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Une Superleague de plus en plus attirante

L'évolution de la Superleague Formula la rend plus attirante

Le fait que Mario Dominguez souhaite un siège en Superleague Formula pour le meeting d’Adria me rappelle un sujet sur lequel j’aurais dû écrire depuis longtemps. Non, il ne s’agit pas de Dominguez, même s’il est passé à côté d’une carrière en F1 puisqu’il avait été longtemps pressenti pour avoir un baquet chez Midland en 2006. Pourtant grassement soutenu, il avait quand même fait les frais du système Kolles (dont nous avons déjà parlé) qui lui préféra Albers et Monteiro.

Je désirerai surtout parler de la Superleague Formula. Cette discipline a su en à peine trois ans trouver sa place et même devenir incontournable. Et pourtant, à ses débuts de l’automne 2008, j’étais franchement plus que circonspect !

Je voyais notamment de nombreux problèmes se dresser face à cette discipline. Tout d’abord celui des finances. L’organisation de la Superleague Formula n’avait aucun sponsor d’envergure à long-terme. Et je doutais que cet organisateur puisse financer une série bien longtemps, puisque même le cheikh Al-Makthoum avait renoncé avec l’A1GP au bout de trois saisons. Au final, Al-Makthoum avait fait mieux que ce prétendu homme d’affaires qu’est Tony Teixeira. Puis l’an passé, en cours de saison, ils ont su trouver en Sonangol un partenaire parfait et solide. Vous savez Sonangol, ce consortium angolo-portugais de pétrole qui soutient chèrement le pilote tout aussi angolo-portugais qu’est Ricardo Teixeira, aucun lien avec Tony, et qui nous avait fait gentiment sourire l’an passé en GP2. Bref, ce problème a su être réglé rapidement, et c’est toute la pérennité financière de la série qui en est ressortie gagnante.

Ensuite, j’avais un doute sur l’existence même qu’un public en tribunes puisse venir assister aux courses. Le seul atout de cette discipline me paraissait assez foireux en lui-même. Attirer les fans de foot dans les tribunes est en soi une idée intéressante, mais j’y voyais quelques problèmes. Bien que les fans de foot et de sports moteurs bénéficient à la base d’une même « culture », ces deux familles ont eu tendance à se séparer au cours du temps, certains prônant même un profond dédain envers le foot ou le sport moteur. On pouvait d’ailleurs le constater au faible taux de remplissage de tribunes lors de la première saison de la SL, ou au manque d’intérêt des footeux lors des présentations dans les stades d’une participation ou engagement en SL. Ce qui était assez dommageable. J’étais très mitigé même si les intérêts de ces deux sports convergent dans le sens d’un rapprochement, mais certaines différences sont assez profondes. Au final, même si beaucoup de footeux se moquent assez de la discipline en la regardant avec condescendance, les amoureux du sport automobile ont eux accroché, de par la beauté des Elan que par la merveilleuse sonorité du V12 qui manquait de plus en plus dans les disciplines existantes. De plus, très souvent, le faible surcoût des places paddocks vaut vraiment l’investissement pécuniaire !

Au delà des intérêts purement commerciaux, j’étais là encore mitigé. Autant le concept de Coupe du Monde moteurs des pays me paraissait viable (encore plus viable si les pays « émergents » développaient les voitures par des structures nationales au lieu de sous-traiter, mais c’est un autre sujet), autant celui de la SL me paraissait encore plus flou. D’une part par cette divergence d’intérêts des personnes censées remplir les tribunes, d’autre part par la formule qui ne me paraît pas encore au point (il devrait y avoir en mon sens une limite de structures gérant au maximum un nombre de monoplaces, sinon la Superleague aurait pris le chemin de la F2 nouvelle génération, ce qui en soi n’est pas mauvais, mais ne correspond pas du tout aux buts de la SL). Ce problème a su être réglé en douceur, puisque dès cette année, l’autonomie financière des structures est assurée par elles-mêmes, via les clubs ou encore les sponsors, propres à leur fonctionnement ou à ceux des pilotes.

Et enfin, j’étais inquiet sur les possibilités de personnes présentes en tribunes : les billets sont assez accessibles aux niveaux tarifs, pour le plus grand plaisir de tous, mais les divergences d’intérêts entre fous des mécaniques et fous du ballons pouvaient éviter la présence de nombreux beaufs du foot (qui avouons-le nuisent à ce sport) et aussi des sports mécaniques ! (bien voire aussi nombreux à notre grand regret). Finalement, rien de tout cela, les amoureux du Sport, au singulier et en majuscule, sont au rendez-vous, et ont contribué eux-aussi à ce formidable succès populaire de la discipline ! Il faut bien se l’avouer, ceux qui reviennent des meetings sont sous le charme, et dans bien des cœurs européens boudés par feue-A1GP, la Superleague a su s’imposer comme un substitut presque naturel -même si tous ne se retrouvent pas dans les clubs présents-, le concept étant très proche dans l’idée, hormis la valeur ajoutée du football.

Reste encore quelques aspects à améliorer. D’une, la promotion faiblarde, réalisée presque exclusivement sur Internet. Ce sera un gros point à améliorer, quitte à s’inspirer de l’A1 et des formules de promotions, et faire des slogans chocs pour faire réaliser au quidam que non, le sport auto n’est pas que la F1. La communication dans son ensemble aussi, excepté encore le web. Et ce n’est pas un jeu vidéo (très bien réalisé à partir de rFactor, une référence !) vendu sur internet uniquement qui aidera plus que cela. Et enfin le niveau des pilotes. Sans faire injure à ceux qui sont là, la SF est tombée dans le même travers que l’A1GP, à savoir un plateau composé d’un mélange d’anciens pilotes ayant peu confirmé dans les grandes séries avec des jeunes talents issus des séries inférieures. Le tout donnant un ennui assez soporifique vu les différences de niveaux dans les premières saisons. Mais le tout s’homogénéise, donnant lieu à de belles bagarres (provoquant le premier gros crash de la série dimanche dernier avec van der Drift à Brands Hatch). Le format de la série reversant totalement l’ordre d’arrivée de la course 1 pour la grille de la course 2 pousse aussi en ce sens. C’est donc du tout bon qui semble se présenter à cette discipline, encore trop sous-estimée, mais qui fait ses preuves, et remplie de pilotes qui s’y sont révélés, comme Craig Dolby, Max Wissel et d’autres. A eux de profiter de la chance qui peut leur être offerte si les organisateurs arrivent à conclure un deal avec un team de F1 concernant un essai pour le champion de la série, ce qui serait une très belle reconnaissance. Inattendue qui plus est.

À propos Guillaume Renard

Guillaume surveille le monde des monoplaces comme personne. Toujours à l'affût des dernières nouvelles et des disciplines en vogue, il définit la ligne éditoriale et apporte un regard avisé mais toujours bienveillant sur les formules de promotions.

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