Accueil / Interviews / GP2 – Nathanaël Berthon risque de ne pas finir la saison

GP2 – Nathanaël Berthon risque de ne pas finir la saison

Nathanaël Berthon 2013 GP2 Series Spa-Francorchamps

Dans une interview qu’il nous a accordé, Nathanaël Berthon a avoué à Spa-Francorchamps que sa saison risque fort d’être écourtée faute de budget. Dommage pour celui qui s’est distingué en course sprint en Hongrie, sur un meeting où l’on attendait peut-être davantage Tom Dillmann après sa pole position.

Opération séduction pour l’Auvergnat qui, malgré une constance qui lui a parfois fait défaut – notamment suite à des piges qui ne permettent pas une adaptation adéquate – s’est distingué dans plusieurs catégories avec la victoire à la clé. Découvrez qui se cache derrière le pilote de GP2 Series…

Enfin, le travail a payé en Hongrie. J’ai cru comprendre que tu avais un nouvel ingénieur, cela signifie qu’on doit s’attendre à te voir mieux placé pour la fin de saison ?

Totalement ! J’ai changé d’ingénieur à Silverstone, où on avait déjà constaté une petite amélioration en qualifications. C’était beaucoup mieux que les séances précédentes, mais par la suite on a manqué de chance en course. En Allemagne, c’était l’inverse : on est allé dans la mauvaise direction en qualifications, mais en course on était ultra-rapides. Le travail a finalement payé en Hongrie. La voiture était excellente en course, même si en qualifications on continuait à tâtonner encore un peu, on était vraiment très bons. Ici, à Spa-Francorchamps, je pense qu’on est plutôt bien partis, on part sur une bonne base.

Le problème, c’est le manque de budget, ça risque de s’arrêter à la course et je risque de manquer les trois dernières courses. L’année dernière, cela n’avait déjà pas été simple – toujours pour une question d’argent. Mis à part cela, l’équipe aurait souhaité me conserver. Pour Trident, j’espère qu’ils pourront me garder lors des trois dernières courses mais ce n’est pas sûr du tout.

Tu en as encore pour six mois d’études qui t’offriront un bagage en cas de problème en sport auto, contrairement à d’autres pilotes qui n’ont pas ce plan B…

Oui, je fais l’ESC à Clermont-Ferrand. Très peu de pilotes, voire aucun, ont un diplôme bac + 5. C’est pas mal, mais ce n’est pas du tout ce que je veux faire. C’était une manière de garder les pieds sur terre et avoir une tête « bien pleine » même si je suis les enseignements à distance et ne suis présent que pour les examens. Ça permet d’apprendre autre chose et de voir qu’il n’y a pas que le sport auto.

Ce qui est vraiment frustrant, c’est de mettre au point une voiture. Il faut rappeler qu’on était complètement à la rue en début de saison. Développer la voiture nous a pris deux-trois courses, puis lui permettre de gagner comme on l’a fait en Hongrie a demandé du temps. C’est frustrant de savoir que l’on peut la céder à un autre pilote par la suite, après avoir effectué tout le travail en amont.

J’aimerais être dans cette voiture et réaliser de bons résultats, montrer ce dont je suis capable. Je l’ai un peu montré en Hongrie, j’aimerais bien confirmer.

Cela ressemble fort à la situation de Tom Dillmann l’an passé, qui avait dû renoncer en Allemagne et avait laissé derrière lui une monoplace devenue compétitive au fil des manches précédentes.

C’est certain, on en a discuté ce week-end d’ailleurs. Il a gagné à Bahreïn l’an passé. Cette année, la voiture, [Stefano] Coletti la pilote. Certes, les pneumatiques ont changé et ils ont dû retravailler sur cette base. En revanche, c’est plus ou moins lui qui l’a développer pour signer de bons résultats. Je comprends très bien la situation qu’il a vécue l’année dernière, c’est la mienne aujourd’hui. C’est aussi frustrant, parce que c’est justement en ce moment que cela fonctionne, j’ai envie de continuer.

Après une période de ventre mou, les français ont la cote et sont plutôt bons partout. Trois en IndyCar, quatre en F1 cette année… Comment se faire sa place dans tout ça ?

Certes, mais chaque histoire est différente. Je construis la mienne, avec cette victoire GP2 en Hongrie notamment. Même s’il s’agissait d’une course sprint, on retiendra cela. Je pense que cela sera un plus pour l’avenir. J’espère avoir du soutien par la suite.

L’intérêt médiatique a dû être accru après cette victoire ?

C’est sûr, les médias me demandent par exemple d’expliquer ce regain de performance soudain. Cela passe par un changement d’ingénieur, la complicité qui naît et une collaboration qui ont permis à la voiture de me correspondre aujourd’hui pour mieux s’exprimer sur la piste.

Quand on regarde ton historique en F1, on trouve des classiques : British F3, Formule Renault, bien sûr GP2, mais aussi Toyota Racing Series en 2012. Qu’est-ce qui t’a motivé de concourir aussi loin, si ce n’est pour engranger de l’expérience ?

L’expérience en British F3 s’est présentée grâce à Frédéric Vasseur, qui voulait m’évaluer pour ensuite envisager le GP2, mais il ne s’agissait que d’une seule course. Ma première saison complète, c’était en 2009 en 2.0. Je suis légèrement moins expérimenté que les autres, mais je suis monté rapidement dans des catégories compétitives. Pour l’instant, j’ai gagné des courses dans la majorité des catégories. C’est aussi pour cela que j’espère que quelqu’un va me repêcher dans cette situation difficile et m’emmener au top.

En ce qui concerne ma participation aux Toyota Racing Series, c’est différent. J’avais à l’époque un manager, Peter Collins, qui m’a induit en erreur. J’ai perdu deux ans de ma carrière à cause de cela, c’était une bêtise de faire cela à ce moment-là. Mais le championnat en lui-même est resté enrichissant, bien qu’il soit plus conçu pour les jeunes pilotes. J’ai découvert d’autres personnes, une voiture certes moins performante : je venais d’ailleurs de réaliser mon test en Formule 1. Par contre, j’ai pu parler anglais.

Ce championnat est très bien pour les jeunes pilotes car on roule beaucoup. Enfin, on en parle peu mais j’ai aussi eu un parcours en karting qui m’a notamment mené vers le titre en championnat d’Europe ICA en 2005.

Nathanaël Berthon connaît aujourd’hui une situation qui a été familière à Tom Dillmann. Les pilotes français n’ont pas vraiment un tapis rouge qui se présente à eux dans leur ascension vers la catégorie reine, c’est un fait. En revanche, il tient à eux de saisir toutes les opportunités de se distinguer.

Avec de nombreux succès, Nathanaël Berthon a fait un pas  en avant, mais il faut encore plus pour continuer de convaincre. Toutefois, sa détermination risque bien de lui assurer encore quelques beaux jours en sport automobile, vers la catégorie reine ou ailleurs !

À propos Juliette Follin

Juliette vous apporte les actualités, interviews et résumés de meetings de course sur un plateau, quelle que soit la discipline. En parallèle, elle supervise l'aspect technique et graphique sur le site et les réseaux sociaux.

2 plusieurs commentaires

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

Motor Racing League plugin by Ian Haycox