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Tony Cotman et l’IndyCar 2012

Nous avons chatté avec Tony Cotman, et voici le résumé !

Tout d’abord, remercions GrabBagSports pour nous avoir permis de participer et de partager ce questions/réponses avec Tony Cotman. La discussion est archivée ici mais nous vous proposons un résumé des faits en français.

Tony Cotman, 43 ans, était le vice-président de la compétition de l’Indy Racing League jusqu’en janvier 2010 avant de faire partie du projet ICONIC pour l’IndyCar 2012. Il a également créé son entreprise, NZR Consulting, qui est chargée de dessiner et construire des circuits. En août dernier, il a été nommé Project Manager pour les spécifications 2012 de l’IndyCar Series, d’où sa position privilégiée pour juger de l’avancée jusque là.

Au cours de ce chat, nous avons donc appris que la première nouvelle voiture devrait faire ses premiers tours de roues à la mi-juillet selon leurs prévisions. Un pilote d’essais devrait être nommé mais Cotman n’a pas exclu de solliciter certains pilotes du plateau pour mener à bien les tests. Il est d’ailleurs à noter que Tony Cotman a précisé qu’aucun kit aéro ne fera d’essais sur piste avant la saison. Tout devra passer en soufflerie et CFD. En revanche, les moteurs seront autorisés à faire des essais. Ces décisions paraissent assez logiques. Les équipes pourront également, comme cela a été mentionné, utiliser des parties de plusieurs fournisseurs du kit aéro, par exemple des pontons Dallara et des ailerons Lotus. Cotman a répondu que cela serait possible pour construire le kit initial, mais qu’une fois celui-ci homologué, le mixage ne serait plus possible. De même, les équipes ne seront pas autorisées à changer de fournisseurs moteurs au cours de la saison pour d’évidentes raisons marketing. Enfin, les fournisseurs de kits aéro ne pourront pas diffuser d’images de prototypes avant mai au plus tôt. L’allocation des kits aéro selon les équipes est également toujours en cours de négociations. Cotman estime que celles-ci devraient durer jusqu’en avril.

Concernant les moteurs, Tony Cotman a déclaré qu’il aurait préféré un moteur 2.0L d’une durée de vie de 2000 miles. Cependant, il a dû mettre ses envies de côté pour atteindre les 750 chevaux voulus. Il avouera également que les décisions ont été prises malgré quelques problèmes. Il s’agissait notamment de satisfaire les fans, la sécurité, les constructeurs et l’envie de technologie de la ligue. Néanmoins, il sera possible d’utiliser des moteurs plus petits que les V6 2.2L (12000 tours/minutes maximum) qui ont été déterminés. Cependant, ils ne seront pas soumis à des règles d’équivalence, d’où le manque d’intérêt à en faire d’autres. Les moteurs 2012 utiliseront un ECU (Engine Control Unit) commun, à l’image de la F1, ce qui permettra de conserver un contrôle sur des sujets sensibles tels que l’antipatinage. Honda, Lotus et Chevrolet ont tous, selon Cotman, progressé dans la conception de leurs moteurs, mais il sous-entend que certains ont déjà un peu d’avance. On peut se douter que Lotus est un peu en retard, la conception de moteurs n’étant pas la spécialité maison.

Au sujet des pneus, Cotman s’est déclaré en faveur d’une guerre des pneus, mais celle-ci aurait lieu davantage dans le futur, car le chantier est déjà grand pour 2012. D’ici la future saison 2012, les pilotes et équipes auront accès au simulateur Dallara dans des conditions supposées être équitables entre les acteurs de l’IndyCar.

Du côté des fans, Cotman a déclaré qu’il envisageait de se servir de la technologie mobile qui permettra l’accès à un streaming de télémétrie en temps réel sur les téléphones portables. Il pense également que le projet 2012 contribuera à revigorer l’IndyCar, mais qu’il faudra plus qu’une nouvelle voiture pour obtenir le succès nécessaire.

L’IndyCar travaille également sur une nouvelle IndyLights pour 2013, tout en envisageant d’utiliser de nombreux composants de la voiture d’IndyCar Series. Cela rejoint la volonté de réduction des coûts sur les deux séries majeures de la ligue. Cotman estime par ailleurs à 40% l’économie réalisable pour une saison complète d’IndyCar Series entre les monoplaces actuelles et celles de 2012. Néanmoins, il reste pragmatique et réaliste : les teams dépenseront ces économies !

Pour l’évolution de l’IndyCar après 2012, Cotman a avoué qu’il jetterait un œil aux autres disciplines afin d’apprendre de ces dernières. Pour répondre à certaines inquiétudes concernant le comportement des nouvelles voitures, Tony Cotman a indiqué qu’elles auront un niveau d’appui similaire à celles d’aujourd’hui. En revanche, la trainée/résistance à l’air serait moindre, ce qui impliquerait moins de puissance pour conduire. Il a également fait part, sans surprise, de la difficulté de contenir les coûts en raison de la sécurité requise.

La question des polémiques éventuelles qu’apportent une compétition entre fournisseurs de kits aéro s’est invitée. A ce sujet, il pense que cela est inévitable, mais que tout cela va dans le sens d’une règlementation plus ouverte. Pour lui, cela fait partie des choix à faire entre les opportunités permises aux équipes, et que certaines d’entre elles feront les mauvais choix. Ainsi, ceux qui seront devant auront le meilleur package. Si un package obtient un avantage substantiel, les autres équipes devront rattraper ce retard, dans l’intérêt de la compétition. Toute idée de compensation/restriction en performance est exclue.

En fin de discussion, Cotman s’est davantage confié sur son travail que sur l’IndyCar. Il a admis que gérer plusieurs constructeurs était difficile, car il fallait rester dans la course sous peine de voir les discussions se transformer en champ de mine politique. Néanmoins, cela ne l’empêche pas d’aimer son travail, qu’il voit comme une bonne chose pour l’IndyCar. Il révèle que l’aspect qu’il préfère dans la conception de circuits (qui fait partie de ses autres fonctions), est de concevoir ce qui n’a pas été conçu avant et qui permet les dépassements – ce que son entreprise NZR a réussi avec le tracé de Sao Paulo. Il a d’ailleurs exprimé son optimisme quant au futur du tracé d’Edmonton qui a manqué de peu de perdre sa place.

En attendant la saison 2012, celle de 2011 commencera fin mars dans les rues de St Petersburg. Une dernière saison monotype qui ne manquera pas d’intérêt.

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l’affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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