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Adrian Quaife-Hobbs 2013 GP2 Series Spa-Francorchamps
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Portrait – Adrian Quaife-Hobbs, en route vers la Formule 1

Le Britannique Adrian Quaife-Hobbs, que nous avons rencontré à Spa-Francorchamps pour une longue interview, fait son chemin parmi les formules de promotion, avec à son actif notamment le titre d’Auto GP 2012.

Auparavant lié à Marussia, le natif de Pembury n’a ensuite plus eu les soutiens de la structure, à l’instar de Robert Wickens, champion 2011 de Formule Renault 3.5 devant Jean-Eric Vergne qui a dû bifurquer en DTM et s’est récemment imposé dans cette catégorie. Quant au Britannique, la suite des événements l’a conduit à son titre de l’an passé et cette saison de GP2 Series.

Naissance d’une vocation

La société Quaife Engineering fournit depuis plusieurs décennies des transmissions aux équipes de sport automobile. Le cousin d’Adrian Quaife-Hobbs, Phil Quaife, concourt en GT. Avec cette emprunte sport automobile familiale, l’arrivée du Britannique en karting ne s’est pourtant pas imposée d’elle-même.

J’ai toujours été déterminé pour courir en karting, mais mes parents ne souhaitaient pas vraiment me voir me lancer dans cette voie. Mais bon, au fil des anniversaires, ce genre de choses, j’ai pu avoir un karting à onze ans. J’ai adoré le piloter, d’abord dans le jardin, puis une fois par mois, tous les quinze jours, chaque semaine et ainsi de suite jusqu’à devenir permanent.

Après le karting, le Britannique a remporté le championnat 2005 de T-Cars, un championnat national de touring cars, devenant le plus jeune pilote à remporter un championnat MSA à 14 ans et 8 mois. Il est ensuite devenu le plus jeune pilote à recevoir la récompense du BRDC Rising Star l’année suivante. Il remportait dans le même temps le Formula BMW UK Scholarship Award qui l’a lancé dans cette catégorie en 2007.

Une pole a suivi en début de saison à Rockingham, l’année où il réalisait un podium en Formule Renault 2.0 NEC à Spa-Francorchamps. Cette année-là, il avait concouru à quatre courses dans ce championnat, terminant dans le top 5 sans exception.

Adrian Quaife-Hobbs reste fidèle à la Formule Renault et ses déclinaisons, s’imposant au Mugello en Formule Renault 2.0 Italie en 2008. En 2009, il termine quatrième de deux championnats de Formule Renault avec Motopark, en Eurocup et NEC. Motopark l’a fait piloter quatre courses en F3 Euro Series l’année suivante, où son programme principal se situait ailleurs…

Adrian Quaife-Hobbs portrait 2013 GP2 Series Spa-Francorchamps

Premiers contacts avec la catégorie reine

L’année 2010 marque l’arrivée du championnat de GP3 Series, l’une des courses support de la Formule 1. Pour sa première saison avec Manor Racing, le Britannique a réalisé un podium et un meilleur tour. Une adaptation qui laissait augurer une montée en puissance l’année suivante ?

En 2011, Adrian Quaife-Hobbs aborde sa deuxième saison en GP3 Series, oùValtteri Bottas avait été sacré champion devant James Calado. Cinquième au championnat, celui-ci a pourtant fait figure de candidat au titre.

On a manqué de chance. Quelques problèmes de fiabilité nous ont affectés, on s’est généralement qualifié dans le top cinq à chaque course. On pouvait encore prétendre au titre en fin de saison, mais au final j’ai terminé cinquième [ex-æquo avec Nico Müller, qui prenait la quatrième place au nombre des troisièmes positions, ndlr]. C’était malgré tout une bonne saison, où l’on a pu prouver un certain potentiel.

C’est dommage, cela dit, d’avoir connu des courses comme celle de Spa-Francorchamps, où j’étais 2e avant un problème moteur. La course précédente, on n’avait pas pu prendre le départ en raison d’un autre problème de fiabilité. C’aurait pu être bien plus serré, c’est dommage que les choses se soient décantées ainsi.

