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Y a-t-il trop de formules de promotion ?

Les paddocks sont ouverts à tous aux WSbR

Les plateaux de plus en plus réduits des formules de promotion incitent à la réflexion. Comment la Formule 3 EuroSeries, créée à partir de plusieurs F3 Nationale (dont la Française), s’est-elle retrouvée avec un simple plateau de treize monoplaces ? Comment la F2 ne parvient-elle pas à maintenir son niveau d’une vingtaine de voitures comme l’an passé ? L’AutoGP avec une quinzaine à peine, ou encore la Superleague Formula, avec une quinzaine également à Adria ce week-end, sont aussi des disciplines qui poussent à se poser la question : y a-t-il trop de formules de promotion ?

L’idée émergente au sein de la FIA est de rendre un passage en F3ES obligatoire, pour lutter contre la désaffection de cette discipline. Très loin d’approuver cette idée, qui aurait repoussé de très bons pilotes en F1 ayant déjà fait leurs preuves, on se rend là compte qu’il s’agit d’un moyen de l’instance gouvernementale pour lutter contre la présence de plus en plus forte de Renault dans le paysage des formules de promotion. Bien qu’étant un acteur présent depuis très longtemps dans les échelons menants à la F1, Renault a su prendre depuis 2004, et la définition du GP2 remplaçant la F3000 Internationale, un rôle plus qu’incontournable. Alliant les talents commerciaux de Flavio Briatore aux talents de promoteurs de Bruno Michel, la série a su remplir son rôle. Le renaming et l’internationalisation grandissante des World Series by Nissan en World Series by Renault dans la foulée assurait une omniprésence médiatique, ces dernières combinant les compétitions les plus relevées soutenues par Renault et Nissan. Puis cette année, avec le GP3, ayant des conséquences presque dramatiques pour la F3ES avec son plateau se réduisant de moitié, avec treize pilotes seulement ! La F3UK devenant plus fournie, la santé de ce championnat devint alors plus que précaire… A l’image du championnat moins coté (et plus récent !) qu’était l’International Formula Master qui n’a pas repris cette saison par manque de teams et de pilotes.

Cette série avait été décriée assez vite, comme beaucoup de disciplines maintenues en vie plus ou moins artificiellement. Pensons notamment à l’AutoGP, auparavant Euro Formule 3000 puis Euroseries 3000. Ou encore la « nouvelle » F2. Et force est de constater que les arguments entendus étaient plus que valides. Par la multiplication des disciplines, n’apportant ni innovation ni plus technique, l’éventail des compétitions devenait plus large que les capacités des structures. De même pour les pilotes qui remplissent les plateaux, leur nombre croissant créant un entonnoir de plus en plus large ne facilitant pas l’accession aux catégories supérieures. Le nombre de débouchés n’allant pas en s’augmentant, l’avenir pour les centaines de jeunes pilotes en monoplace n’est pas des plus roses.

On peut aussi remarquer que, tant pour les structures que pour les pilotes, le contexte n’est pas des plus favorables pour trouver des sponsors. Les ayatollahs verts frappent de plus en plus les grosses sociétés qui parrainaient autrefois les acteurs du sport automobile. Et comme le tabac n’est plus là, et presque plus l’alcool… Certains organisateurs des séries les moins dotées pensaient contourner ce problème par la prise en charge de tous les frais, mais sans sponsor-titre cela devient plus délicat. On en avait parlé pour la Superleague Formula récemment, qui n’atteindra l’équilibre que cette année dans le meilleur des cas, l’année où l’autonomie financière des teams est réclamée. D’ailleurs, si le plateau de cette discipline se réduit, les teams invoquent des difficultés financières comme responsables de leurs absences. Et cela est d’autant plus évident dans d’autres disciplines moins éclairées. D’où l’intérêt en mon sens de procéder ces prochaines années à une vaste rationnalisation des disciplines de promotion. Car quitte à avoir moins de catégories, celles-ci seront plus fournies. Le niveau sera également d’autant plus relevé, puisque la dispersion des séries a entrainé mécaniquement un abaissement du niveau (plus de redoublants, plus de pilotes payant intégralement leurs saisons). Au delà des intérêts assez primaires et nationalistes de certains promoteurs, une telle concertation serait plutôt salvatrice, notamment dans cette époque charnière qui s’annonce pour l’ensemble du sport automobile, de la F1 aux formules des débutants.

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l'affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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