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Réactions à chaud sur le championnat F1

Voici nos réactions à chaud sur le championnat.

C’est donc fait. Une saison épique s’est donc achevée, presque huit mois après nous être livrés à des pronostiques de début de saison. Une saison 2010 qui restera dans les annales du sport, et dont on se retrouve déjà tout triste de voir finie. Un cinquième champion différent sur les cinq dernières saisons, belle hétérogénéité du plateau.

Sebastian Vettel est donc le nouveau champion du monde. De surcroît, le plus jeune de l’histoire, glanant ainsi un nouveau record de précocité. Un titre qui a un peu la même saveur que celui d’Hamilton en 2008, avec une saison loin d’être parfaite, mais qui aura été maitrisée quand il le fallait. Une fin de saison maniée de main de maître, malgré l’abandon en Corée. Rien à redire, de la grande œuvre, en allant le chercher. Du côté de son coéquipier, il est à regretter que Webber se soit un peu écroulé en fin de saison. Peut-être que les rancœurs envers son équipe ont pris le dessus sur la maîtrise dont il avait fait preuve jusque-là. Mais aucun doute, l’Australien est devenu un grand. Tout comme l’équipe, qui ne peut ressortir que grandie par cette campagne 2010. Si seulement Horner pouvait être moins véhément envers Renault, le tableau serait presque parfait.

Du côté de Maranello, Alonso peut en vouloir à la glorieuse incertitude du sport. Mais aussi à l’implacable justice du sport aussi. Un titre de l’espagnol aurait été mal perçu après le tollé médiatique d’Hockenheim, même si les consignes d’équipes ont toujours eu lieu en sport. Une fin de saison pourtant très bien menée mais entachée de l’indécence de Ferrari, une habitude serais-je tenté de dire. Pour Massa, en revanche, le bilan est moins reluisant. Le Brésilien est rentré dans le rang, sans jamais sembler retrouver son niveau de 2008, hormis à Hockenheim justement ! Les lacunes semblent toujours être aussi flagrantes, et l’on peut se demander si Massa pourra un jour exister dans cette nouvelle structure de la Scuderia. Le rôle de Massa cette année m’a paru ressembler à celui de Kovalainen chez McLaren en 2008, et quand on se rappelle ce que le finlandais avait reçu comme critiques, cela ne laisse pas rêveur.

Chez McLaren, le duo a toujours été fair-play, au moins en façade. Comme nous le pensions, Button n’a pas été écrasé par Hamilton. Jenson a même fait honneur à son titre à plusieurs occasions, même s’il reste un peu trop attentiste par moments. Hamilton aura quant à lui commis quelques fautes qui lui coûtent très cher au final. Un duo homogène qui a tout pour réussir dans les prochaines années. Avec les pneus Pirelli, Mclaren sera probablement revigorée, avec des changements de gommes dont Button pourrait tirer son épingle du jeu. Il aura manqué peu à McLaren au final cette année, mais cette équipe sait se renouveler, et il n’y a pas vraiment à s’inquiéter pour les britanniques dans les prochaines années.

Mercedes a eu des résultats à l’image de l’équipe. Sobres. Trop sobres. Brawn avait prévenu, et il avait raison. L’équipe a obtenu des résultats corrects, mais pas brillants non plus. Rosberg a su prendre la mesure d’un Schumacher dont le retour étant semblable à ce que nous pensions : laborieux. Néanmoins, on connaît le potentiel des deux, et leur marge de progression. L’année prochaine pourrait être moins risible pour les adversaires de Mercedes. L’adversaire principal de Mercedes cette année avait un losange, et pour Renault, cette saison a parfaitement répondu aux attentes. Après la déconvenue sportive de l’an dernier, peu auraient cru que Renault se battrait avec Mercedes pour la 4ème place. Certains répondront que si Petrov avait été plus consistant ou n’avait pas été, la 4ème place n’aurait été qu’une formalité. A voir, même s’il est vrai que le Russe a su dissimuler son potentiel et gâcher quelques occasions de scorer. Peut-être que Renault était un peu trop grand pour des débuts. Kubica a confirmé le bien que l’on pouvait penser de lui au volant d’une voiture de peloton. Reste à voir s’il a l’étoffe de diriger Renault, ou quel que soit son nom, plus haut.

