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Danica Patrick et Kimi Räikkönen sont à un tournant de leur carrière.
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Challenges croisés pour Danica et Kimi

Les débuts difficiles de ce week-end de Kimi Raikkonen en WRC et de Danica Patrick en Nascar nous rappellent combien il reste difficile de nos jours de connaitre une translation victorieuse de discipline, surtout lorsque le switch se passe entre deux disciplines au sommet -peu ou prou- de leurs hiérarchies sportives. Même s’il est trop tôt pour établir quoique ce soit, jetons un regard à chaud sur leurs premières performances.

Les deux passent en assez peu de temps de ce que nos amis anglophones appeleraient single-seater to cars. Et cette différence essentielle impliquant d’autres différences. Alors, certes, la vitesse est là, tout n’est qu’adaptation et patience, le reste viendra. Mais c’est là que je doute plus. La vitesse est là sur de faibles distances, sur des qualifications de Nationwide ou des spéciales assez limitées. Mais dès que le gros des manches se fait, on les retrouve distancés. Certes, il est trop tôt pour juger, surtout que la Rallye de Suède ou la piste de Daytona ne sont pas vraiment des critères assez objectifs. Les une à deux secondes au kilomètre de Kimi sont les plus durs à gagner, et les 5 dixièmes au tour de Danica sont de la même veine.

Mais on peut se poser une question. Dans le passé, on louait la qualité des pilotes à savoir basculer d’une discipline à l’autre. Bon certes, il s’agissait de switches entre deux catégories de single-seaters ou deux catégories de cars, mais les cross-overs étaient beaucoup plus rares. Alors, Danica et Kimi sont-ils des avant-gardistes, des pilotes n’ayant peur d’aucun défi ? Ou sont-ils leurrés par le fait que les disciplines se spécialisent de plus en plus ? On pourra d’ailleurs constater que les disciplines de l’élite deviennent de plus en plus monotype. Et que les manufacturiers de chassis qui n’hésitaient pas dans le temps à se diversifier et se concurrencer dans ces élites se font de moins en moins présentes, préférant les antichambres.

Je suis persuadé que l’on ne peut établir de conclusions avec seulement deux exemples mais les suivants me semblent assez révélateurs. Ogier, bien qu’issu du sérail rallye depuis le début, ne commence à se rapprocher du podium WRC -en plus du podium grec de l’an passé- que lors de sa deuxième saison. Ce qui est assez similaire à Montoya, ce même Montoya qui est parvenu dans les outsiders de tête du Nascar au bout de deux ans. Avait-il d’autres choix de carrières s’il échouait en Nascar ? Je ne pense pas. Danica et Kimi en ont-ils ? La première restera quoiqu’il arrive une star en IndyCar, le second un sérieux rival en monoplace. Danica a tranché, elle partagera sa saison entre sa Dallara d’IndyCar et sa Chevrolet de Nascar. Elle aura donc loisir de se perfectionner et de voir ses options. Mais Kimi aura-t-il la patience d’attendre ce délai correct pour être un prétendant au titre ? Les sirènes de la F1 ne seront-elles pas trop tentantes ? Ce sera là tout son défi, savoir continuer à s’améliorer tout en gérant son programme 2011. Dans tous les cas, il a plus à gagner qu’à perdre en 2011, que ce soit en F1 ou en WRC, dont le règlement technique sera revu en profondeur. Reculer pour mieux sauter, ou se venger du microcosme de la F1 en souriant en Rallye, la réponse arrivera à l’automne. Ou plus tard si affinités avec le taureau chevronné. A suivre.

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l’affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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