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Adrian Quaife-Hobbs 2013 GP2 Series Hungaroring
© Alastair Staley / GP2 Media Service

Interview Adrian Quaife-Hobbs – Objectif « maximum attack »

Adrian Quaife-Hobbs fait partie d’une nouvelle génération de pilotes britanniques talentueux. Il a notamment décroché le titre d’Auto GP la saison passée suite à une domination qui aurait pu avoir plus d’ampleur sans une fin de saison marquée par la malchance et quelques égarements.

Cela dit, le CV du pilote de GP2 Series n’a pas de quoi le faire rougir, même si la saison 2013 du Britannique n’est pas la plus aisée – un destin auquel il s’attendait. Pour mieux comprendre cela, nous avons rencontré Adrian Quaife-Hobbs à Spa-Francorchamps dans le cadre de la manche de GP2 Series.

Intégrer le GP2 était un cheminement logique, mais c’est bien sûr difficile : la manière d’aborder les courses est complètement différente. Chacun sait que la première saison de GP2 est difficile. Il n’est pas possible d’arriver et de s’attendre à dominer de la même manière que l’an passé. Dans l’ensemble, on a eu un début de saison difficile, dans une toute nouvelle équipe. J’ai changé d’équipe, mais elle aussi vient d’arriver. Pourtant, les ingénieurs ont de l’expérience, ils sont là depuis longtemps. J’ai retrouvé un ingénieur que j’ai rencontré lors de mes premiers essais en Auto GP en 2011. L’opportunité s’est simplement présentée, cela faisait sens pour les deux parties de la saisir.

Hilmer a régulièrement changé de pilotes cette saison, mais Adrian Quaife-Hobbs dispose d’un volant jusqu’à fin 2013. Une occasion à saisir pour se montrer compétitif malgré les difficultés que réservent une première saison en GP2 !

Oui, nous n’avions pas le budget pour une saison complète de GP2. C’est notamment pour cela que nous avons bifurqué vers l’Auto GP avant d’arriver ici. Aujourd’hui, ma priorité est de réaliser quatre bons week-ends avec Hilmer : c’est important d’obtenir ces bons résultats car les gens se souviennent de vos dernières courses, ça vous permet d’aborder la saison suivante plus sereinement. Ma devise jusqu’à la fin de l’année, c’est « maximum attack » !

Depuis son arrivée en GP2 Series, Adrian Quaife-Hobbs a réalisé un podium à Monaco en partant de la pole. Un scénario quasiment improbable quand on pense qu’il s’était qualifié dernier ! Le chaos du départ et du premier virage, dans lequel il ne s’est pas embourbé, lui a permis de bénéficier d’un coup de chance… mais il fallait concrétiser malgré un rythme en-deçà de la concurrence.

Notre rythme en qualifications n’était pas suffisant. Bien sûr, on a été extrêmement chanceux, les accidents devant moi m’ont fait remonter au classement. Malgré tout, notre rythme de course était meilleur que celui de qualifications. Cela nous a pris du temps de trouver le rythme adéquat.

A titre de comparaison, la manche du Nürburgring n’a pas autant souri au champion en titre d’Auto GP.

Non, et la situation était particulière. Mon ingénieur était absent, il était réquisitionné en F3. Il n’y avait donc plus que mon ingénieur datas et moi. En qualifications, ça s’est bien passé : à l’époque, c’était la meilleure séance de qualifications de l’équipe et cela reste ma meilleure performance en GP2 dans cet exercice. Au départ de la course, j’ai commis une erreur et d’autres soucis ont émergé. Au final, j’ai calé et je me suis fait rentrer dedans. Le week-end était fini pour moi. C’est pas de chance, mais on est passé à autre chose. En Hongrie, c’étaient quasiment des essais grandeur nature et on essaie d’en tirer le meilleur pour la suite.

Adrian Quaife-Hobbs fait équipe avec Robin Frijns ce week-end à Spa-Francorchamps. L’équipe se dote ainsi de deux champions en titre, avec le tenant du titre en Formule Renault 3.5. Tous les deux ont aujourd’hui besoin, malgré ces performances, de faire leur preuve en GP2 Series. Pour le Britannique, ce championnat est aujourd’hui incontournable et il ne se voit pas intégrer la Formule Renault 3.5, par exemple.

Le GP2 permet de franchir un palier supplémentaire. On peut bien entendu chercher à piloter une voiture rapide, c’était ce que l’Auto GP m’a permis après le GP3. La discipline m’a donc permis une belle progression depuis le GP3. L’Auto GP intègre aussi des arrêts aux stands lors des deux courses, qui offre une bonne préparation pour le GP2. La grande différence, c’est que ce championnat n’apporte pas d’expérience sur le comportement des pneus Pirelli. La seule solution pour ce faire est de courir ici. On peut bien faire en World Series, mais lorsque les pilotes de cette catégorie réalise des essais jeunes pilotes en F1, on remarque que les pilotes provenant de GP2 sont un cran au-dessus. Ils savent gérer ces pneus, et ils sont plutôt étranges pour tout dire. Toute sa carrière durant, un pilote apprend à piloter une monoplace d’une manière, mais en GP2, il faut se réadapter. Le même phénomène se produit en Formule 1. A mon avis, personne ne comprend complètement ces pneumatiques.

Le GP2 Series est cependant plus onéreux. On pourrait penser que conserver la même monoplace, alors que la Formule 1 passe au moteur turbo en 2014, ferait perdre de l’attractivité au championnat, mais il n’en est rien.

Certes, l’an prochain le GP2 conserve la même monoplace mais les pneus vont changer. Je ne connais pas tous les détails à ce sujet mais on pourrait bénéficier de gommes davantage axées sur la monoplace et donc plus performantes, un plus pour les pilotes également.

Adrian Quaife-Hobbs analyse avec plus de latitude que ses adversaires. Dans le prochain volet de cette longue interview, vous comprendrez que son implication chez Pro Performance Racing, du côté de leur simulateur, n’y est pas étrangère. Vous revivrez également les grands moments des saisons passées du Britannique qui ne manque certainement pas de talent. Sera-ce suffisant pour grimper en catégorie reine ? Réponse au prochain épisode !

À propos Juliette Follin

Juliette vous apporte les actualités, interviews et résumés de meetings de course sur un plateau, quelle que soit la discipline. En parallèle, elle supervise l’aspect technique et graphique sur le site et les réseaux sociaux.

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