Chez Williams, l’association de l’ancien et du neuf a fait recette. Barrichello m’a fait mentir et a réussi une belle saison. Hülkenberg a été fidèle à son passé, avec une première moitié assez terne puis une montée en puissance jusqu’à la pôle du Brésil. Mais le principal problème de Grove reste les finances. Les deux auront-ils l’occasion de se retrouver l’an prochain ? Cela ne semble pas être le cas, Maldonado jouant le trouble-fête. Vivement la fin de cette période de transition se termine, afin que cette équipe renoue avec le prestige, ou sinon les luttes de tête, du passé. Williams qui aura battu de peu Force India cette année. Les Indiens ont continué leur progression avant de stagner (coïncidence avec le départ de James Key ?). Sutil aura continué à souffler le chaud et le froid, sans réelle constance. Le potentiel est là, mais il tarde à éblouir. Liuzzi pour sa part a retrouvé sa place, mais sans éblouir non plus. Il semble avoir grillé sa dernière chance, une place pour di Resta pourrait se libérer mais si les transferts étaient aussi simples, cela se saurait.

Chez BMW Sauber Ferrari, qui n’aura pas résolu l’imbroglio patronymique, cette saison a fait bonne figure pour un nouveau départ. L’avenir semble plus coloré, avec un sponsor principal l’an prochain (Telmex). L’espagnol de la Rosa a du regretter son retour, vu son éviction en cours de saison. Il avait fait du travail correct, mais face à Kobayashi, c’est dur. Le japonais a su marquer, par opportunisme mais aussi par son sens de l’attaque, des points importants, tout comme Heidfeld en fin de saison, mais celui-ci a paru assez aigri dans de nombreuses déclarations. Peut-être pensait-il que son retour était valide jusqu’en 2011, mais Sergio Perez aura été plus pesant dans les négociations. Le Mexicain ne semble pas trop mauvais, à voir si cela se confirme, et si le pari de Sauber d’aligner deux jeunes sera efficace. 2011 aura des relents de 2001 à Hinwil, avec un pilote n’ayant qu’une saison, Heidfeld, et un débutant, Räikkönen. Mais au final 2001, Sauber avait réalisé la meilleure performance de son histoire. Comme quoi, tout n’est pas qu’expérience.

Toro Rosso n’aura su franchir un palier cette année. Buemi a semblé plafonner sur piste sèche, en brillant sporadiquement sur piste humide ou en conditions changeantes. Pis, Alguersuari a paru légèrement plus rapide en fin de saison, après que sa demi-saison d’inexpérience soit achevée. Bref, rien de transcendant à Faenza, et il faudra bucher plus dur avant de devenir le nouveau Vettel ici. A moins que Ricciardo ne vienne se substituer à l’un des deux, si Monseigneur Marko le désire.

Enfin, last but not least, les nouvelles équipes. Cibles de nombreuses critiques que nous avions tenté de désamorcer, le bilan est plus hétéroclite. Commençons par Lotus, qui a su progresser au cours de la saison. Avec Gascoyne et deux pilotes reconnus, il fallait s’y attendre. Il est juste à regretter que Proton essaie de récolter les fruits du travail accompli, ce serait un terrible gâchis tant l’écurie avait attiré la sympathie et les fans. Kovalainen s’en est mieux sorti que Trulli, dont la fin semble s’approcher saison après saison. Quoiqu’il arrive, les deux méritent de rester pour l’ensemble de leurs efforts accomplis. Chez HRT, heureusement que Colin Kolles a sauvé les meubles pour tenter de sauver sportivement et techniquement ce qui aurait pu être un désastre. Les divers pilotes ont eu le mérite de faire avec ce qu’ils avaient. Chandhok a loin d’avoir été ridicule, et a même été le dindon de la farce. Senna a dû se démotiver en repensant à Honda fin 2008. Yamamoto a été loin d’être ridicule, pour un come-back façon Schumacher avec valises de yens. Klien pour sa part, a su retrouver le volant, mais cela reste plus compliqué à juger sur une paire de courses. Kolles a l’air décidé de développer HRT quand même, avec l’arrivée de l’ancien PDG de Telefonica, un homme qui aime la F1, mais aussi avec des éléments techniques de Williams, et de Toyota -il paraît, même si cela traîne en longueur. On ne peut que souhaiter le meilleur afin de recoller au peloton. Et en dernier lieu, Virgin Racing. Glock pourrait écrire un livre de cette saison, avec un titre du style « Une saison en enfer », tandis que di Grassi aura été transparent la plupart du temps. Wirth et Booth ont l’air persuadé que le tout CFD peut amener un nouveau business-model en F1, mais il faudra d’abord que le résultat 2011 montre des signes de progrès, avant qu’éventuellement, Marussia ne reprenne la place de Virgin dans le branding-naming de Manor. Avec quels pilotes ? Ceci est un autre sujet.

Une saison merveilleuse s’est donc terminée, où l’on peut parler et reparler partout, à tous les niveaux de courses. Du coup, on n’a plus qu’une hâte, que ça reprenne, et vite !

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l'affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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