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GP2 : Entretien avec Nathanaël Berthon

Sam Bird rejoint ISR en 2012

Nous avons contacté Nathanaël Berthon pendant la trêve estivale, à l’instar de son coéquipier chez Racing Engineering, le Suisse Fabio Leimer. Le Français est maintenant habitué aux formules de promotion les plus élevées et relevées d’Europe, et il a accepté de décortiquer pour nous ce que les résultats ne font pas forcément apparaître.

Comme le souligne Nathanaël, si le sport automobile se résumait au pilotage, alors l’affaire serait moins corsée ! En réalité, les points importants sont selon lui très nombreux et tous essentiels.

Le sport auto n’est pas seulement du pilotage, il y a beaucoup de connaissances et de savoir-faire annexes à prendre en considération. A ce niveau-là, c’est ton métier, il faut être très professionnel dans tout ce que tu entreprends. Cela commence par la préparation physique, mais aussi avec le dialogue avec tes ingénieurs et tes mécaniciens, le travail sur le simulateur également… Tant de petites choses mais qui au final mises bout à bout te font réussir à être performant.

Nous avons trop souvent tendance à l’oublier, il s’agit également d’un sport collectif, d’équipe. Si les consignes d’équipe, pour ne citer qu’elles, choquent autant, c’est souvent car la superposition de la vision « sport individuel » axée sur le pilote et celle du sport par équipe, trop souvent recouverte d’un épais brouillard trop peu souvent exposé à la lumière du jour, en font oublier certains aspects. Et sur ce point, Nathanaël est formel : la cohésion d’équipe est primordiale !

Je pense que là où l’on apprend le plus c’est dans la difficulté. Ma deuxième saison avec ISR [cf. photo] a été très compliquée à gérer pour différentes raisons. Ce que je retiens c’est que rien n’est jamais acquis et qu’il faut se battre non-stop pour accrocher des victoires. Le dialogue avec l’équipe et les gens qui travaillent avec toi est primordial. Sans une bonne entente et une bonne communication, il est impossible de bien travailler.

Un pilote a aussi quelques objectifs qui se superposent : le long-terme côtoie rapidement le court-terme et l’immédiat. Le discours est souvent unanime et prononcé à l’unisson : il faut se concentrer sur chaque jour, chaque course, et même si l’on regarde vers l’horizon pour anticiper ce qui peut se produire, difficile de s’extraire des instants présents !

Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve. Pour l’instant, je suis pilote de GP2 et je suis concentré à 100%. Tout ce que je sais, c’est que je veux être pilote et que j’ai ça dans le sang.

Les essais jeunes pilotes font partie de l’avenir, et comme les changements sont très rapides et soudains dans le sport automobile, rien n’est jamais réellement certain à l’avance.

Il y a toujours des possibilités, après je ne sais pas si cette année je pourrais avoir les mêmes conditions que l’année dernière. Encore une fois, l’année de GP2 n’est pas terminée et je préfère me concentrer sur la GP2.

Enfin, un dernier conflit en termes d’objectifs : vaut-il mieux privilégier un podium ou une victoire ? Pour Nathanaël, le pragmatisme est de rigueur : si victoire il y a, superbe, mais les podiums sont tout aussi bons à prendre !

Très honnêtement, je cours pour gagner. Je n’ai pas d’autres objectifs. Mais je ne crache absolument pas sur un podium car il a quand même fallu se battre pour aller les chercher. J’espère qu’ils en appelleront d’autres !

L’adage dit souvent que les bons pilotes français se présentent par passe. Ces derniers années ont constitué des pépinières de talent en GP2 comme en Formule Renault 3.5 – ce qui permet à trois français de se retrouver en Formule 1 cette saison, avec toutes les circonstances annexes incluses bien entendu (financement, soutiens, etc.). Parmi cette multitude de talents, il est difficile de savoir ce qu’un Nathanaël Berthon ou un Tom Dillmann deviendront à l’avenir. Ce qui est sûr, c’est que leurs bonnes performances plus ou moins régulières démontrent un bon coup de volant et pourront leur permettre de faire carrière en sport automobile, pas forcément en Formule 1 mais parmi toutes les disciplines que comptent le sport automobile ! Quoi qu’il en soit, la France a un bel avenir devant elle en sport automobile, elle doit tâcher de le valoriser et de ne pas le gâcher. Nathanaël Berthon et les autres sont chargés de s’en assurer.

À propos Juliette Follin

Juliette vous apporte les actualités, interviews et résumés de meetings de course sur un plateau, quelle que soit la discipline. En parallèle, elle supervise l'aspect technique et graphique sur le site et les réseaux sociaux.

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