Cette année-là, Marussia l’intègre comme pilote de réserve de son équipe F1, appelée Marussia Virgin Racing à l’époque. Les sentiments sont partagés entre une première expérience en F1 appréciable et le fait d’être laissé tomber et de devoir continuer sans ce pied dans la catégorie reine.

Mon arrivée en Auto GP n’était pas planifiée à l’avance. Bien sûr, avec Marussia j’ai débuté un programme de développement mais il fallait apporter de l’argent. C’est pour cela que les pilotes ont changé. A l’époque, c’était Robert Wickens et moi qui étions soutenus. C’est tombé à l’eau, on est donc passé par l’Auto GP et ça s’est plutôt bien passé pour moi !

L’expérience en F1 était super. Clairement, on en rêve tous. L’approche est très différente, beaucoup de monde travaille sur une seule voiture et le pilote a moins de marge de manœuvre sur ce point de vue. Il y a plus de gens qui s’occupent d’une même F1 que l’ensemble des mécaniciens de l’équipe !

Finalement, le Britannique a su saisir l’occasion qui lui était offerte en remportant le titre. La domination aurait pu être plus marquée encore sans quelques approximations et une dose de malchance, mais Adrian Quaife-Hobbs a survolé le plateau et succédé à Romain Grosjean et Kevin Ceccon. Il s’explique sur ses week-ends moins performants de la fin de saison.

A Curitiba et Sonoma, malgré de moins bons résultats, nous avions décroché la pole aux deux meetings avec un large écart face à la concurrence, près de six dixièmes à Sonoma par exemple. Nous avons eu à Curitiba un long arrêt aux stands de trente secondes alors que nous étions en tête, ce qui nous a relégué sixième à l’arrivée.

En course 2, j’étais à nouveau en tête avec quinze secondes d’avance mais j’ai commis une erreur qui m’a fait me crasher à l’entrée des stands. A Sonoma, je pars en pole mais me fais sortir au premier virage.

A la course suivante, on part seizième pour finir deuxième à l’arrivée. En comparaison, à Portimão, on était les plus rapides avec les meilleurs temps de chaque séance et les deux victoires en poche.

Le saviez-vous ?

Un pilote de course passe de plus en plus de temps dans un simulateur. Ils sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à coacher les plus jeunes pilotes. Adrian Quaife-Hobbs répond à ces deux affirmations : il travaille sur le simulateur de Pro Performance, l’un des plus perfectionnés pour préparer les pilotes de course, et conseille des pilotes Porsche. Tout cela en réalisant sa première saison de GP2 Series cette année. Cela, il ne le perçoit pas comme une surcharge mais un avantage.

Faire tout cela aide beaucoup, surtout sur des circuits que l’on ne connaît pas en y arrivant. Monaco m’a demandé beaucoup de travail, Sepang et Sakhir aussi. Au final, c’est là-bas que nous avons réalisé nos meilleurs résultats. En comparaison, à Silverstone, on n’a pas été aussi bons… La préparation est indispensable, et les simulateurs s’améliorent de plus en plus. C’est une aide pour tous les pilotes aujourd’hui, surtout vis-à-vis du temps passé en piste.

Personne ne sait encore si l’avenir d’Adrian Quaife-Hobbs se jouera en Formule 1 ou non. Ce qui est sûr, c’est que l’exposition du Britannique est, comme pour de nombreux autres pilotes, encore limitée – même au Royaume-Uni. Puisse cet article aider à mieux connaître un pilote certes discret mais diablement efficace avec une voiture performante, de par son application et son sens de l’attaque plus aiguisé qu’on le croirait au premier abord !

À propos Juliette Follin

Juliette vous apporte les actualités, interviews et résumés de meetings de course sur un plateau, quelle que soit la discipline. En parallèle, elle supervise l'aspect technique et graphique sur le site et les réseaux sociaux.

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