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FIA Formula E Championship

Top départ pour le FIA Formula E Championship

Mise à jour 07/12/2011 : La FIA a officialisé à New Dehli, lors de la réunion du conseil mondial du sport automobile, le commencement du FIA Formula E Championship en 2013.

Sur la page d’accueil de la FIA, on peut trouver un fichier PDF très intéressant quant à la place des formules électriques dans le sport automobile dans les années à venir.

Alors que la pression verte se fait de plus en plus importante, la FIA offre sa réponse en tant que corps gouvernant des fédérations nationales et des associations motorisées. Le but clairement affiché est d’exploiter un créneau de développement et de promotion des solutions innovantes. Si tant est que l’électrique est une solution innovante, jetez un oeil à l’histoire automobile. Zytek avait d’ailleurs présenté vers la fin des années 1980 une F3000 à batteries.

Cette plate-forme se présente sous la forme d’une stratégie bâtie autour du futur FIA Formula E Championship, que la FIA veut lancer dès 2013. Le PDF lance par ailleurs une date limite (le 14 octobre 2011) pour les inscriptions de structures et de partenaires de 2013 à 2015. Via cette inscription, la Fédération Internationale lance un appel qui ressemble fortement à un cahier des charges, car il est demandé aux acteurs de lister des acteurs souhaités pour le futur championnat, outre les formalités admininistratives et financières habituelles. Cette liste regroupe :

  • Les manufacturiers et concurrents. Il est souhaité des constructeurs globaux établis (les constructeurs de tous les jours), de nouveaux entrants sur le marché automobile ou des constructeurs régionaux (porte ouverte aux nombreux constructeurs exclusivement asiatiques par exemple), des équipes faisant rouler des voitures et des acteurs de la technologie Electric Vehicle.
  • Les sponsors. Les premiers visés sont les acteurs-clés de l’industrie électrique et énergétique. En second lieu viennent les compagnies internationales, les partenaires technologiques et les marques visant un public jeune. Preuve s’il en est que la FIA est consciente du clivage que peut provoquer un sport automobile totalement muet.
  • Les investisseurs, qu’ils soient privés ou publics.
  • Les pistes. Nous y reviendrons plus loin dans l’article. Si la logique tendait vers une intégration avec un championnat FIA déjà existant, il semble que les acteurs de la Formula E auront un mot à dire sur les destinations. La décision sera prise selon le choix de l’organisation et de la participation financière des acteurs, voire d’un investissement en communication, via un focus vers les villes et pays engagés fortement en faveur des déplacements par électrique.
  • Les médias, qui semblent voulus internationaux par la FIA.
  • Le public. La FIA recherche des moyens d’impliquer les fans, mais surtout de viser les premières cibles potentielles du marché électrique. La FIA semble avoir les jeunes urbains comme cible d’après le document. Les revenus du sport sont également recherchés à travers le public, via les tickets d’entrée, les produits dérivés, les jeux, entre autres.

La FIA donnera suite à la phase d’appel par des négociations allant jusqu’au 15 décembre, avant de laisser les structures et partenaires avec le promoteur, s’il est trouvé. Il sera important de constater que la FIA se réserve le droit de ne pas donner de raison à un éventuel refus ou à une rupture unilatérale des discussions. Côté transparence, on repassera.

Si le document est daté du 29 juillet, peu d’écho en a été fait. Il est probable d’imaginer qu’il ne s’agira pas d’une formule monotype. Du moins, si la FIA veut réellement catalyser le développement de technologies électriques via le sport, il est difficile d’y croire par une architecture imposée.

De plus, quel sera l’intérêt du public traditionnel de sport automobile sur la Formula E ? La FIA le reconnaît en page 6, la Formula E a pour but d’offrir une plate-forme d’exposition technologique aux acteurs (vous savez, ce que la F1 devrait toujours être), mais également d’attirer un large intérêt public, incluant les cibles non-traditionnelles du sport automobile. En repensant à la syncope provoquée à l’éventuel 4 cylindres turbo, on comprend aisément pourquoi. La FIA veut faire de la Formula E un sport crédible et une compétition hautement professionnelle. La Fédération souhaite aussi développer la Formula E en une affaire prospère. Ce qui ne sera pas une mince affaire compte tenu des sommes qui devront être dépensées.

Le format du championnat veut s’inspirer des X-Games plus que des championnats existants, avec des évènements centrés autour de la Formula E sur le modèle standalone. Néanmoins, d’autres approches sont ouvertes, en premier lieu celle considérant la Formula E comme course de support à un autre évènement, qu’il soit de sport automobile ou d’autre. La FIA ne cache pas que le format sera capital pour l’attrait du championnat.

