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GP2-FR3.5 : Vitrines des jeunes pilotes : efficaces ?

Pilotes sur la toile

Le championnat des GP2 Series est arrivé à son terme le week-end dernier, l’occasion d’imaginer les meilleurs prétendants potentiellement pilotes de Formule 1 dans le court ou moyen-terme. D’un autre côté, le championnat de Formule Renault 3.5 n’est pas terminé, mais une multitude de pilotes talentueux s’y côtoient.

Evaluer la vitrine des pilotes de course : le site internet

Le numérique a intégré nos vies de façon importante, et les pilotes comme les disciplines se retrouvent contraints et forcés à se plier aux standards du web. Des nouveautés qui impliquent des avancements distincts, et une bonne communication ne va pas forcément de pair avec des résultats exceptionnels, et inversement !

Ainsi, pour évaluer les potentiels pilotes F1 de demain sur ce plan, nous avons pris le top 5 du championnat de GP2 Series, ainsi que le top 5 du championnat de Formule Renault 3.5, en amont de la manche du Paul Ricard. L’idée n’est pas de dire que tel pilote est prêt car sa communication est bonne, mais de donner des idées à chacun d’entre eux qui pourraient optimiser leur vitrine, d’un point de vue certes subjectif mais qui se base sur plusieurs critères précis pour évaluer chaque plateforme.

Les pilotes concernés sont donc Davide Valsecchi, Luiz Razia, Esteban Gutiérrez, Max Chilton et James Calado pour le GP2 ; Robin Frijns, Jules Bianchi, Sam Bird, Marco Sorensen et Arthur Pic. Avec en supplément un site très avancé sur les points d’évaluation, le pilote d’IndyCar James Hinchcliffe.

Capture d'écran Hinchtown.com | site officiel de James Hinchcliffe

Médias sociaux, interaction/engagement et contenus

Globalement, tous les pilotes ont compris que les médias sociaux étaient importants, mais l’idée de le préciser sur le site internet n’a, semble-t-il, pas traversé l’esprit de Max Chilton. Si Esteban Gutiérrez est présent sur une variété de réseaux sociaux, il se fait couper l’herbe sous le pied par James Calado, dont le site tout récemment dévoilé est conçu autour des médias sociaux, avec possibilité de consulter le dernier tweet et le retweeter, les dernières photos Instagram et plusieurs vidéos YouTube accessibles sans quitter le site. La perfection n’est pas atteinte, cependant, puisque pourquoi pouvoir retweeter et non répondre ou mettre en favori ? La possibilité d’afficher le dernier tweet seulement est également intéressante et élégante, mais ne vaut pas le plugin Twitter qui permet d’accéder à davantage de contenu.

Au niveau de l’interaction et de l’engagement des visiteurs, les choses changent quelque peu. Esteban Gutiérrez gagne cette manche, répondant aux attentes de publics variés avec une zone média et une interaction avec les fans développés, incluant une boutique en ligne certes limitée mais rare pour un pilote de formules de promotion. A noter également que Sam Bird réalise des podcasts réguliers, un bon point, tandis que Luiz Razia tient un blog. Dommage que ce dernier soit externe au site internet, mais sur le fond cela ne change pas grand-chose.

Le contenu est très hétérogène selon les pilotes, mais sur ces points Davide Valsecchi et Jules Bianchi sont les plus complets sur le plan de la quantité. La qualité est à peu près similaire selon les pilotes, à l’exception de Robin Frijns et Marco Sorensen qui sont en-dessous : liens externes renvoyant vers d’autres sources, communiqués classiques ou reprise d’articles à partir du web.

Le fond est essentiel, mais la forme habille le tout !

Parlons subjectivité visuelle, désormais. Commençons d’abord par un détail qui n’a l’air de rien mais qui importe : la favicon. Vous savez, cette petite icône qui s’affiche sur l’onglet de votre navigateur à côté du titre du site que vous consultez. Un point a été attribué à ceux qui en ont une, les autres en sont donc dépourvus. Parmi les bonnets d’âne sur cette particularité, on retrouve Luiz Razia, Max Chilton, Robin Frijns et Marco Sorensen.

Deux points supplémentaires : d’abord la facilité et le confort de navigation. Dans l’idéal, un site ne doit pas solliciter la réflexion du visiteur. Le meilleur sur ce point est Max Chilton, qui s’en tient au minimum syndical, certes, mais en rendant les informations disponibles facilement et immédiatement accessibles. Seul bémol, qui s’apparente cependant au contenu : la page d’accueil est quelque peu vide. Mais si le contenu du site est vaste, l’accessibilité des informations « sans effort » demeure possible. C’est pour cela que Jules Bianchi, avec un site qui ne tient que peu de place pour être visible d’un coup d’œil, tire parti très habilement d’un menu à un niveau qui se décline parfois en deux niveaux, seulement si nécessaire, pour permettre un classement de l’information pertinent et logique. Le visiteur s’y retrouve. Certains bénéficient d’un confort de navigation poussé, mais quelques erreurs font perdre des demi-points, à l’instar de James Calado, dont le formulaire de contact se retrouve en bas de la page consacrée aux partenaires.

