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Un Nürburgring pas si couvert

Nürburgring

Le GP d’Allemagne permet de voir se dessiner quelques changements de hiérarchie, qui impacteront peut-être l’issue de la saison, même si Vettel jouit toujours d’une avance assez confortable. Faisons le point.

En signant sa deuxième victoire de la saison, Hamilton semble avoir mis ses soucis personnels de côté, et c’est tant mieux. McLaren semble avoir récupéré de ses problèmes britanniques, et certains y verront peut-être un retour aux règles d’avant sur les soufflages d’échappements. Néanmoins, Button paraît en difficulté avec l’exercice des qualifications, et ce nouvel abandon ne lui facilite pas les choses au niveau du championnat. Lui qui mise sur la stratégie pour récupérer de ses mauvaises performances du samedi se voit stoppé par des erreurs humaines (stands à Silverstone), ou par la fiabilité (hydraulique au Nurburg). Dans un championnat où la régularité et la fiabilité joueront un rôle primordial, ne pas scorer aux échéances où la Red Bull semble rentrer dans une période moins faste est dommageable.

Chez Red Bull en revanche, le mystère reste à percer. Si Vettel n’a pas paru dans le coup pour jouer la victoire, il a limité les dégâts ne cédant une nouvelle fois que quelques points de son immense avance. L’enjeu local lui a peut-être mis la pression, mais l’allemand ne tombe plus dans les travers de l’année passée. Pour sa part, Webber avait su faire la différence en qualifications, mais une nouvelle fois, son point faible a parlé : les départs. Un phénomène récurrent chez l’Australien qui doit réagir avant que la saignée ne s’amplifie. Et surtout, il se doit de sauver l’honneur en signant une victoire assez rapidement, là où son coéquipier en a signé déjà six. La Hongrie sera peut-être l’occasion de transformer l’essai, si la Red Bull est aussi aérienne que l’an passé sur le tourniquet hongrois.

Pour Ferrari, pas grand chose à dire. Massa hausse un peu le niveau en restant néanmoins assez loin d’Alonso, qui a de nouveau bataillé pour la victoire. On peut constater en tout cas qu’au final, la Ferrari est là même en ayant fait un demi-tour règlementaire. Un retour à la régulière, chose n’est pas coutume. Si les trois équipes de pointe peuvent jouer la victoire, le championnat pourra être plié aussi rapidement, mais pourra également offrir de belles courses disputées, encore plus qu’en ce début de saison.

Derrière, le milieu de grille est très disputé, et ce sont les qualités du châssis selon les pistes qui font la différence. Force India remonte légèrement la pente, avec un Sutil enfin lancé et un di Resta qui lutte à l’entrée des points sans trop de réussite, entre problèmes de stands et secondes perdues en piste (avec Heidfeld ce week-end). Mercedes semble dévolue à son rôle de quatrième force, comme l’an passé, avec un Schumacher plus proche de Rosberg que l’an passé, mais toujours derrière. Chez Lotus Renault GP, ça tâtonne sévère entre pneus et échappements, et Petrov a sauvé un point. On constatera avec un peu de désolation que la compréhension des pneus n’est toujours pas au rendez-vous, et qu’Heidfeld n’est pas au niveau où on l’attendait, d’après la bouche de Boullier ! Faut-il y voir un rapport avec le fait que Senna roulera vendredi à Budapest à sa place ? Il n’y a qu’un pas… Derrière, Sauber n’est pas loin, Kobayashi récolte les points dès que possible malgré s’être troué en qualifications, tandis que Perez démontre qu’il a sa place, Telmex ou pas.

Les Toro Rosso et les Williams semblent plus en difficulté derrière. Williams avait d’ailleurs retiré son Kers ce week-end, mais qui a vu la différence ? Chez Grove en tout cas, il apparait que Barrichello est en position aussi délicate qu’Heidfeld chez LRGP. Des sources affirment que le brésilien est perdu dans le développement de la monoplace cette saison, et que sa cinquième qualification derrière Maldonado n’est pas pour plaider en sa faveur. Une chance pour Rubens que Maldonado n’arrive pas encore à tenir un rythme de course des plus constants.

Pour les petites équipes, Lotus est devant. Enfin, Kovalainen, car Trulli avait laissé sa place à Chandhok, et celui-ci n’a pas fait de miracles pour sa première course depuis Silverstone… 2010 ! Si ce week-end était de test, le prochain n’offrira pas d’arguments aussi cléments pour l’Indien. Virgin assume sa place derrière Lotus, en attendant mieux. Glock et d’Ambrosio paraissent au même niveau. Et en dernière place, Hispania, où Ricciardo était beaucoup plus proche de Liuzzi qu’il y a deux semaines. Il finira d’ailleurs dans le même tour que les Virgin, alors que Liuzzi a dû s’arrêter en course. Les deux pilotes continuent de jouer leur avenir, et il n’est pas si ridicule à vrai dire.

Place dès vendredi au Grand Prix de Hongrie, qui n’a pas pour habitude d’offrir des Grands Prix passionnants, mais la règlementation offrira peut-être une version différente. D’ailleurs, puisque l’on parle de règlementation, le changement de pneus dans les derniers tours nous a rappelé le ridicule de Bridgestone à Monza l’an passé, et il serait de bon goût d’abroger cette règle une bonne fois pour toutes.

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l'affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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