Même si la Fédération laisse la parole aux acteurs sur les destinations, la FIA indique sa préférence pour des évènements en centre-ville, dans un environnement urbain. Assez ironiquement, on constate que la FIA donne sa préférence à des circuits provisoires « évitant les longues lignes droites ». Des craintes pour les batteries ? Le format des courses prend en compte le niveau assez bas de l’autonomie des batteries électriques. La préférence pour l’heure est donnée à des courses courtes, très courtes, de 15 minutes sur ces fameux circuits en ville sans ligne droite ! La FIA reconnaît qu’il pourrait s’agir d’un désavantage notable comparé aux autres sports mécaniques, mais voit en cela l’occasion d’avoir une certaine liberté dans l’organisation des évènements tant sportifs que non-sportifs. La Fédération assume pleinement l’idée d’établir des séries de tests du style « meilleure accélération », « meilleure autonomie », « meilleur look », … Si les premiers peuvent permettre d’établir des classements annexes de comparaisons sur les technologies employées, le dernier exemple met les deux pieds dans le sport-spectacle. Espérons que cela ne versera pas dans le Jacky-Tuning.

Le spectacle ne s’arrête pas là, puisque la FIA désire mettre en place des activités éducatives sur les transports électriques (on voit déjà certains mouvements critiquant le pétrole changeant leur cheval de bataille sur le nucléaire, par exemple). Dans les autres idées de la FIA, on trouve également des courses de support, façon course de dragsters, pour montrer l’accélération des véhicules électriques (un des rares avantages pour l’heure). Ou encore un jeu sur la dimension musicale, avec des musiques en fond sonore, ou des bruits aérodynamiques. Les fans ne seront pas en reste, la FIA comptant surfer sur l’interactivité.

La Formula E vise à devenir un championnat global rapidement. Seule la F1 réussit pour l’heure ce tour de force. L’électrique séduira-t-il les pays émergents, tant dans l’accueil des courses que dans des partenariats régionaux, aux niveaux logistiques, organisationnels et technologiques ? Les questions se posent légitimement, les lobbyistes de la FIA auront fort à faire dans les dix-huit mois à venir s’ils veulent que la saison inaugurale de 2013 ne soit pas un fiasco.

La crédibilité environnementale restera le point-clé du championnat. Le « greenwashing » ambiant a poussé la FIA à mettre en place la Formula E, et tous les acteurs du championnat devront veiller à développer une logistique irréprochable et un judicieux usage des ressources sinon le public s’empressera de dénoncer une mascarade de communication. C’est à craindre, malheureusement.

Concernant les voitures, même si les régulations techniques ne sont pas terminées, la Formula E sera une monoplace totalement électrique. Son design sera voulu innovant pour se démarquer des autres disciplines, avec une sécurité également voulue avant-gardiste. Il faudra veiller à ne pas trop en demander. La trainée et le poids sont officiellement voulus faibles, même si les 780 kilogrammes avec pilote en poids minimum disent le contraire. Le poids des batteries sans doute. Les performances visées sont celles de la Formule 3 sur une durée de quinze minutes. C’est à peu près ce que propose le projet Formulec pour l’heure. Certaines parties de la voiture seront peut-être monotypes. La FIA hésite encore sur les châssis et les trains roulants. Les hésitations dans ce domaine viennent probablement d’une peur de dissuader certains acteurs avant même leur engagement. Les décisions finales viendront courant septembre, suite aux résultats d’une étude de marché. S’ils sont mauvais, la FIA lancera un appel d’offre pour un fournisseur unique sur ces parties.

Ces décisions joueront un grand rôle pour ce qui pourrait représenter le premier championnat d’envergure à l’électrique. Un championnat qui ne semble pas vouloir remplacer les championnats traditionnels. Un soulagement pour beaucoup.

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l’affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

4 plusieurs commentaires

  1. En dehors de mon très grand scepticisme sur l’intérêt sportif de ce projet, je crois que la F.I.A. en visant un public jeune se trompe de cible.
    Il n’y a qu’a fréquenter les centres urbains pour s’apercevoir que certains jeunes (pas la majorité mais nombreux quand même) possèdent des véhicules,et occupent leurs soirées à « bouffer » du pneu en faisant « ronfler » les moteurs (essence pour la majorité) avec un grand nombre de « spectateurs », nous sommes donc bien loin de la soit disante préoccupation « écologique » des jeunes.
    En outre le marché du « pot d’échappement dit sportif » de seconde monte même s’il est moins porteur que dans les années 70/80 se porte bien.
    J’ai du mal à imaginer une foule de jeunes en délire devant le vrombissement d’une attaque de « Frelons » (les nouvelles formules) dans les rues de nos villes
    En outre, malheureusement la préoccupation écologique n’est pas et de loin un problème planétaire car entre les pays qui ne veulent pas (USA, CHINE…), ne peuvent économiquement pas (principalement les pays du 1/3 monde), n’ont aucun intérêt à cette formule (Pays producteurs de pétrole ou producteur éthanol) ce projet ressemble plus à une réponse aux attaques des « écolos bien pensant prônant le retour aux chars a bœufs qu’a une réalité

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