position du championnat. L’aide technique de McLaren s’est même révélée efficace et la présence d’un KERS l’an prochain pourrait permettre une lutte en piste encore plus serrée avec les verts. De quoi remotiver un Timo Glock qui a semblé assez en difficulté face au débutant Charles Pic ? Pas sûr. Son équipier l’an prochain, probablement Max Chilton, devrait toutefois lui permettre de sauver les apparences avant une saison 2014 qui sera cruciale, entre renouveau technique (règlement et nouveaux moteurs) et premier GP en Russie pour l’équipe.

Nouvelle saison délicate chez HRT, toujours à la peine financièrement et peu centrée sur les objectifs sportifs, comme le prouve un déménagement interrogeable de l’équipe en Espagne. Pedro de la Rosa et Narain Karthikeyan n’ont trop souvent fait que de la figuration et les partenariats signés par Colin Kolles, avant qu’il ne soit débarqué, ne se montrent que peu concluants, malgré une utilisation de la soufflerie de Mercedes et d’un train arrière Williams. Las, l’équipe cherche de nouveaux investisseurs et propriétaires, et si celle-ci parvient à passer l’hiver, il y a fort à parier que 2013 ne sera qu’une répétition des trois dernières saisons.

Mais tout ceci nous ferait presque oublier une chose. Vivement 2013 !

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l'affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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