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L’IndyCar annulé à Qingdao, ou le contexte chinois spécifique

GP de Chine 2011

La première course d’IndyCar prévue en Chine dans les rues de la cité portuaire de Qingdao, prévue le 19 août, n’aura finalement pas lieu. L’annonce est tombée un peu plus de deux mois avant l’évènement.

L’évènement avait été mis en doute à plusieurs reprises, entre attentes du tracé et complications avec les autorités locales. Le chef de l’IndyCar, Randy Bernard, s’était dit confiant, sans succès puisque le promoteur a décidé d’annuler la course après des négociations pour en changer la date.

Bernard estime qu’il y a toujours de la place pour la Chine au futur, même s’il est désormais confronté au problème d’une course de remplacement pour conserver un calendrier de 16 courses, puisque le parrainage d’IZOD sur la série veut un minimum de seize manches et il n’en reste plus que quinze au calendrier provisoire. Le Texas Motor Speedway, le Kentucky, voire même Pocono sont évoqués.

En attendant, les pilotes disposent maintenant d’une pause plus longue entre Mid-Ohio et Sonoma, à trois semaines d’écart. Mais plus que l’annulation, c’est le motif qui sème le doute : le nouveau maire refuse d’accueillir en même temps la course mais aussi le festival de la bière.

Cet exemple illustre une fois de plus la difficulté d’héberger des courses en Chine. On se rappelle ainsi du Zhuhai International Circuit qui était inclus dans le calendrier F1 1999 avant d’être annulé pour des problèmes logistiques. Plus récemment, on se souviendra des courses d’A1GP et de Superleague Formula hébergées dans des conditions assez douteuses dès lors que ces disciplines s’aventuraient hors du circuit de Shanghaï ou d’Ordos.

Il faut ainsi garder que la Chine, malgré ses velléités organisatrices, demeure un pays corrompu et minés par les guerres internes entre les différents courants et intérêts du Parti Unique. Dès lors, il n’est pas des plus surprenants d’observer de telles difficultés à organiser une course dans ces lieux. Les municipalités en Chine représentent le sommet hiérarchique d’une ville, devant les préfectures et les districts. De plus, le maire est de facto député dans l’équivalent de l’Assemblée nationale populaire chinoise et le secrétaire-adjoint du comité municipal du Parti communiste chinois. Etre maire représente alors un pouvoir bien plus étendu que la conception européenne de la chose, et en conséquent bien plus soumise à tous les travers d’une telle fonction.

Mais la situation reste complexe, puisque l’homme de la ville reste le secrétaire du Comité municipal du Parti communiste chinois. Nulle doute que certains ont reçu des directives particulières de quelques groupes de pressions ou gouvernementaux. Et cela n’intervient pas nécessairement dans le cadre de Qingdao, rappelons-nous de certains soucis rencontrés par le circuit de Shanghaï.

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l'affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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