Accueil / Formula E / Le double header, déflation sectaire du sport automobile
Sébastien Buemi (e.dams-Renault) FIA Formula E Championship Donington testings
© FIA Formula E Championship

Le double header, déflation sectaire du sport automobile

C’est désormais officiel, la première saison du FIA Formula E Championship se conclura par ce qu’on appelle communément un double header, deux courses au sein du Battersea Park de Londres.

On pensait le projet remisé depuis l’annonce d’une dixième manche à Moscou pour remplacer celle initialement prévue le 14 février. Au fond, on espérait surtout que ce beau lot de dix épreuves marquerait la norme de cette première année, et que les choses en restent ainsi.

Hélas, le sort en décide autrement. Oui, hélas. Assumons notre déception. Ces dernières années soulignent une tendance inquiétante, une véritable dérive sectaire du sport automobile. Tels les Jésus des temps modernes, les organisateurs multiplient les pains et densifient leurs programmes en augmentant le nombre de départs.

D’un usage presque traditionnel en monoplace via les formules de promotion, peu se souciaient de voir des calendriers s’étoffer. Puis avec l’explosion des coûts, certaines allèrent plus loin avec trois courses, parfois en y ajoutant l’hérésie antisportive des grilles inversées. Cet hiver, des meetings de quatre manches étaient même à l’affiche en Toyota Racing Series et en MRF Challenge.

Bien évidemment, cela est souvent fondé. Ne nions pas les avantages logistiques, influençant de manière globalement positive les budgets. C’est l’exemple typique du Super 6 en AsiaCup Series, où Meritus propose six courses sur une seule semaine pour offrir des tarifs ultracompétitifs aux pilotes des Mygale FB02 déjà bien amorties.

En revanche, la tendance commence à déborder sur des championnats internationaux. Il faut voir rouge. Ainsi la Formula E nous chagrine, tout comme l’IndyCar Series depuis l’an passé, car ce procédé désacralise légèrement l’aspect événementiel d’un ePrix, avec probablement deux vainqueurs d’une épreuve au nom identique. Certains pourraient également en profiter pour « gérer » leur campagne, amassant de gros points ici et là, ou limitant les dégâts sans véritable pression existentielle.

Enfin, et surtout, parce que le haut niveau nous est synonyme d’une certaine intensité dramatique. Des one-shot vers la gloire, sans moyen de se rattraper dès le lendemain. Laisser les concurrents patauger et ressasser jours et nuits le poids de leurs fautes, de pilotage, de réglage, et tant d’autres, au lieu de les isoler le soir pour qu’ils reviennent plus fort au petit matin.

À choisir, on aimerait plutôt des courses plus longues, qui augmenteraient l’aléa, souligneraient l’endurance mentale et physique, impacteraient la fiabilité, tout en préparant mieux à jouer gros avec une seule cartouche.

Cela dit, c’est quand même cool d’organiser deux ePrix pour le prix d’un à Londres pour les spectateurs (un autre avantage des double headers), dont nous ferons partie. Puis certains ont préféré doubler les points d’une finale. Merci de nous épargner cela les gars.

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l'affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

Motor Racing League plugin by Ian Haycox