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Formule 2 : impressions revues à la hausse

FIA Formula Two

Soyons honnêtes. Nous n’avions jamais vraiment eu une bonne opinion de la Formule 2. Si le concept nous avait paru intéressant de par son égalitarisme à outrance et de ses coûts défiants toute concurrence, il nous avait déçu de par sa sécurité en 2009 (décès d’Henry Surtees), ainsi que par la faible qualité de son plateau l’an passé. Et pourtant, nous avons revu notre jugement.

La Formule 2 n’a pas atteint tous ses objectifs. Si les coûts sont atteints, et l’égalité entre les pilotes assurée, le contre-pouvoir au GP2 espéré par Max Mosley n’est pas. Recréer une version moderne du championnat européen de Formule 2 qui avait existé de 1967 à 1984 n’était pas chose aisée. Surtout lorsque la F2 de l’époque rivalisait presque avec les F1 les moins rapides, allant jusqu’à compléter les plateaux de courses parfois ! Le but étant de maitriser les coûts, l’organisation a été confiée à MotorSport Vision, la structure gérée par Jonathan Palmer, et la technologie a été limitée afin de rester rationnels économiquement grâce à des châssis Williams et des moteurs Audi. Dès lors, il devenait impossible de comparer l’ancienne F2 à la nouvelle.

Il fallait alors comparer la discipline comme une alternative à prix low-cost pour accéder à des catégories supérieures, voire la F1 dans de rares cas (le passage rapide de Soucek chez Virgin en 2010). Les superlicences en jeu sont également une bonne carotte, de même que le test chez Williams pour le vainqueur, bien complété l’an passé par des tests en GP2 pour le second et le troisième du championnat.

Le problème subsistant était alors de situer la Formule 2 dans le marasme des formules de promotions. La disparition de la Formula Palmer Audi depuis l’an passé jette encore plus le trouble, l’organisateur étant commun jusqu’alors. Les performances face aux rivales avouées sont que les F2 sont moins rapides que les GP2, plus rapides que les F3, et variables selon les pistes par rapport à la Formule Renault 3.5. Néanmoins, en fin de saison et en période de transfert, cette hiérarchie n’est plus aussi claire. Peut-être en raison des budgets qui occupent un rôle prédominant plus on s’élève. Mais le sport automobile ne saurait être un sport totalement communiste, de la base au pinacle.

Au cours de ce week-end à Magny-Cours, où nous avons eu la chance d’être accrédité par la Formule 2, nous avons eu l’occasion de changer d’avis sur la discipline. D’une catégorie que nous méprisions, nous avons pris goût à l’apprécier en la découvrant sous un jour nouveau. Outre une grande accessibilité, sans doute aidée par un nombre ridicule de spectateurs sur le circuit nivernais, nous avons pu découvrir une formule de promotion qui est toujours en rodage, dans laquelle les acteurs, qu’ils soient pilotes, organisateurs et mécaniciens, sont tous passionnés (si si, même Plamen Kralev !). Une Formule 2 s’apparentant en bien des aspects à une sorte de famille, à un niveau beaucoup plus marqué que les autres disciplines, où les tactiques de clans et d’équipes jouent un rôle incitant aux antagonismes exacerbés. Cet aspect famille protectrice se fait d’autant plus ressentir lorsque Zanella, en difficulté avec son anglais lors de la conférence post-course, se verra entendre dire par Jonathan Palmer himself d’essayer de s’exprimer avec ses propres mots, même si ce n’est pas très correct.

Une ambiance conviviale, familiale, mais qui ne manque pas de professionnalisme. C’est en conclusion ce que nous avons retenu de la Formule 2. Certes, sa place est toujours difficilement situable dans le microcosme des formules de promotions, et il faudra attendre encore quelques années pour avoir des certitudes. La qualité des pilotes sera un facteur certainement important, et surtout, ce qu’ils deviendront dans les années post-F2. C’est là que repose l’essentiel, vu que la voiture n’est fondamentalement pas mauvaise, voire assez performante, que les pistes utilisées sont réputées, et que l’organisation sera rodée.

En attendant, merci la Formule 2 et MotorSport Vision !

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l’affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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