Enfin, le design. Ici, avantage au site le plus récent, celui de Calado, dont le caractère récent se ressent dans la modernité du résultat final. Un bémol, cependant : on aurait pu s’attendre à un site dit « réactif », qui s’adapte au format de votre écran, pour les terminaux mobiles. Mais il ne s’agit pas de promouvoir un designer web mais un pilote de course, ainsi les exigences ne sont évidemment pas les mêmes ! La pertinence du choix des couleurs et des polices est également au rendez-vous. En bref, une vitrine sophistiquée, adaptée aux exigences des réseaux sociaux mais qui manque de caractère et d’interaction.

N’oublions pas un aspect qui révèle la personnalité du pilote : le logo. Un logo, c’est une sorte d’ultimatum : ou ça passe, ou ça casse. Certains n’ont pas besoin de chercher loin pour bien faire : regardez Sam Bird, qui tire parti pour son nom de famille pour y inclure des ailes, ce qui fait également référence aux métaphores des journalistes du style : « il vole littéralement » (le fameux he’s flying), qui font référence à la vitesse et à la performance, des qualités qu’un pilote doit détenir. Encore une fois, on retrouve en queue de peloton Robin Frijns et Marco Sorensen.

Résultats et morale de l’histoire

Les résultats détaillés de cette évaluation sont disponibles ci-dessous, et James Calado tire forcément l’avantage d’avoir lancé son site internet il y a moins d’une semaine ! Néanmoins, l’égalité avec Sam Bird montre que cela ne pèse pas tant que cela finalement.

Pilote Note Médias sociaux Engagement Contenu Design Accessibilité Favicon Logo
James Calado 12,9 4,5 1 3 4 4 1 2,5*
Sam Bird 12,9 2 2,5 3 2,5 4 1 5
Esteban Gutiérrez 12,58 4 3,5 2,5 2,5 2 1 4
Jules Bianchi 11,94 2 0,5 4 3,5 4,5 1 3
Arthur Pic 11,94 4 1 3 3 3 1 3,5
Davide Valsecchi 11,29 2 1 4 3,5 3 1 3
Luiz Razia 10 3,5 3 3,5 2 2,5 0 1
Max Chilton 7,74 0 0,5 1,5 3 1 0 2
Robin Frijns 5,16 3 0 2 1,5 1 0 0,5
Marco Sorensen 2,26 1,5 0 1 0,5 0,5 0 0
Référence
James Hinchcliffe 18,06 4,5 4,5 5 4,5 4,5 0 5

 

*Le logo n’étant pas clairement visible, jugement en fonction de la Favicon

Dans l’ensemble, les notes sont plutôt basses et la comparaison avec James Hinchcliffe fait mal. Cela dit, il s’agit là non pas une critique du travail de ceux qui ont des compétences adéquates pour faire ce type de prestation, puisqu’en prenant pour référence un pilote qui avait fait le constat que tous les sites de pilotes se ressemblaient et « craignaient », à quoi fallait-il s’attendre ? Par ailleurs, aucun site n’est foncièrement mauvais, mais tous gagneraient à être adaptés aux demandes de demain : l’interaction poussée à son paroxysme, avec des possibilités de commenter partout, que ce soit sur les actualités récentes ou sur les galeries photos. L’utilisation de Facebook pour la galerie de James Calado donnait l’espoir de ce type d’interaction dans le site en lui-même, mais cela n’est pas le cas aujourd’hui. D’autant plus qu’il faudrait que ces interactions conviennent au pilote, car derrière les claviers, les mots se déchaînent plus vite que les pensées… Mais Twitter les expose déjà à ce genre de désagrément.

Enfin, pour les sites les plus durement jugés, il est évident qu’il s’agit de pilotes qui montent en puissance depuis peu sur une scène plutôt médiatisée. Si les pilotes s’étaient battus à armes égales sur ce terrain, les choses n’auraient pas été les mêmes. Il faudrait juger dans plusieurs années, si le potentiel se concrétise : alors les efforts de promotion personnelle seraient plus importants, et ne l’oublions pas : seuls les résultats en piste comptent au final. Ces vitrines ne sont que des paillettes représentatives des moyens entrepris et de la créativité de ceux qui promeuvent le pilote, pas le pilote en lui-même.

Au fond, existe-t-il meilleure créativité que celle du pilote qui tente un dépassement par tous les moyens ?

À propos Juliette Follin

Juliette vous apporte les actualités, interviews et résumés de meetings de course sur un plateau, quelle que soit la discipline. En parallèle, elle supervise l'aspect technique et graphique sur le site et les réseaux sociaux.

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