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Le retour de Juan Pablo Montoya en IndyCar Series est-il possible ?

Juan Pablo Montoya en Nascar conférence de presse

Quelques jours après l’annonce de la fin de son contrat en NASCAR avec le Chip Ganassi Racing, Juan Pablo Montoya et Michael Andretti ont confirmé être en discussion pour un retour en IndyCar Series.

Pilote de NASCAR depuis 2006, le Colombien avait fréquenté les monoplaces américaines entre 1999 et 2000 lorsque Frank Williams l’avait envoyé en CART, chez le Chip Ganassi Racing, pour s’aguerrir entre son titre en International F3000 et ses débuts en Formule 1.

Juan Pablo Montoya 2000 Indy 500 vainqueur

Celui qui sera âgé de 38 ans le 20 septembre prochain avait été sacré champion à égalité de points avec Dario Franchitti dès sa première année avant de terminer neuvième en 2000, une saison où il s’était imposé aux 500 miles d’Indianapolis. Un résultat qui lui permet de partager avec le tout premier vainqueur des 500 miles un taux de victoire à 100% sur le légendaire ovale puisque Montoya avait rejoint la F1 par la suite.

Congédié après le Grand Prix des Etats-Unis de F1 à Indianapolis en 2006, comme le sport automobile sait être ironique, Juan Pablo Montoya était revenu chez Chip Ganassi Racing en NASCAR dans la foulée avec des résultats mitigés, son unique participation au Chase masquant mal son manque de progrès par la suite jusqu’à la rupture de son contrat en fin d’année.

Désormais libre, les rumeurs vont bon train sur le destin du Colombien. Michael Andretti affirme également être en discussion avec le pilote qu’il estime, l’ayant affronté en piste à l’époque du CART. Cependant, le manager de l’Andretti Autosport suspend sa décision finale à des questions budgétaires. L’équipe possède déjà de nombreux pilotes, dont le champion en titre Ryan Hunter-Reay, son fils Marco Andretti, le très populaire James Hinchcliffe mais aussi une partie de la structure faisant rouler le Vénézuélien E.J. Viso, soutenu par PDVSA, et le Colombien Carlos Muñoz, deuxième et meilleur débutant des 500 miles d’Indianapolis cette saison.

Si Michael Andretti n’a aucun doute sur la popularité intacte de Juan Pablo Montoya, tant au niveau des annonceurs que des spectateurs, ni sur l’apport que le Colombien peut apporter à la discipline et encore moins sur l’engagement d’une voiture supplémentaire si un accord économiquement viable le permet, plusieurs points assombrissent le tableau.

Du point de vue de la popularité, celle-ci n’est-elle pas émoussée après plusieurs saisons à végéter dans le ventre mou de la NASCAR ? Certes, le public colombien n’a pas eu l’occasion d’avoir un tel pilote aussi visible pendant ces années, mais il a eu le temps de se lasser. D’autant plus qu’entre 1999 et 2013, la visibilité des monoplaces aux Etats-Unis n’a cessé de décroître aux dépens de la NASCAR.

Juan Pablo Montoya 2006 Formule 1 Indianapolis

Sur les capacités à mettre en place le budget nécessaire pour s’aligner, Juan Pablo Montoya va redécouvrir une situation qu’il n’a plus connue depuis près de quinze ans. A l’époque, le Colombien était un pilote en formules de promotion et devait donc trouver de l’argent pour progresser avant que Williams ne lui facilite la tâche. Pilote payé en F1 par Williams puis par McLaren, avant d’être payé en NASCAR grâce aux primes et son employeur, Montoya risque bien de mettre entre parenthèses ses ambitions salariales pour pouvoir courir l’an prochain. Un aspect difficile à avaler quand on s’approche de la fin de sa carrière. Heureusement pour lui, Montoya possède un palmarès, certes lointain, mais jouant pour lui. De là à trouver un mécène lui permettant de disputer la saison, rien n’est moins sûr. Le natif de Bogota a toutefois six mois pour y parvenir, ce qui ne devrait pas être insurmontable.

Reste enfin le point physique. Les contraintes physiques exigées en NASCAR sont bien différentes de la monoplace, où il n’a pas concouru depuis sept ans, et Juan Pablo Montoya a toujours eu cette réputation d’hédoniste de la gastronomie et du fast food. Légèrement empâté par les années, le vainqueur de sept Grands Prix en Formule 1 va devoir travailler sa condition physique revenir affûté en IndyCar Series. Et même cela n’assure pas son niveau de performances. Les monoplaces ont changé, les tracés ont changé, les pilotes ont changé, les équipes ont changé et Juan Pablo Montoya reviendrait dans une discipline très différente de celle qu’il a connue il y a quinze ans. Si le talent est intact, rien n’assure que les résultats suivront, sans même parler du facteur âge car certains pilotes d’IndyCar Series ne sont plus de première fraîcheur, Dario Franchitti, son adversaire en 1999 ayant désormais 40 ans.

Plusieurs défis attendent donc Juan Pablo Montoya s’il veut revenir et tout dépendra de sa volonté et de ses efforts pour un pilote qui n’a peut-être plus envie de remuer ciel et terre pour courir. Cependant, s’associer avec Andretti Autosport semble logique, tant sportivement qu’économiquement. On sait également que Michael Andretti a envie de placer l’un de ses pilotes en IndyCar Series dans l’une de ses voitures en Formula E. Nul doute que si Andretti signe Montoya, Alejandro Agag, le Bernie Ecclestone de la Formula E, usera de toute son influence pour voir le Colombien s’essayer à sa discipline. Le coup marketing serait parfait pour toutes les parties.

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l'affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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