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Too fast, too young

Les pilotes sont lancés de plus en plus tôt dans le sport auto...

Jouer à F1 2000 avec Juliette et entendre le commentaire nous faire son discours sur Verstappen, les espoirs placés en lui et trop peu concrétisés, tout cela m’a fait penser aux jeunes pilotes propulsés trop vite en F1.

Certes, je vais quelque peu m’éloigner du sujet en parlant des très jeunes pilotes arrivés en F1, ce dont Verstappen ne fait pas partie puisqu’il a accédé à la discipline reine à 22 ans, et qu’il a été victime du cannibalisme de Schumacher envers ses coéquipiers. Mais intéressons-nous de près aux dix plus jeunes pilotes à avoir pris le départ d’une course de F1.

Ainsi, nous trouvons donc Alguersuari, Thackwell, Rodriguez, Alonso, Tuero, Amon, Vettel, Button, Cheever et Marques. S’il est trop tôt pour juger d’Alguersuari, et que Vettel et Alonso n’ont pas à souffrir de discussions, le cas Button est plus délicat, mais il s’explique par des choix de carrière assez désastreux. Mais heureusement, Button n’a pas eu à en souffrir ad vitam eternam, acquérant haut la main son titre bien mérité l’an passé. Jetons maintenant un coup d’œil aux autres pilotes.

Thackwell a eu une carrière en F1 assez météorique. Pas dans la progression, mais dans la durée. Remplaçant Mass au pied levé, sans jamais avoir remporté de titres majeurs avant, il ne confirma pas cette promotion trop rapide, et bien que s’aguerrissant en F2 notamment, il n’aura jamais vraiment de seconde chance, même après ce break de quatre ans. Esteban Tuero aura connu le même genre de carrière, la manne financière en plus. Bien que sympathique, l’argentin n’aura duré qu’une saison chez Minardi. On ne le reverra jamais plus, et on ne l’avait pas beaucoup vu avant en raison de performances manquant de consistance et de constance.

Ricardo Rodriguez appartient lui à un autre temps, celui des années 1960. Il était aussi plus talentueux. Faisant rapidement ses preuves chez Ferrari, il confirmait petit à petit avant de mourir lors des qualifications au Mexique, à peine un an après avoir débuté. Une fin moins tragique pour Chris Amon, dont les qualités ne sont pas à renier. Malgré quatre ans à végéter en ventre mou de la grille, il a une chance chez Ferrari. Sans succès. Des podiums, oui. Des pôles, oui. Mais jamais de victoires. Ni chez Ferrari ni chez March, ni chez Matra, ni ailleurs. Ne réussissant pas à capitaliser son talent en succès en F1, il quittera la F1 au bout de treize saisons. Mais le manque de succès, Amon n’en souffrira guère ailleurs, preuve s’il en est son palmarès en Prototypes, qu’il menait en parallèle de la F1. Cheever connaîtra le même chemin. Bien que talentueux, ses résultats étaient inégaux selon les catégories. Ne rencontrant jamais le succès en F1, malgré les occasions et des choix d’équipes assez peu inspirés, il aura su marquer le pinacle du sport automobile en monoplaces dans le championnat CART, remportant notamment les 500 miles d’Indianapolis.

Et au milieu de cela, un Ovni. Tarso Marques. Oui, je vous vois sourire. Mais Tarso était un de ces pilotes très brillants en formules de promotions, qui plus est armé d’un bon bagage financier, mais qui n’aura jamais percé en F1. Mais voulant trop vite accéder à la F1, il cèdera aux sirènes de Minardi à 20 ans qui cherchait du cash plus frais que celui de Fisichella. Mais cela le grillera aussi, puisqu’il jouera les remplaçants chez Minardi cette saison, la suivante… puis quatre ans plus tard, ou la comparaison avec Alonso était trop forte pour lui.

Au final, bien que conscient que dix -pardon neuf- pilotes soit un nombre trop restreint pour juger. Mais sur ces neuf pilotes, on trouve : deux champions du monde, plus un en puissance, trois pilotes doués mais n’ayant jamais concrétisé par manque de temps, choix ou encore pour raison de mort. Mais aussi trois carrières météoriques dans le temps, dont une plus longue en raison d’une valise de cash. Un tiers de vainqueurs, un tiers de bons, un tiers d’échecs totaux. Sur ce, je vais donc dévoiler mon opinion totalement personnelle et subjective : commencer sa carrière très jeune est à double-tranchant, voire triple. On peut tout aussi bien s’y brûler les ailes, convertir plus ou moins rapidement son talent immense, ou bien s’accrocher mais mener une bonne carrière, sans grande gloire néanmoins. En revanche, marquer des points le plus jeune possible – même si marquer des points est plus facile qu’auparavant – est un signe plus qu’encourageant vers le succès. Comme quoi, je ne vous apprends pas quelque chose de nouveau.

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l’affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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